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L'ABER-WRAC'H - PLOUGUERNEAU
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PrésentationLes Tri Yann le disent dans l'une
de leurs chansons :
Le plus de pitié que l'on connut sur ma Terre
C'est la vie du goémonier,
Dans la fumée jaune et salée,
A déhaler sur la grève,
Brûlé par l'été,
A racler sur les rochers.
C'est la "leçon sur les vrais travailleurs
de ce pays, journaliers, ardoisiers, carriers, goémoniers, ouvriers,
paysans qui sont plus à plaindre que tous les autres".
Des fonds rocheux, une eau généreusement brassée et
de faibles variations de température : le littoral du Léon,
depuis l'île de Batz, jusqu'au
Conquet, y compris l'archipel de Molène,
réunit toutes les qualités nécessaires au développement
de champs d'algues abondantes.
Les homme de ce pays ont longtemps exploité cette richesse. Marins
pour chercher de plus en plus loin la précieuse algue, ils étaient
aussi paysans par leurs racines et par la ferme qu'ils possédaient.
On distingue plusieurs formes de
goémon.
Le goémon-épave est celui que la mer dépose
sur les grèves, le plus souvent après les tempêtes
et coups de vent.
Le goémon de rive est celui
que l'homme peut aller récolter sur les rochers que la marée
découvre et que l'on peut atteindre à pied sec.
Enfin, le goémon de mer pousse
sous le niveau des plus basses mers. On est obligé d'aller le chercher
en bateau.
Ramené sur des charettes tirées par des chevaux et maintenant
par des tracteurs, ce goémon a plusieurs
usages.
Il sert toujours d'engrai efficace
et naturel pour les jardins et les champs, dans cette zone si légumière.
Aprés avoir séché sur les vastes grèves et
dunes, il était autrefois brûlé dans des fours à
ciel ouvert.
On peut encore en découvrir en suivant les sentiers des douaniers.
Il s'agit de fosses peu profondes, de 5 à 7 m de longueur pour 60
à 80 cm de large. Tapissées de dalles en granit, les hommes
y mettaient les algues à brûler lentement afin de former des
pains de soude dont l'iode était
ensuite extraite. Une fumée jaune et salée s'en échappait.
Aujourd'hui, près de 40 sociétés
transforment les 50 000 tonnes d'algues récoltées par quelques
60 bateaux goémoniers entre Roscoff et Ouessant.
De nombreuses industries sont concernées. Ne vous
inquiétez pas des E401 à 407
qui figurent sur vos mets préférés : ce sont des dérivés
des algues.
On sert même des algues en légumes dans des restaurants de
plus en plus nombreux et on en trouve aussi dans des magasins.
La France est aujourd'hui le 4ème producteur mondial
d'algues.
Plouguerneau, non loin de l' Aber-Wrac'h,
est la capitale des goémoniers. C'est là qu'est installé
le Musée des Goémoniers.
C'est de Plouguerneau qu'est originaire l'auteur de la célèbre
"Complainte des goémoniers", interprétée
classiquement en Breton. Cette Gwerz contemporaine raconte la vie difficile
des goémoniers du pays Pagan (pays païen).
C'est aussi un chant de marins et il est interprété par de
nombreux auteurs bretonnants.
Il figure aussi au répertoire de Denez
Prigent, léonard déjà rencontré à
une étape précédente.
| Gwerz ar vezhinerien Na pa 'moa klevet ar c'heleir E ranke mond kuit va mestrez Da vezhinañ d'an enezeier Trielen ha Molenez Na pa 'moa klevet ar c'heloù E ranke mond kuit mintin mad Kerkent ha ma save ar gouloù E save ad dour en va daoulagad Kar ar vuhez en enezennoù 'Zo ur vuhez trist ha kalet Bemdez, bemnoz e-kreiz ar poanioù Ar vezhinerien 'zo tud daonet En o bagoù, abred diouzh ar mintin E lakeont ar c'herreg en noazh Faoutet o daouarn gabd ar c'hilhotinn Ha torret o c'hein gand ar gravazh Ar beleg kozh er gador a lavar Ez eus un Doue war ar mor Hag un Doue all c'hoazh war an douar Evid ar re a chom er goudor An hini en-deus savet ar ganouenn En-deus bet klevet alies Kerent, mignoned hag amezeien O kontañ buhez an enezenn E dad kozh en-deus bet graet ar vicher Da drouc'hañ an tali moan A-hed e vuhez war ar reier Etre Plouguerne ha Kerlouan. |
Complainte des goémoniers Quand j'ai entendu la nouvelle Que ma maîtresse devait partir Faire le goémon sur les îles Trielen et Molène. Quand j'ai entendu la nouvelle Qu'elle devait partir de bon matin Dès le lever du jour Des larmes me montaient aux yeux. Car la vie sur les îles Est triste et dure Toutes les nuits, tous les jours dans la peine Les goémoniers sont des gens damnés. Dans leur bateau, tôt le matin Ils mettent les roches à nu Leurs mains fendues par le kilhotin Et leurs dos cassés par la civière. En chaire, le vieux prêtre dit Qu'il y a un Dieu sur la mer Et un autre sur la terre Pour ceux qui sont restés à l'abri. Celui qui a fait la chanson A souvent entendu Des parents, amis et voisins Raconter la vie des îles. Son grand-père a fait le métier A couper le goémon fin Toute sa vie sur les rochers Entre Plouguerneau et Kerlouan. |
Denez Abernot, marin de Trolouc'h en Saint-Michel, près de Plouguerneau
et de l'Aber Wrac'h.
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Page réalisée par Claude
DEVRIES et mise à jour le 28 avril 1998.