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RENNES
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A 0h29, le samedi 5 février
1994, les pompiers rennais sont alertés : Il y a le feu au Parlement
!
Quelques minutes plus tard, ils sont sur les lieux mais il est déjà
trop tard.
Une immense lueur s'élève au dessus de la ville.
La superbe charpente part en fumée et s'écroule peu à
peu.
A l'aube, l'incendie est maîtrisé, mais les dégâts
sont considérables.
Par milliers, les bretons viennent voir pour le croire.
L'émotion est immense.
La Bretagne est en deuil.
Après cette émotion, naît un formidable mouvement de solidarité pour sauver et restaurer ce joyau du baroque français, abîmé par le feu et l'eau. On s'est alors rendu compte que cette institution de l'ancien régime, symbole de l'union à la France, cristallisait un très fort sentiment d'appartenance à la Bretagne.
Ce bâtiment abritait autrefois le Parlement de Bretagne, qui était l'un des 13 parlements provinciaux de l'ancien régime.
La cour du Parlement de Bretagne apparaît vers 1382, sous le Duc Jean IV (qui débarqua à Dinard en 1379 et à l'origine du chant An Alarc'h). Elle forme la cour suprême des quelques 2 300 juridictions Bretonnes. Avant, les seuls recours possibles ne pouvaient avoir lieu qu'auprès du Parlement de Paris.
Vingt ans après le rattachement de la Bretagne à la France, en 1554, le roi de France Henri II entérine la création d'un Parlement en Bretagne, calqué sur celui de Paris. Il est fixé définitivement à Rennes.
Le Parlement joue aussi un rôle législatif et politique. 100 à 120 Conseillers ou Présidents y siègent régulièrement.
La construction du Palais du Parlement de Bretagne dure
de 1618 à 1654. Elle est financée par une taxe
d'octroi.
Les aménagements intérieurs sont longs et soigneux. Ils durent
une vingtaine d'années.
Les plus grands artistes sont appelés pour réaliser les peintures
et fresques sur les murs et plafonds.
Aux siècles suivants, de superbes tapisseries sont réalisées
à la Manufacture des Gobelins
pour en décorer les murs. Plusieurs thèmes de l'histoire
de Bretagne y sont traités : Anéantissement
de la flotte Vénète par Jules César, Gradlon et Saint-Gwénolé,
sacre de Nominoé, etc ...
Au terme d'un chantier qui a duré plus d'un demi-siècle, et qui s'est poursuivi bien après, le Palais du Parlement de Bretagne est devenu l'un des plus beaux monuments de France. On n'a rien épargné. Il parait même que le Roi de France lui-même n'est pas mieux logé, à Versailles ou à Fontainebleau, que les parlementaires bretons en leur palais rennais.
En 1720, le Palais du Parlement de Bretagne échappe au grand incendie qui ravage la ville de Rennes. C'est alors le seul édifice en pierre de la ville. Tous les autres sont en bois.
La Révolution de 1789 signifie l'arrêt du Parlement de Bretagne. Mais de nouvelles activités vont trouver place dans le Palais : Jusqu'à l'incendie de 1994, plusieurs cours de la Justice Française y siégeaient.
Au lendemain de l'incendie, les
Bretons se mobilisent. Une association « Bretagne - Histoire, pour
la renaissance du Palais du Parlement de Bretagne » collecte des
fonds au bénéfice de la restauration.
Plusieurs éditeurs de Bretagne se regroupent pour publier des ouvrages
dont la vente va à l'association.
L'état français, la région, la ville de rennes apportent
leur quote-part.
Cette année 1998, les différentes cours de la Justice Française retrouveront leur place au sein d'un Palais du Parlement de Bretagne rénové.
Dans son album intitulé Brian Boru, Alan Stivell a évoqué le terrible incendie du Palais du parlement de Bretagne.
| Parlamant Lament E-kerzh bloavezh mil nav c’hant pevarzeg ha pe’rugent A leizh ‘oa tud dizarc’hant ‘barzh hor c’herbenn. E kreiz Roazhon ‘n oa bet c’hoant pesketourien Penn ar Bed, Da ziskouez ‘oa direzon al lezenn estren. |
Pour le Parlement de Bretagne Durant l'année mil neuf cent quatre vingt quatorze, De nombreuses personnes ruinées vinrent dans notre capitale. Au centre de Rennes, étaient venus par besoin des pêcheurs du Finistère, Qui allaient perdre la raison face à la loi étrangère. |
| Dalc’het ‘oa leun a gounar pell awalc’h d’ar gannaded c’hall, Laosket oa gante met ur mod da gaozeal. ‘Tal an ti bras e kreizker, kreskin ‘rae c’hoazh o niver. Droug ha galon gant divrec’h prest da vrezel. |
Totalement fidèle à l'ancienne fureur envers
les députés français, Une centaine était lâchée, façon de parler. Près du Palais, en centre ville, leur grand nombre s'accroît encore. Leur colère et leur courage sont tels que leurs bras sont prêts à la guerre. |
| Dija Breizh ‘oa ‘tihunin, ar Ministr o tijunin. Mogoeriou leun a ludu, moged uhel |
Déjà la Bretagne était réveillée,
le Ministre prenait son déjeuner. Les murs étaient complètement en cendre, la fumée s'élevait. |
| Adsavomp hor Parlamant, adkavomp hor Parlamant ! Ha lakaomp da chom endro Breujou Breizh hor Bro ! |
Relevons notre Parlement, retrouvons notre Parlement ! Et restons mobilisés autour du Parlement de Bretagne, notre pays ! |
| Pa ‘vo savet hor Breujou poent ‘vo gervel d’en emvod. E kichen ar Parlamant dael meur ar Vro ! D’enebin ken ne zeuio met d’o zraou d’ober wardro An istor ‘ray ar bobl am’n e dael ar Vro. |
Quand notre parlement sera reconstruit, il sera temps de
donner un nom à son assemblée. Autour du Parlement, grande est la révolte du Pays ! |
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Page réalisée par Claude DEVRIES et mise à jour le 28 avril 1998.