GROIX
(ENEZ GROE)



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Présentation

On ne fait pas le Tro Breiz en bateau et le vieux dicton des marins en dissuade :

Qui voit Ouessant voit son sang,
Qui voit Molène voit sa peine,
Qui voit Sein voit sa fin,
Qui voit Groix voit sa joie.

Vue aérienne de Groix


Groix se situe entre austérité et quiétude.
Au large de Lorient, à mi-chemin entre Ouessant et Belle-Ile, elle n’est ni tout à fait la première île, ni complètement la seconde. Elle représente un compromis entre rudesse et douceur. Cette incertitude l’a longtemps maintenue dans l’anonymat.
Et Groix de bois, Groix de fer, si je mens que j’aille en enfer !

Avec ses 7,5 km de long et 2,5 de large, Groix offre des paysages variés : haut plateau de schiste dressé sur l’océan, landes et bruyères, vallons verdoyants de fougères et d’ajoncs, plages et baignades. Le sable d’une de ses plages contient même des poussières de grenat.

Groix possède deux ports principaux : Port-Tudy, en souvenir de l’évangélisateur du 6ème siècle Saint-Tudy, et Locmaria. Ils ont permis à Groix d’avoir longtemps une activité de pêche au thon. Entre 1880 et 1950, les pêcheurs Groisillons (nom officiel des habitants de l’île) armaient l’une des plus grandes flottilles thonières de Bretagne. Elle était tellement importante qu’il était possible à cette époque de traverser l’avant-port sur le pont des navires arrimés à couple. Une effigie de thon remplace même le traditionnel coq gaulois comme girouette au sommet du clocher de l’église de Groix ! Les anciens pêcheurs, et par extension tous les Groisillons d’aujourd’hui, sont surnommés « les Grecs ».

C’est à Groix qu’est né le poète breton de langue celtique Jean-Pierre Calloc’h, qui signait ses oeuvres sous le nom de Bleinmor et qui mourut à la guerre en 1917.

Personne ne chante mieux Groix que Gilles Servat. Encore étudiant, c’est à Pâques 1969 qu’il découvre l’île, rencontre Glenmor, et prend son premier bain dans la marmite celtique. Il tombe amoureux fou de l’île et d’une de ses habitantes et l'épouse.


La chanson

L’île de Groix

De quelle source lui vient son nom ?
Est-ce de fée ou de sorcière ?
Ou de quelque noir enfer,
Comme la boue de ses sillons.
On dit que l'on y voit sa joie,
On dit que l'on y voit sa croix.
Je parle de l'île de Groix.

Malheur à celui qui débarque,
Il n'aimera pas ses hivers.
Il trouvera ses quais déserts,
Car le flot seul mène les barques.
Mais essayez d'foutre le camp,
Elle vous aura aux sentiments.
Comme femme retient l'amant.

L'hiver tient emprisonné,
Pour mieux la coucher au printemps.
Premier soleil sur les buissons.
Il n'y aura plus de gelée.
L'eau de ses ports est froide encore,
Mais fleurissent les boutons d'or,
Et le goéland a pris essor.

Si à travers mes yeux mi-clos,
Il me plaît à revoir juillet.
Je sens l'odeur du goudron frais,
Où passent quilles des bateaux.
La menthe des sourds noirs ruisseaux
Lutte avec l'odeur des sureaux.
De la vapeur tremble sur l'eau.

Les vieux parlent du temps passé,
A Locmaria et Port-Tudy.
Si vous ne comprenez pas tant pis.
Moitié français, breton moitié.
On dit que l'on y voit sa joie,
On dit que l'on y voit sa croix,
Je parlais de l'île de Groix.

On dit que l'on y voit sa joie,
On dit que l'on y voit sa croix.
Je parlais de l'île de Groix,
Je parlais de l'île de Groix.

Port Saint-Nicolas

Gilles Servat,
Sur un poème de Michelle Le Poder.

Discographie


Bibliographie


Illustration


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Page réalisée par Claude DEVRIES et mise à jour le 28 avril 1998.