SAINT-MALO
(SANT-MALO)




Etape précédente La chanson | Sommaire Etape suivante



Saint-Malo

Présentation

Lorsqu'on se promène dans les rues de la Cité Malouine, l’image que donne la ville est celle d’une cité très ancienne qui aurait traversé les siècles. On n’imagine pas que derrière son enceinte et ses façades historiques se cache une cité nouvelle.

De 1942 à 1944, l’organisation Todt édifie et arme tout un système défensif autour de l’estuaire de la Rance. Une citadelle est enfouie dans la cité d’Aleth, tout comme toujours elle défendit l’aber. Elle est reliée par des galeries aux dizaines de bunkers dont les armes pointent vers le large.

Depuis juillet 1944, par vagues successives, l’aviation alliée bombarde la ville, avec comme objectif principal les installations ferroviaires.
Le 4 août 1944, les premiers mitraillages américains commencent sur la forteresse.
Le dimanche 6 août, la marine allemande mouillée dans la rance abat la flèche de la cathédrale : Elle forme un repère trop visible pour l’aviation alliée.

Ordre d'évacuation Commence alors le siège de Saint-Malo, la « Grande Brûlerie » qui dure une quinzaine de jours, avant la libération de la ville.
Moins d’une centaine de soldats allemands sont dans la Cité Malouine, mais il y a près de 1 500 civils, des français. Ils n’ont pas suivi les ordres d’évacuation donnés par le commandant de la forteresse de Saint-Malo. L’artillerie américaine déclenche ses tirs d’obus incendiaires.
Sous cette pluie de fer et de feu, l’ « Intra Muros » s’embrase.

Après la reddition définitive du mur malouin, début septembre, la ville close n’est plus que ruine.
Les quais et les bassins sont jonchés de ferraille et de bateaux couchés. Certes, au centre ville, la cathédrale se dresse encore, sans son clocher abattu. Mais de graves dégâts s’y dissimulent. Tout autour, seuls quelques rares bâtiments témoignent des siècles passés. Les installations de voirie et les réseaux sont inutilisables. La chute des murs y est pour davantage que les bombardements.

Dès octobre 1944, l’Etat Français désigne un architecte pour élaborer un projet de reconstruction. Plusieurs vont se succéder. Malgré la destruction de la Mairie, des archives, quelques plans du cadastre de la ville sont retrouvés. On va même jusqu’au Québec, où résident de nombreux descendants de Malouins, pour retrouver des documents et collecter des fonds.

La Cité Malouine, construite en quinze siècle, détruite en quinze jours, sera rebâtie en quinze années.

Cette renaissance de Saint-Malo va utiliser 75% des dommages de guerre du département, mobiliser des dizaines d’architectes, 250 entreprises et plus de 2 000 ouvriers du bâtiment. En 1962, la reconstruction est achevée.

Cité de corsaires, Saint-Malo a toujours été tournée vers la mer. C’est de là que partirent de nombreux explorateurs. On y armait au siècle dernier pour la grande pêche : celle de la morue au large de Terre-Neuve.

Cette étape à Saint-Malo ne pouvait être illustrée par une autre chanson que celle qui évoque le capitaine du même lieu. Il s’agit d’un chant de marins, d’un chant à hisser. Comme pour Jean-François de Nantes, la démesure érotique du texte, ici poussée à l’extrême, aidait les hommes à se dépasser durant l’effort nécessaire pour envoyer la toile au vent.

Que les chastes oreilles nous pardonnent !


La chanson

Le capitaine de Saint-Malo

Le capitaine de Saint-Malo
Ali alo
Qui fait la pêche au cachalot
Ali ali, ali alo
Ali alo

Il donne la goutte à ses matelots
A grands coups de barres de guindeau !

Il mange la viande nous laisse les os
Il boit du vin et nous de l’eau !

Et son second qui est un salaud
Il fume les cigares et nous laisse les mégots !

Il a trois filles qui font la peau
A Nantes au Havre et à Frisco !

Dans leu con grand comme un seillau
Le foutre coule à plein tonneau !

Du foutre rouge des Angelo
Du foutre vert des Portugo !

Du foutre froid du foutre chaud
Des Norvégiens, des Italo !

Celui-là qu’elles en jouissent plutôt
C’est celui du Français faraud !

Le foutre blanc le foutre chaud
Des baleiniers de Saint-Malo !

Pique leur ton vît fier matelot
Comme ton harpon au cachalot !

Discographie


Illustration


Etape précédente Présentation | La chanson | Sommaire Etape suivante


Page réalisée par Claude DEVRIES et mise à jour le 28 avril 1998.