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Apprentissage du kayak : Règles et précautions à connaître !

Très populaire en France, le kayak réunit tous les ans 50 000 licenciés et des milliers de pratiquants ponctuels passionnés de sensations fortes. Si les statistiques d’assurances le décrivent comme un sport sûr, il convient de noter que certains débutants sont parfois victimes d’accidents graves. Ce fait résulte notamment d’un défaut de niveau technique et physique lié au manque de préparation et d’entraînement.

Ainsi, l’apprentissage du kayak implique la connaissance et la maîtrise de certaines règles et précautions. Si ces dernières sont respectées, la pratique, qu’elle soit touristique ou sportive, pourrait s’avérer un pur plaisir !

Du choix de l’embarcation

Si pour certains le choix du kayak paraît anodin, il convient de noter qu’il revêt une importance capitale. En effet, il existe une grande diversité d’embarcations qu’il faudra choisir selon les besoins d’utilisation du sportif.

Que vous aimiez les sensations fortes ou que vous soyez passionné de douce navigation touristique, une embarcation spécifique sera requise. Vous aurez notamment le choix entre un kayak de slalom, un kayak de descente et un kayak de randonnée.

Les embarcations de descente sont idéales si vous désirez faire des courses rapides à l’issue de votre apprentissage du kayak. Toutefois, leur niveau de stabilité est assez faible, et elles sont particulièrement difficiles à manœuvrer. Pour bénéficier d’une meilleure stabilité, préférez les modèles de randonnée ou de slalom.

Pour faciliter le début de votre apprentissage du kayak, il est conseillé de choisir un kayak gonflable large. De la longueur de l’embarcation et la matière de fabrication dépendra sa maniabilité. Plus il sera fin et mieux il pourra glisser sur le plan d’eau. En eaux vives, il faudra les choisir plus petits, mais plus larges en vue de prioriser la stabilité.  

L’avancement du kayak requiert plusieurs coups de pagaies, impliquant des torsions de poignés et des mouvements répétés du coude. Par prudence, veillez à choisir une pagaie d’une bonne longueur, très légère et disposant de pales peu larges.

De la règlementation maritime sur la pratique du kayak

Puisque l’apprentissage du kayak implique de naviguer sur l’eau, elle est soumise à une règlementation maritime issue de la division 240. Elle permet de déterminer les zones où il est permis de pagayer sans risque selon l’embarcation que vous possédez et régit les rapports entre usagers de l’eau.

La zone de navigation accessible

Si vous possédez un kayak dont la taille est inférieure à 3,50 m, c’est un engin de plage. En conséquence, il ne vous est permis de naviguer que dans les 300 m d’un abri. C’est à la base l’espace où tout navire pourra mettre son équipage à l’abri et repartir sans assistance particulière.

Les kayaks rigides ou gonflables de plus de 3,50 m de long sont quant à eux « homologués mer », avec un minimum de 2 chambres à air séparées. Avec une telle embarcation, il est permis de naviguer jusqu’à 2 milles nautiques, soit dans un rayon de 3 km d’un abri. Outre un gilet de sauvetage conforme aux normes européennes, une pagaie de secours et un bout d’amarrage, il faudra :

  • un dispositif d’étanchéité pour les trous d’homme ;
  • une pompe d’assèchement ;
  • un moyen lumineux pour servir de repérage ;
  • et un taquet pour aider au remorquage.

Une fois la zone de navigation connue, le pagayeur devra se soumettre à certaines règles.

Les règles de navigation

Que vous soyez en mer ou en rivière, pagayer dans les zones de baignade est strictement interdit à moins de disposer d’un kayak de plage. Même dans ce cas, il faudra surtout éviter de ramer au milieu des baigneurs, au risque d’en assommer un.

Vous ne devrez absolument pas rencontrer les chenaux d’entrée et de sortie de port. En quittant la rive, ceux-ci sont matérialisés par des bouées coniques vertes et des bouées cylindriques rouges respectivement à gauche et à droite.

Lorsque vous naviguez à proximité des grands navires, prenez garde à ne pas croiser leur route. En effet, ceux-ci ont une capacité de manœuvre très restreinte et pourraient simplement vous écraser. Il est aussi indispensable d’identifier les zones protégées présentes sur votre itinéraire de parcours. Vous pourrez ainsi éviter de subir les rigueurs de la loi.

Par mesure de précautions, il est expressément déconseillé de naviguer seul. Faites-vous accompagner d’un professionnel ou préférez l’option d’un binôme. Idéalement, prévenez toujours un membre de votre voisinage de votre départ sur l’eau. Au besoin, ce dernier pourra sonner l’alarme lorsque vous tarderez à revenir.

Le port d’un smartphone et d’une radio VHF est obligatoire. Ils devront être placés à portée de mains et de préférence dans une poche étanche du gilet de sauvetage. Ils permettront de rester à l’écoute des variations météorologiques, de prévenir d’autres kayakistes d’un danger imminent ou de communiquer en cas de problèmes pour demander de l’aide.

Pour appeler au secours, contactez la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) au 196.

Les rapports de priorité sur l’eau

La connaissance des règles de priorité en milieu maritime est essentielle pour garantir une navigation sécurisée pour les différentes embarcations.

Lorsque vous ramez en mer, la priorité est accordée aux navires ayant une capacité de manœuvre plus restreinte. Vous devrez donc laisser passer les voiliers et tout autre navire qui ne pourraient manœuvrer aussi facilement que vous.

Même en rivière, les embarcations de plus de 15 m détiennent la priorité, car moins manœuvrables que votre kayak. il s’agit entre autres des péniches, des voiliers, de bateaux de croisière, etc. Toutefois, la priorité de navigation vous revient lorsque vous rencontrez une embarcation de moins de 15 m. Entre kayakistes, la règle du passage à droite doit être appliquée.

Des fondamentaux liés au pagayeur

La pratique du kayak place un individu dans des conditions externes très variables d’une rivière ou de la mer. En conséquence, certaines règles fondamentales sont directement rattachées à sa personne.

Savoir nager

Il est impératif pour le pagayeur de savoir très bien nager avant de commencer son apprentissage du kayak. Il y va de sa sécurité personnelle et du sauvetage de son bateau. En effet, le kayakiste doit pouvoir se sortir sans risque de l’eau en cas de dessalage et remonter dans son embarcation.

Dans les cas extrêmes, la maîtrise de certaines techniques spécifiques de nage lui permettra de tirer son embarcation et sa pagaie sur une longue distance. Si vous envisagez de faire du kayak de descente ou du slalom dans les courants d’eau tumultueux, il faudra maîtriser la nage de descente.

S’équiper efficacement

Un équipement bien adapté est requis pour naviguer de façon sécurisée sur les vagues d’eaux. Il s’agit notamment d’un gilet d’aide à la flottabilité obligatoire qui devra être porté en toutes circonstances. Il doit être conforme aux normes en vigueur. En rivière sportive, il est exigé d’y adjoindre le port d’un casque pour parer aux chocs imprévisibles avec les rochers submergés en temps de crue.

Face au changement subit de la météo et aux éclaboussures d’eau, des vêtements de protection contre le froid sont particulièrement exigés. Idéalement, il est indispensable de porter un collant en laine ou des vêtements isothermes en période d’extrêmes fraîcheurs.

Adapter le choix du parcours à ses capacités techniques

Selon les aptitudes et la technique appréhendée en apprentissage, le pagayeur ne doit choisir que les parcours dont la difficulté est acceptable pour son niveau. Pour preuves, la descente d’une rivière rapide du Morvan ou des Alpes, bien qu’elle donne des frissons, nécessite un niveau de technique élevé. Pour dévaler les 35 km des gorges de l’Ardèche à près de 6 km/h, l’endurance et la résistance sont requises.

Lorsque le niveau d’expertise requis pour un circuit dépasse les compétences du pagayeur, celui-ci pourrait s’exposer à des accidents graves après avoir subi plusieurs dessalages. Passer d’agréables moments en navigation requiert donc le choix d’un parcours adapté. Alors, assurez-vous d’avoir une certaine maîtrise des techniques avant de vous mettre à l’eau.

Au nombre des techniques spécifiques à connaître figure l’esquimautage. Celle-ci constitue une meilleure alternative contre la fatigue des dessalages successifs. Vous pourrez alors retourner rapidement votre embarcation sans devoir le sortir de l’eau, le vider avant d’embarquer à nouveau.

Garantir le bien-être et la sécurité physique du pagayeur

Par des temps ensoleillés, le kayakiste devra prévoir une crème solaire ou des manches longues pour se protéger efficacement des rayons ultra-violets. Le froid peut s’avérer un ennemi fatal, surtout en hiver. Pour vous préserver de l’hypothermie dont les dangers sont présentés ici, prévoyez des vêtements de rechange chauds.

Il est primordial que le pratiquant soit attentif aux moindres signes de fatigue afin de s’arrêter pour une récupération. Un défaut d’apport nutritif riche ou une pratique à jeun prolongée peut provoquer une hypoglycémie qui pourrait s’avérer fatale en plein trajet.

Pour l’éviter, prendre un repas riche en glucides est idéal 3 heures avant le départ. Il faudra aussi garder de quoi grignoter pour des parcours de plus de 2 heures. En effet, à mesure qu’augmente l’effort fourni, une prise alimentaire est requise pour compenser les pertes.

Pour garantir une bonne santé pendant l’apprentissage du kayak, il est recommandé de faire un échauffement et de pratiquer des étirements avant et après navigation. Ici, l’objectif est de parvenir à préparer vos muscles à l’intensité des mouvements de long terme et de leur permettre de récupérer efficacement.

De la prise en compte de la météo

La météo est un élément essentiel à considérer lors de votre apprentissage du kayak. En effet, la moindre variation peut entraîner de graves conséquences pendant la traversée. Un ciel bleu ou ensoleillé et une mer apparemment calme peuvent très vite se transformer en condition de navigation difficile.

Ainsi, il faudra vérifier bien plus que le temps nuageux ou beau qu’il fait lors de votre départ sur les eaux. Idéalement, renseignez-vous sur la vitesse et la direction du vent prévu ainsi que sur l’état de la mer. Par prudence, il faudra s’enquérir de la force des courants et de la hauteur des houles.

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