Guillaume Seznec arrive au Havre à bord
du paquebot Le Colombie le 1er juillet 1947.
Toute sa famille l'attend ainsi qu'une foule importante. La
presse est bien sûr présente. Elle a du reste fait la une
du retour du bagnard le plus populaire de France.
Guillaume Seznec débarque secrètement pour éviter
presse et foule.
Les retrouvailles avec ses enfants et petits-enfants sont émouvantes.
Arrivé en Bretagne, son premier geste est
d'aller se recueillir sur la tombe de sa femme Marie-Jeanne.
Par la suite, il vit avec sa fille Jeanne et ses petits-enfants.
Il ne cesse de clamer son innocence
dans les conférences qu'il donne.
Le soir du 14 novembre 1953, en plein Paris, Guillaume Seznec est renversé
par une camionnette. Accident ou assassinat ?
Un témoin dit qu'on l'a poussé sous les roues.
Guillaume Seznec décède des suites
de cet accident le 13 février 1954, à l'âge de 76 ans
dont un tiers passé en prison ou au bagne.
Grande nouvelle en Bretagne :
Seznec est arrivé tantôt,
De plus de vingt ans de bagne,
Il nous revient en héros.
Grande nouvelle en Bretagne,
De Nantes jusqu'à Landerneau.
D'avoir fleuri Marie-Jeanne
En terre depuis seize ans,
D'embrasser sa fille Jeanne
Qui s'est battue tant et tant,
De serrer d'embrasser Jeanne
Qui pour lui s'est battue tant.
Grande foule hier au Havre,
Mardi premier de juillet :
Le Colombie, blanche étrave,
Mille et plus le guettaient,
Blanc Colombie, blanche étrave,
Mille et plus l'acclamaient.
Vingt trois années d'absence
N'ont point tué son entêtement,
A redire son innocence,
Malgré ses cheveux blancs,
A crier son innocence
A soixante-dix ans.
C'est devoir pour la Justice
Toujours de mériter son nom;
Après Guillaume, son petit-fils
Lui en réclame raison.
A Guillaume rendons justice,
Il n'est que trop de raisons.
Qu'elle veuille belle se faire,
Une ceinture lui offrirons,
Pour faire le tour de la terre
Et trois tours de sa maison,
Faire trois tours de la terre
Et trois tours de l'horizon,
Une ceinture de cire
Fragile comme jugements,
Punir l'innocence est pire
Qu'acquitter les brigands;
Punir l'innocence est pire,
Pire des jugements.
La liberté |
La chanson
Suite | Sommaire
arrivé tantôt
Le paquebot sur lequel revient Guillaume Seznec accoste au Havre
le 1er juillet 1947, vers 17 heures.
retour
vingt ans de bagne
Guillaume Seznec est resté en Guyane de fin avril 1927
jusqu'en juin 1947, soit vingt ans.
retour
Marie-Jeanne
L'épouse décédée de Guillaume Seznec.
Le premier geste de celui-ci à son retour en Bretagne est d'aller
se recueillir sur sa tombe.
retour
seize ans
Marie-jeanne meurt le 14 mai 1931 à Paris.
retour
Jeanne
La dernière fille de Guillaume Seznec. Après la
mort de sa mère, elle reprend la suite dans la lutte pour la vérité.
retour
Le Colombie
Le paquebot qui ramène Guillaume Seznec en France en
1947.
retour
Vingt trois années
d'absence
En janvier 1925, quelques mois après son procès,
Guillaume Seznec est incarcéré au pénitencier de Saint-Martin-de-Ré.
En avril 1927, il quitte la métropole pour le bagne où il
reste jusqu'en juin 1947. Au total, plus de 23 ans auxquels il faut ajouter
la prison durant l'enquête et le procès (un an et demi).
retour
son innocence
Depuis le début de l'Affaire (juin 1923), jusqu'à
sa mort, Guillaume Seznec affirme haut et fort son innocence : il n'a pas
tué son ami Pierre Quemeneur.
retour
son petit-fils
Le petit-fils de Guillaume Seznec, Denis Le Her-Seznec, qui
est aussi son filleul, reprend la suite de sa mère (Jeanne, la fille
de Guillaume Seznec) dans la lutte pour la vérité et la réhabilitation
de son grand-père.
retour
trop de raisons
La famille, les amis de Guillaume Seznec et tous ceux qui soutiennent
sa cause ont amassé une impressionnante quantité de faits
et témoignages qui plaident en faveur de l'erreur judiciaire. Une
synthèse est présentée dans ces pages; l'ouvrage
de Denis Le Her-Seznec en dit beaucoup plus.
retour
ceinture de cire
Le thème de la ceinture de cire qui entoure trois fois
une personne, une maison, voire même la terre, est souvent rencontré
dans les chants ou récits traditionnels bretons. On le trouve par
exemple dans le Barzaz-Breiz : La peste d'Elliant,
Lez-Breiz,...
Il faut y voir une supplication pleine de dévotion et de magie pour
obtenir que les divinités exhaussent les prières.
retour
Page réalisée par Claude DEVRIES et mise à jour le
12 mars 1998