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Strob infos
La lettre d'information de l'association Strobinet |
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| EDITORIAL |
Le mois dernier, vous avez eut le plaisir de découvrir le premier numéro de "Strob'infos", le mensuel d’information de l’association Strobinet.
Nous avons eu peu de retour par rapport à ce numéro un.
Qu’en avez vous pensé ?
Quelles sont vos rubriques préférées ?
Avez-vous des sujets que vous aimeriez aborder dans Strob'infos ?
Donnez-nous votre avis et envoyez vos contributions, soit par mail à :
soit par courrier à :
Eric DOLL
Association Strobinet
5, rue port Sainte-Marie
57245 CHESNY
Dans ce second numéro, nous avons voulu garder les mêmes rubriques animées par nos adhérents journalistes en herbe.
Ainsi, Alain Bénédictus, notre "Strobitheker", dévoilera pour nous un nouveau conte breton: "Le revenant du presbytère".
Claude, évoquera au travers de la chanson et la culture bretonne, les affres des
conscrits et du service
militaire d'autrefois, de quoi redonner le moral à Romuald (alias Romu),
adhérent de Strobinet qui vient de partir sous les drapeaux ! Claude, nous fera aussi
découvrir Jean Kergrist, le "clown atomique" un breton étonnant,
à la fois homme de théatre et poète, clown et écolo. Un
sacré personnage !
Christiane a choisi d’évoquer à nouveau les Bretons de Suisse au travers
d’un poème de Marcel
Décosterd, intitulé "Breton ou Suisse ". Il y a du M. Lebesque
là-dessous ?
Quant à moi, à l’occasion de la Fête de la Musique, je me propose de vous faire découvrir les musiciens qui adhérent ou soutiennent Strobinet. Je vous invite non seulement à visiter leur sites web, écouter leur musique, mais aussi vous déplacer pour les voir jouer en fest-noz ou en concert.
Que résonnent toutes les sonorités de la musique bretonne et folk en ce mois magique !
A bientôt.
| VIE DE L’ASSOCIATION |
L'une des richesses
de Strobinet est de compter parmi ses adhérents pas mal de groupes musicaux.
Découvrons les tout de suite…
Tu Pe Du est un groupe de chants à danser du pays Gallo.
En se servant uniquement de leur organe vocal, ce groupe de copains reprend, avec verve
et dans une ambiance fort sympathique, des mélodies très dansantes et
parfois peu connues car elle sont en gallo (et pas en breton).
Pour en savoir plus et entendre des extraits de Tu Pe Du : http://trad.org/tav et http://trad.org/Groupes/tupedu
Où et quand entendre Tu Pe Du en fest-noz ?
Un groupe de rock celtique très créatif qui navigue entre les reprises
d'airs trad' et les créations.
D'une musicalité excellente, ils viennent de sortir leur troisième album
"Tempêtes et Châtiments".
A découvrir d'urgence…
Pour tout savoir sur leur discographie et leur actualité : http://pro.isotope.fr/avert/
Les dates de concerts :
Elixir, nom aux consonances moyen âgeuses, magiques et bienfaitrices, regroupe
6 musiciens (dont la plupart font partie des fondateurs de Galadriel). Autour des guitares,
des percussions, du psaltérion, des flûtes, du synthé et des voix,
ils combinent ces influences pour créer des arrangements nouveaux sur des musiques
pour la plupart traditionnelles.
Elixir se sert également des instruments acoustiques pour créer ses propres
compositions.
Toutes les infos à jour sur le site : http://www.multimania.com/elixirfolk
Siège:
Association ELIXIR
45, place de l'Eglise
54380 BEZAUMONT
Tél : 03.83.23.60.64 (Emmanuel Pénétrat)
03.83.31.92.19 (Sandrine)
Fax: 03.83.23.69.01
Les dates de Bal Folk :
Kroazhent est un groupe de Rock Celtique, créé en 1995, et qui a atteint une dimension raisonnablement bonne "techniquement parlant", depuis mi-98 (arrivée d'un sonorisateur et d'un ingénieur du son).
Cinq personnes le composent ...
Le groupe joue du traditionnel retravaillé pour une basse et une batterie, mais essaie de rester le plus proche possible des originaux en y insufflant un rythme dansable par des publics même non initiés.
Kroazhent ne "surfe" pas sur la vague celte, c'est-à-dire qu'il ne joue pas pour
"faire des sous", mais pour le plaisir de monter sur scène !
(peut être en première partie de tri yann un jour ? :) ...).
Il remporte un franc succès dans les festoù-noz et en concert (Divan du monde, Flèche d'or, Gibus), mais est décrié par les "puristes";-( C'est dommage, car notre démarche est sincère ...
Voila en gros ...
PAT, webmaster du site Kroazhent.
Le site : http://www.multimania.com/kroazhent/
Faisons le point sur l'actualité de Tri Yann :
Le départ de Christophe Le Helley (flûtes, veuze, cromornes, etc…) avait
laissé une place vacante et Bruno Sabathé (ancien musicien de Tri Yann)
assurait l'intérim en attendant que le groupe trouve un remplaçant
définitif.
En janvier 1999, ce n'est pas un seul mais deux nouveaux musiciens qui ont
intégré Tri Yann et les 3 Jeans sont maintenant 8 !
Au synthé et voix, on trouve maintenant Fred Bourgeois, clavier accompli qui a
déjà à son actif un CD : "Avril à Jersey" (style
jazz funk latino).
Aux cornemuses diverses, voix, percussions, saxo midi, on retrouve Konan Mevel,
musicien du groupe "Kad" (rock celtique)
La sortie de deux compilations : un coffret de 3 CDs, "Trilogie" déjà sorti et une compil live "L'Essentiel" qui est sortie en juin.
D'autres projets pour notre groupe favori, à suivre sur le site Tri Yann http://www.bretagnenet.com/tri-yann
LISTE DES CONCERTS de Tri Yann
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1 au 5 Juin Olympia (Paris) 10/6 Vichy (03) 11/6 Nevers (58) 12/6 Chartres (28) 13/6 Vendôme (41), après-midi. 20/6 Fresnes (94) 21/6 Noisy Le Grand (93) 25/6 Languidic (56) 26/6 Savigné l'Evêque (72) |
10/7 Paris: Hippodrome de Longchamps "Solidarité Sida" (après-midi). 11/7 Strasbourg (67) 13/7 Saint-Rémy (70) 16/7 Châtellerault (86) 17/7 Parigné (35) 21/7 en cours Quimper (29) 23/7 Saint-Avold (57) 24/7 SPA (Belgique) Francofolies 26/7 Nîmes (30) 27/7 Montélimar (26) 28/7 Sète (34) 30/7 Le Guilvinec (29) |
6/8 Loker (Belgique) Folkfestival Dranouter 7/8 Marle (02) 10/8 Confolens (16) 12/8 Lorient (56) Festival interceltique 13/8 Plougonvelin (29) fort de Bertheaume 14/8 Guingamp (22) 15/8 Concarneau (29) 21/8 Anzeres (Suisse) | 1/10 Dunkerque (59) 2/10 Maubeuge (59) 8/10 Rouillac (16) 14/10 Grenoble (38) 15/10 Montpellier (34) 16/10 Marseille (13) 23/10 Mulhouse (68) 28/10 Albert (80) 29/10 Creil (60) 30/10 Champs sur Marne (77) |
| BRETONS DU MONDE |

SUISSE OU BRETON ?
HELVET PE BRETON ?
poème de Marcel Décosterd
Suis-je Suisse ou Breton ?
Quelle question !
Planté là, à Paris.
Entre mer et montagne.
Dans ma famille, il est dit :
"Appelle un Rochat.
L'écho de la Dent de Vaulion
Te répondra : 'lequel ?"
De l'autre côté, la mer me dit :
"Viens, car je t'aime !"
La première fois, ce fût dans l'île de Groix.
Alors, suis-je Breton ou Suisse ?
Je ne sais plus.
Lorient-Brest-St Malo
Ou Vallorbe-Lausanne-Martigny ?
Ma première nuit dans cette île,
J'entendis des cloches de vaches.
Au matin, je compris que c'étaient les élingues des bateaux.
Ce jour-là, le montagnard est devenu marin.
Et je regarde les mêmes étoiles, guidé par un goéland.
Mais, au fait, quel est mon hymne ?
"Salut, O monts indépendants"
Ou "O Breiz, ma bro ! Me 'gar ma bro !"
Ma terre, mes forêts :
Brocéliande ou les gorges de l'Orbe ?
Mes vraies racines, ma langue :
Romande ou Bretonne ?
Mes amis me disent :
"Marcel, tu n'es qu'un vieux Celte".
D'autres me répondent :
"Tu es plus breton que nous".
Quel est le vieil albatros fou qui me guide vers l'ouest,
Des Alpes vers les Monts d'Arrée ?
Vallée de Joux ou Val sans retour ?
Un poète de Groix me donne la réponse :
"Je suis où bien me trouve.
Et, voyez-vous, Amis, je suis bien chez vous."
Alors, comme le chante Gilles Servat,
"Je dors en Bretagne ce soir"
Mon vieux sang breton a parlé.
A galon.
| CONTES ET HISTOIRES DE BRETAGNE | ||
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proposés par Alain Benedictus Contes bretons sur douze métiers Le recteur dans les contes LE REVENANT DU PRESBYTERE par François Cadic Veillées Bretonnes Librairie Celtique Paris VI ème |
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L e presbytère de St Jean Brévelay s’élève à la sortie du bourg quand on va du côté de Josselin. Un vieux nid couronné de verdure et si calme qu’on y croit entendre pousser l’herbe alentour. Derrière des prairies grasses où, entre les saules formés en berceau, jaillissent des fontaines abondantes et fraîches; devant et sur les côtés, des jardins potagers ou les arbres fruitiers marient leurs branches.
Par dessus les talus, les chênes et les hêtres, les noyers et les châtaigniers se pressent comme pour le protéger et, de leurs frondaisons touffues, qui s’inclinent sous le souffle du vent, marquent en cadence la mesure des vingt quatre heures. Il n’est d’endroit plus agréable pour écouter chanter la chanson du printemps. Au moment du renouveau, on jurerait que tous les oiseaux du pays s’y réunissent pour y donner leurs concerts. Le merle lance la réplique au mauvis, le rossignol à l’alouette, le pinson au roitelet. Il y a de l’harmonie plein les branches, du bonheur partout, et l’austère presbytère lui-même semble heureux de prendre sa part de la joie de la nature. Cependant, la vue de la vieille demeure n’est pas séduisante. On dirait un invalide qui réchauffe ses membres au soleil. Trois corps de bâtiments disposés en perpendiculaire, sous un toit écrasant, des fenêtres aux carreaux menus de prison, enduites d’une couche d’ocre qui s’effrite sous la morsure du temps, des murs épais de forteresse, et pour entrée, une baie ogivale, dont le seuil s’est usé sous le pas des générations.
En effet, il ne date pas d’hier, le vétéran de pierre. Il a tellement vu d’hommes et de choses, depuis l’époque ou un recteur de l’antique famille, aujourd’hui éteinte, des Cadoudal, en Plumelec, en posa la première pierre assise et en accorda donation à la paroisse, vers la moitié du XVI ème siècle.
Il était destiné à être la maison de paix et devait servir de résidence aux prêtres de la paroisse, d’après la volonté du fondateur.
Messire Marthurin Daniel était le quatrième recteur qui l’occupait, depuis que, au lendemain de l’orage révolutionnaire, il avait été permis à ses légitimes propriétaires d’en rouvrir les portes. Un bon pasteur, s’il en fut, généreux envers les pauvres, estimé et aimé de ses paroissiens, plein de doctrine et par surcroît homme du pays, ce qui ajoutait à sa popularité. Il y avait trente ans qu’il gouvernait St Jean Brévelay, lorsqu’il fut atteint d’une maladie qui, au bout de quelques mois, eut raison de sa robuste constitution. Le 8 mars 1852, Messire Marthurin Daniel, entouré d’un nombreux concours de confrères et de paroissiens, allait dormir son dernier sommeil, au pied de la croix de mission, parmi ceux de son troupeau qui avaient déjà répondu à l’appel de Dieu.
Chacun avait pris le deuil et le vieux presbytère, derrière ses murailles épaisses, semblait pleurer la mémoire du maître disparu. On priait avec ferveur pour le repos de son âme. Assurément, le Souverain Juge ne pouvait prolonger au purgatoire le séjour de son serviteur.
Sait-on jamais ce qui se passe au delà ?
La huitaine qui suivait les funérailles n’était pas encore terminée. Il faisait un temps sombre de fin d’hiver. Le vent soufflait en bourrasque, en chassant à la voûte du ciel, d’épaisses nuées chargées de pluie. La nuit était venue, et tout le monde, le labeur quotidien achevé, avait regagné son lit. Le vicaire, monsieur l’abbé Le Ray, le seul qui fût en résidence au presbytère, avait suivi l’exemple. C’était un jeune et digne prêtre qui s’était formé aux obligations du saint ministère sous la direction éclairée de monsieur l’abbé Daniel, pour lequel il éprouvait le plus vif attachement et dont la mort l’avait profondément affecté.
En la vieille chambre qu’il occupait sur le bord de la grande route, il conservait avec un soin pieux, tels des reliques, les souvenirs qu’il en avait reçus, entre autres un coffre-fort de chêne où il serrait son argent et ses objets de valeur.
Ce soir-là, une oppression lui pesait sur le coeur et il sentait les larmes tomber de ses yeux.
Il avait fini cependant par s’endormir, mais d’un sommeil lourd, fatigant, plein d’hallucinations et de courte durée. Quand un événement grave doit se passer, on dirait qu’un instinct mystérieux en avertit notre âme.
Son horloge n’avait pas encore sonné onze heures qu’il se réveillait en sursaut. Quelqu’un marchait dans le couloir. Il prêta l’oreille. Etait-ce un cauchemar ? Etait-ce réalité ? Il n’y avait pas à s’y tromper. Il reconnaissait ce pas-là. Il l’avait entendu cent fois, mille fois, le pas lent, mesuré de son recteur.
Il n’eut d’ailleurs guère le temps d’y aller regarder. La porte de sa chambre s’ouvrit brusquement, une vive lumière éclaira l’appartement, et il vit entrer un prêtre, au visage profondément triste, et ce prêtre, il n’y avait pas à s’y méprendre, était messire Mathurin Daniel.
Sans un regard à droite ou à gauche, l’apparition s’assit à la table et se mit à écrire. Que voulait-elle ? Le jeune abbé Le Ray n’eut pas le courage de lui demander.
D’un bond, il se jeta hors de son lit et, s’élançant dans le couloir, il descendit quatre à quatre l’escalier et s’en fut, fou d’épouvante, demander asile au domestique, qui logeait dans une pièce au-dessous de lui.
Le lendemain, au lever du jour, il lui semblait qu’il avait rêvé. Il remonta chez lui. Plus de doute. Ce n’était pas un cauchemar.
Sur sa table, très en vue, il y avait une lettre ouverte, et cette lettre était de l’écriture de M. Daniel, signée de lui. Elle disait : " Dans le coffre-fort qui est là, il existe un double fond que vous n’avez pas remarqué. Dans ce double fond sont déposés, avec un peu d’argent pour les pauvres, cinq cents francs pour messes que j’ai oublié d’inscrire régulièrement au registre et qui n’ont pas été dites. Pour l’amour de Dieu, veuillez acquitter aussitôt ma dette. Il y va de mon bonheur éternel. " C’était là un de ces documents devant lesquels aucune hésitation n’est permise. Une volonté de l’au-delà se manifestait; l’apparition était bien réelle. Messire Mathurin Daniel avait parlé.
En un instant, la paroisse fut au courant de événement. Chacun voulut voir la lettre, chacun fut convaincu, et les prières redoublèrent aux intentions du défunt.
Quelques jours se passèrent, pendant lesquels la dette des pauvres fut soldée et les messes célébrées par M. Le Ray et ses confrères avec un réel empressement. Ils avaient conscience que le salut d’une âme dépendait d’eux. Quand ce fut fini, il y eut chez tout le monde un sentiment de curiosité inquiète. Qu’allait-il arriver ? L’apparition se manifesterait-elle une seconde fois ? L’abbé Le Ray ne le souhaitait pas outre mesure. Son sommeil n’était plus qu’un cauchemar, et son caractère d’ordinaire joyeux et disposé à la facétie s’était singulièrement assombri. Au vieux presbytère de Saint-Jean, chacun s’attendait encore à quelque chose.
La semaine où avait eu lieu la vision s’achevait. La nuit était avancée et le vicaire, après avoir longtemps souffert de ses obsessions habituelles, avait fini par céder au sommeil, lorsqu’un bruit de pas, celui qu’il avait déjà entendu, résonna dans le corridor et le réveilla soudain. Au même moment, la porte de sa chambre était poussée, la pièce s’illuminait, plus brillante que si l’on y avait allumé mille lampes et, au milieu, près de sa table, il apercevait debout, le visage rayonnant d’une joie surnaturelle, son vieux recteur.
Glacé d’effroi, l’esprit égaré, il n’eut pas la force de s’enfuir. Le revenant d’ailleurs ne lui en laissa pas le loisir. Il s’était retourné vers lui, comme pour dire : Reste là ! et d’un geste, montrant le ciel, il avait entonné à voix haute ainsi qu’un chant de triomphe, le verset du psaume : Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi. In domum Domini ibimus! (" Je me suis réjoui à cause des paroles qui m’ont été dites : nous irons dans la maison du Seigneur "); puis, à la façon d’un éclair, il avait disparu dans les ténèbres de la nuit.
Plus de soixante-dix années se sont écoulées depuis, et M. l’abbé Le Ray est allé rejoindre son pasteur dans un monde meilleur. Qu’est devenue la lettre mystérieuse ? On ne le sait. Longtemps conservée, elle a fini par disparaître. Les braves gens n’en ont pas oublié pour cela les deux nuits tragiques. Pendant toute sa vie qui fut longue, l’ancien vicaire de Saint-Jean en colporta le souvenir.
Il n’y avait pas de plus gai compagnon que Sah Krampoèh (c’était son propos), un homme qui se plût d’avantage aux agréables réparties et aux saillies spirituelles; mais quand la conversation tombait sur l'événement, sa figure changeait, il prenait un air grave et songeur et il racontait ce qui lui était arrivé avec l’accent convaincu de quelqu’un qui a vu.
Paix à sa mémoire et à messire Mathurin Daniel, aujourd’hui dans le paradis du bon Dieu, louange et gloire !
Voyageur, lorsque vous cheminerez sur la route de Saint-Jean à Josselin, arrêtez-vous un instant à la sortie du bourg, devant une oasis fraîche, ombragée d’arbres touffus et pleine de chants d’oiseaux; regardez vers le presbytère aux murailles épaisses et sombres, vieillies sous les intempéries, vous verrez au-dessus de la route une fenêtre qui donne le jour à une chambre basse : c’est là.
C’est là qu’une âme sortie du purgatoire a dicté sa dernière volonté; c’est là qu’en l’an de grâce 1852, messire Mathurin Daniel, parti pour l’autre monde a chanté pour la dernière fois sur cette terre le cantique des élus du paradis : Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi. In domum domini ibimus!
| LE MESSAGE DU MOIS |
Bonsoir,
Je parle rarement ici car les lecteurs de CD ne parlent pas d'habitude mais mes
propriétaires sont allés dormir ou..., enfin ils sont couchés.
Quand il est rentré, mon propriétaire m'a fait bouffer un nouveau CD que je ne connaissais pas. Il l'avait reçu par un camarade tout jaune qui passe le matin. La voiture de la poste, je crois qu'on l'appelle.
Bon, le CD, c'est des petits nouveaux qui étaient jamais venus ici, "L'Ange Vert"
ça s'appelle. Parait que le patron il en a entendu parler dans son nouveau gadget
qu'il quitte plus depuis deux ans, son ordinateur.
La musique, moi en principe, je n'ai pas d'avis et puis si vous saviez ce qu'ils me font
ingurgiter des fois, ici !
Mais quand même, ces petits nouveaux, c'est quand qu'ils me les remettent ?
Ils me manquent déjà.
Le lecteur de CD de JJP
PS : Je me mêle de ce qui me regarde pas mais mon grand-oncle le tourne-disque
(il est au grenier maintenant, tonton, hi ! hi !), le folklore occitan, il m'en
avait beaucoup parlé quand les patrons y-z'étaient dans leur époque
larzac/babacool parce qu'ils avaient un copain qui s'appelait Claude Marti qui s'y
connaissait vachement. Tiens, il chantait des fois le noncle, ca faisait comme ça :
"Gents del pais d'Occitania
Vos van cantar una cançon
Sera un conte d'un cop era
Una funebra orason
Jos lo solelh i avia un poble
Ni mai ni mens grane que nosaus
Amb una sola diferencia :
Era mestre de seu ostal.
Vaqui qu'un jorn de tramontana
Arribet lo poble corbas
Diguet :"Demorarem pas gaire,
Venem sol per vos ajudar."
Demoreron pai de set segles
Chaperon tot, vinhas e blats ;
Bosques e camps, omes e femnas,
Ges del pais mai ajudat.
Ome d'oc, escota mon fraire ;
Si dins ton ort i a un corbas,
Rapela-te d'aquela istoria
Pren un fusilh, lo manques pas !"
| GENS DE BRETAGNE |
La fin du mois d'avril a vu certains Internautes de la liste de diffusion du site Tri-Yann s'affronter dans des joutes oratoires toutes amicales. Fallait-il être pour ou contre l'énergie nucléaire ? Les écologistes ou environnementalistes se sont opposés aux partisans d'une électricité bon marché et dite moins polluante.
L'occasion n'est que trop belle pour vous faire découvrir un artiste et poète breton qui a milité et milite toujours pour la protection de notre environnement et contre ce qu'il juge être bêtise de certains systèmes : Jean Kergrist, encore appelé le Clown atomique.

Jean Hamon est né en 1940 à Kergrist-Moëlou (22), à côté de Rostrenen.
Ses activités théâtrales l'entraînent à Lyon : de 1967 à 1975, il est animateur au centre dramatique nationale de Lyon. Il y prend le pseudonyme de Jean Kergrist.
En 1975, il va donner un coup de main aux premiers opposants au surgénérateur de Creys-Malville.
Le Ministre de l'Industrie de l'époque, maire d'une ville balnéaire de Basse Normandie sert alors de tête de Turc.
Déguisé en clown, traînant une vieille carriole dans laquelle il entasse des objets aussi hétéroclites qu'une vieille cuvette, des tapettes à souris, un tuyau à gaz, un pulvérisateur, qui lui servent à illustrer ses railleries, il tourne en dérision les propos du Ministre, déclenchant le rire des spectateurs. De là naît un véritable spectacle et le nom de Clown atomique. Les objets qui lui servent à ses représentations, forment ce qu'il appelle son TNP : Théâtre National Portatif, en dérision envers le théâtre subventionné qui s'élève sur les collines de Chaillot.
En 1978, il regagne son Centre Bretagne natal qu'il aime tant et s'installe à Glomel, patrie de Glenmor.
Le projet d'implantation d'une centrale nucléaire près de la pointe du Raz au printemps 1980 fait monter le Clown atomique en puissance. Le 14 mars 1980 il participe aux manifestions à Plogoff : il réouvre son TNP et joue devant et pour les CRS : des rouleaux de papier peint lui servent de registres d'enquête d'utilité publique et à rédiger des diplômes qu'il glisse sous les bras des CRS : "Tout garde mobile qui conserve son diplôme sera exempté de pavés dans la figure". La scène est même filmée dans Des pierres contre les fusils.
L'action anti-nucléaire de Jean Kergrist ne se limite pas à la Bretagne : il a visité tous les sites concernés par un projet en France et en Europe. Sa petite carriole donne un air de fête aux manifestations.
Jean Kergrist n'a pas que le nucléaire dans son collimateur. Les nouvelles pratiques agricoles industrielles l'amènent à créer un nouveau spectacle : le Clown paysan. Les cocasseries redoublent. On l'y voit être enfermé par deux infirmiers psychiatriques dans une caisse à cochon, nouvelle forme de camisole. Et le clown de s'étonner "Tiens ! Ils ont embauché au Cré.Agr… ! Bizarres les nouveaux guichets !".
Tour à tour Clown d'Orgueil (dénonçant le show-biz), Clown docteur-chef (Le Docteur Chef a trois places sur le parking de l'hôpital : l'une pour sa Mercédes et une de chaque côté pour éviter qu'un connard ne vienne érafler sa carrosserie), Clown informatique (Y a t-il une pensée là derrière, derrière cet ordinateur tout-puissant), Clown perd la boule (en faveur d'Amnesty International), les créations théâtrales de Jean Kergrist se succèdent et tournent en dérision les travers de notre civilisation.
Mais Jean Kergrist est aussi un cinéaste et surtout un poète. Il réalise un film, Le Missionnaire. Il écrit de nombreux recueils de poésies, contes et pièces (certaines pour la radio, et en particulier son Grand bal à Saint-Lubin (hameau de Kergrist-Moëlou) dans lequel on apprend les potins du village, on participe à la vie quotidienne des habitants et aux querelles électorales.
Un poète, un humoriste, une espèce de chansonnier ... à la mode de Bretagne…
Bibliographie :
Ar Men, n° 31, novembre 1990
Grand bal à Saint-Lubin, chez l'auteur, 22110 Glomel
Bal bras e Sant-Lubin, Planedenn n° 34, Skol Vreizh
| CHANSONS A DANSER |
Partir
à l'armée donne toujours le cœur gros, surtout alors que les plus jeunes ne
connaîtront plus cet épisode qui fait de tout garçon un "homme".
Mais peut-on se consoler en se rappelant ce qui se passait autrefois en matière de service militaire ?
En 1690, le principe d'un tirage au sort est institué : quelques célibataires sont ainsi désignés dans chaque paroisse et enrôlés dans une milice.
En 1798, les troupes de l'armée régulière sont formées par une généralisation de la méthode, toujours basée sur le tirage au sort (loi Gouvion - Saint-Cyr de 1818). Les recrues qui tirent le mauvais numéro doivent partir pour 7 ans. Cependant, si leur bourse le permet, elles peuvent se payer un remplaçant. Cette possibilité injuste est supprimée en 1872.
A partir de 1889, le tirage au sort ne sert plus qu'à désigner l'arme dans laquelle les appelés vont servir. Il disparaît en 1905.
En Bretagne où le sentiment identitaire a très souvent primé sur le sentiment nationaliste français, cette conscription forcée et injuste était très mal acceptée. Du reste, le Traité d'Union signé en 1532, établi peu après la mort de la Duchesse Anne et qui rattachait le Duché de Bretagne au royaume de France, prévoyait le droit de ne pas effectuer de service militaire en dehors de la Bretagne.
Ainsi, la levée en masse des armées, décrétée par la Convention en 1793 et plus connue sous le nom de Levée des 300 000 hommes, fut très mal accueillie et déclencha une insurrection paysanne.
Est-ce pour compenser cette mauvaise acceptation ou parce que tout est prétexte à la musique et à la danse, qu'au milieu de notre siècle encore, le jour J du Conseil de Révision et du départ (généralement entre janvier et mars), faisait l'objet de fêtes pouvant durer plusieurs jours et à laquelle participaient tous les jeunes conscrits.
Le thème de la conscription est l'objet de plusieurs chansons à danser interprétées en Kan-ha-diskan.
Les "Conscrits de Saint-Nicolas" et ceux de "Sainte-Tréphine" sont l'occasion d'une danse Plinn. Il faut dire que ces deux communes sont en plein cœur du pays Plinn, du pays Fañch, en centre Bretagne.
Les "Conscrits de Saint-Nicolas" racontent le tirage au sort des nouvelles recrues.
Les "Conscrits de Sainte-Tréphine" racontent le départ d'un jeune soldat et son retour au pays. Malheureusement, lorsqu'il revient, sa fiancée n'est plus de ce monde.
Texte en français d'une des nombreuses variantes de ces chansons.
Courage Romu !!
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Les conscrits de Saint-Nicolas (Koñskried Sant-Nicolas) |
Les conscrits de Sainte-Tréphine (Koñskried Sint-Trifin) |
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Le vingt-cinquième jour du mois de janvier, J'avais le cœur gros quand je me levais de mon lit, En pensant à la journée que je devais passer. Je partis de la maison, je n'étais pas bien tard, La première ville où nous entrâmes fut Saint-Nicolas : Quand nous fûmes arrivés à Saint-Nicolas, nous fûmes reçus Par les hommes en redingote, aux chapeaux retroussés. Quand l'ordre fut donné, le drapeau hissé, Quand fut venu mon tour de tirer le billet, Mon camarade tira le onze, moi je tirai le douze : Mais pour avoir tiré le billet, on ne sait encore rien, Tant que les jeunes gens n'ont pas passé la revue : Quand la revue fut passée, nous étions soldats tous les deux, Le reste de l'été, on les voyait se promener, Les trois couleurs étaient avec eux jusqu'au régiment, |
Dimanche à Sainte-Tréphine mon cœur se brisa Entendant l'ordonnance lue par le curé. Entendant le maire sur une pierre disant : Les pères et les mères pleurent leurs enfants Et les jeunes conscrits, les uns aux autres se disent : Voilà, camarade, il va nous falloir partir Pour aller dans des pays lointains conquérir les montagnes Quand nous étions à Jérusalem, après avoir
passé l'Espagne Mais à force de prier Dieu et les saints bénis, Ils ont enterré ma bien-aimée Si j'avais le bonheur de connaître sa tombe Je ne l'aurais quittée ni de jour ni de nuit Je serais resté près d'elle à verser mes larmes |
Quelques illustrations sonores :
| AGENDA |
L'été arrivant, les festivités se déplacent : de nombreux festivals, concerts, festoù-noz, spectacles vont avoir lieu un peu partout en France et principalement en Bretagne. Impossible donc d'en donner la liste alors que la plupart font l'objet d'une description sur Internet.
Strob’infos vous en propose quelques uns pour le mois de juillet, avec un rappel réactualisé (un peu tardif ...) pour juin.
JUIN 1999
| 15/06 | Denez Prigent à Paris (75), La Cigale |
| 18/06 | Fest-noz à Pommeuse (77), avec Tu Pe Du et Tamm Kreiz
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| 19/06 | Elixir à Pompey (54), l'Avant Garde
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| 21/06 | Fête de la musique un peu partout en France, dont Mission Bretonne (Ti Ar Vretoned) à Paris (75), de 17h à 22h EV à Douai (59) |
| 25/06 | L'Ange Vert à Delémont (Suisse) |
JUILLET 1999
| 5/06 au 10/07 | Tombées de la Nuit à Rennes (35)
, avec de nombreux artistes, dont Alain Genty, Yann-Fañch Kemener site Internet |
| 13 au 18/07 | Festival des vieilles charrues de Carhaix (29),
avec de très nombreux artistes, dont Annie Ebrel, Karma,
Erik Marchand, Hastañ, Matmatah, Denez Prigent,
Soïg Sibéril, Skeduz, Gilles Servat site Internet |
| 17/07 | Festival à Doré l'Eglise (63), avec
L'Ange Vert
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| 21 au 27/07 |
Festival de Cornouaille à Quimper (29)
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| 29/07 au 01/08 | Fêtes Maritimes de Ploumanac'h (22),
avec de très nombreux artistes, dont Gwenfol, Hastañ,
Loened Fall, Orion, Skirien, Soldat Louis,
site Internet |
| 29/07 au 01/08 | Fête du Chant de Marin à Paimpol (22),
avec de très nombreux groupes de chant de marins, mais aussi le groupe
Gwerz, reformé pour l'occasion
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| 30/07 | Festival Digousk au Croisty (56),
avec L'Ange Vert
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| 31/07 | Fest-noz à Bosméléac (22),
avec Tu Pe Du
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| ADHESION |
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Strob'infos, bulletin d'information de l'Association
Strobinet.
Ont contribué à ce numéro :
Christiane Beley, Alain et Martine Benedictus, Claude Devriès,
Eric Doll, Jean-Jacques Pik.
© Association Strobinet, juin 1999