Seznec est innocent !

Justice


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L'action de la famille Seznec

Du début de l'Affaire jusqu'à sa mort, Guillaume Seznec clame son innocence.

Sa famille le soutient et lutte pour sa réhabilitation. On retrouve bien là le caractère opiniâtre des Bretons. Tour à tour, ils se relaient pour défendre la cause :



L'action des médias

La presse défend Seznec La Presse

Au début de l'Affaire Seznec, la presse est prudente et partagée.
La presse nationale relate les faits avec neutralité, sans accabler Guillaume Seznec, ni prendre sa défense.
La presse provinciale est quant à elle moins réservée. Certains titres reconnaissent en lui le coupable idéal; d'autres, au contraire, prennent sa défense.

Au fil des ans, avec la découverte des nouveaux éléments les tendances s'inversent. Ils sont de plus en plus nombreux, puis unanimes, à prendre fait et cause pour Guillaume Seznec et à critiquer l'attitude de la police et de la justice.

On assiste parfois à des campagnes de presse très importantes. Elle sont relayées par de nombreuses conférences.

Le beau-frère de Guillaume Seznec est journaliste. Il contribue lui-aussi à la cause.

La famille de Guillaume Seznec trouve en certains journalistes ou écrivains un soutien appréciable. Ils les soutiennent, moralement et par l'action. Ils mènent l'enquête, sur le trafic de Cadillacs, par exemple (Claude Bal), dont ils font la preuve, retrouvant même les traces de Cherdy. Plusieurs publient des livres (Maurice Privat).


Le cinéma, la radio et la télévision, le théâtre apportent leur concours à la cause :



La Ligue des Droits de l'Homme joue également un rôle important, et particulièrement la section de Pont-Aven (Madame Bosser). Elle est aux côtés de tous les partisans de la cause.
En 1934, à son initiative, six des douze jurés du procès d'assises se réunissent, entendent le juge Hervé. Ils sont troublés par les révélations qui leur sont faites. Ils signent une lettre adressée au Ministre de la Justice, demandant la révision du jugement.


La chanson

Parmi les nombreux défenseurs de Guillaume Seznec, figure François Stéphan, jeune poète de Saint-Pol-de-Léon. Il est surnommé Eostik Kreisker (Rossignol du Kreisker - le Kreisker est un clocher célèbre en plein centre de Saint-Pol-de-Léon).

En 1932, il a 28 ans, et compose une chanson en breton intitulé Justiz evit Seznec - Justice pour Seznec. Elle est publiée sur feuille volante.

Il la dédit à la mémoire de Madame Seznec et de sa fille, et en hommage au combat mené par un journaliste-écrivain et par le Juge Hervé.

Figurent ici la version originale en breton, ainsi qu'une adaptation en français, chantée par la fille du poète dans l'album des Tri Yann.


Justice pour Seznec !

Depuis bientôt deux ans, avec indépendance,
Avec toute la bonne foi des gens honnêtes et bons,
Un journaliste sérieux, plein d'espoir, de vaillance
Mène pour la Justice un combat dur et long.

L'enjeu de cette bataille est d'arracher au bagne,
Une homme qui y languit, un martyr innocent,
Et de faire réviser, au moyen d'une campagne,
Une erreur judiciaire comme il y en a tant.

Elle n'est pas infaillible, la Justice qui nous mène.
Parfois même elle démontre son incapacité.
Voyez les attentats d'Ingrandes et de Rennes,
Elle a fouillé partout et elle n'a rien trouvé.

Dans notre Finistère on fit une contre-enquête
En faveur du facteur-receveur Herriquet.
Il était innocent ! et la preuve en fut faite,
Il revînt, mais sans être réhabilité !

De même Bissonnier, sur de faux témoignages,
Fût envoyé au bagne où il se consumait,
Il revînt un beau jour, mais en y laissant en gage
Ses yeux qui pleurèrent tant : aveugle pour jamais.

Aussi devant ces faits, l'écrivain héroïque,
Qui mène, pour Seznec, campagne depuis deux ans
Malgré les vilenies et les verdicts iniques,
Ne perd pas confiance et prie en attendant.

De son côté aussi, la Ligue des Droits de l'Homme
Prend fait et cause enfin pour Seznec innocent.
On peut ne pas aimer cette Ligue, mais en somme
On peut bien cette fois l'applaudir sincèrement.

Car lorsque la Justice, elle-même est en cause,
Qu'importe la couleur de l'homme qui la défend,
Que cet homme soit bleu, rouge, blanc, noir ou jaune
La Justice avant tout, la Justice simplement !

C'est pour cela qu'un jour que nous espérons proche,
La Justice rendra Seznec à ses enfants,
Et il pourra ainsi, sans crainte de reproches,
Embrasser sa vieille mère de quatre vingt deux ans.

Le soleil de Justice éclairera la pierre
De la tombe de celle qui fit tout son devoir,
De sa compagne aimée, qui, à l'heure dernière,
A ses petits-enfants légua tout son espoir !

Il brillera aussi, ce soleil de Justice,
Sur la tombe de l'aînée des petits orphelins,
De l'humble religieuse qui fit le sacrifice
de sa vie pour son père qu'elle chérissait bien.
Justiz evit Seznec !

Breman ez euz eiz vloaz e Lez-Varn-Veur Kemper
E oe barnet Seznec tamallet'giz muntrer
D'ar galiou da viken ez eo bet koundaonet
Met du-hont e Kayen eo laouen e spered.

Laouen eo o sonjal e teuio dizale
War hentehou Breiz-Izel, adarre, da vale
An holl a oar breman Seznec a zo divlamm
Hag goulenn a reer holl terri eul lezen-gamm.

Seznec ha Quemeneur, a ioa daou vignoun braz
Met eun deiz Quemeneur, allas ! na zistroaz
War Seznec, evit gwir, e savaz an tabud
Hag muntrer hep digoll, oe kountet gant an dud.

Doue hor banno holl, ha Seznec er prizoun
A lavare bepred oa dinec'h galoan
Lavaret a rea, e goustianz seder
"Va zamal ! a rit hol !" "M'hen ton ! n'oun ket muntrer !"

Testou o doa gwelet Quemeneur, dre ar vro
Warlec'h ma oe kountet, gant ar Justiz, maro
Ar re ioa bel galvet, n'oant ket bet Kredet
Re-all doa her gwelet, n'oant ket bet galvet.

Goulskoude e Traou-Nez, e parrez Plourivo
E maner Quemeneur, en eun nosvez garo
E oe trouz ha tennou, redadeg ha safar
Quemeneur, marteze, a goueaz. Piou a oar ?

Testou ? martoloded hag a oa diskennet
Hed ar ster gant o bag, bag o devoa gwelet
Eun den o tec'hed trumm, hag war e lerc'h daou-all
Eun tenn sec'h da genta ha goudeze eun-all.

Pa oe Seznec e beac'h merdeïdi Plourivo
A ieaz da gounta o gwel, holl war eun dro
D'an archer, d'ar Barner, ha distro en o zi
O c'houstianz e peoc'h e vefchont dizourzi.

Siouaz ! o zesteni a gostez oe lezet
Hag e Traou-Nez morse enklask na oe savet
Seznec oe, el Lez-Varn barnet e berr-amzer
Hep dale d'ar "Guyane" oe kaset ar Merzer.

Epad ma oa du-hont, en itern ar c'hissa
E c'hreg paour, euz santez, a glask na petra-ta
Az digem efler saveteï he Enor
War an douar heptan ? Red eo mervel kentoc'h !

Met ni holl, Bretoned mignoned d'ar Justiz
C'hell goulen diganti ma sello mad ha piz
Ouz an testeniou oe kinniged d'ezi
Eur seurt tra ne c'helfe nemet he enori.

Eur barner kalonek hag eur skrivager braz
A red dre Vreiz-Izel hag zoken pelloc'h c'hoaz
Evit diskouez d'an holl en o bodadegou
Penoaz c'hell ar Justiz n'em drompla awechou.

D'eomp gant fizianz d'ho heul, hag goulennomp d'hon tro
Ma vo ar Justiz eun, ha karet en hor Bro
'Vit Seznec, e diegez, hag ar Justiz gwirion
Savomp-oll hor mouez ! War zao, tud a galon !!!



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Notes

journaliste
Eugène Delahaye, Directeur du journal La province. Il est un ardent défenseur de la cause et va même jusqu'à sacrifier son journal : De nombreux articles sur l'Affaire sont publiés dans ses colonnes, en particulier ceux du Juge Hervé. Cela lui vaut d'être attaqué pour diffamation, comme le Juge, par la famille de Pierre Quemeneur.
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n'est pas infaillible
François Stéphan fait allusion à plusieurs affaires judiciaires de l'époque.
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Ligue des Droits de l'Homme
Madame Bosser, responsable de la section de Pont-Aven de la Ligue des Droits de l'Homme, joue un rôle très important. Elle est avec tous les partisans de la cause : la famille de Guillaume Seznec, le Juge Hervé, les journalistes.
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vieille mère
La mère de Guillaume Seznec, Marie-Anne. Elle a 82 ans à la mort de sa belle-fille lorsqu'elle reprend la lutte pour la libération de son fils.
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tombe
Marie-Jeanne, l'épouse tant aimée, meurt en 1931. Elle est enterrée à Plomodiern, en Bretagne.
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l'aînée des petits orphelins
Marie est l'aînée des enfants de Guillaume et Marie-jeanne. Elle entre au Carmel avec l'espoir d'être proche de son père en allant soigner les lépreux au bagne. Elle décède en 1930 à l'âge de 21 ans.
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Page réalisée par Claude DEVRIES et mise à jour le 12 mars 1998