LE FAOUËT
(AR FAOUËT)



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Présentation

Le jubé de la chapelle Saint-Fiacre Le Faouët est au centre d'une zone possédant de nombreux monuments religieux réputés : abbaye de Langonnet, chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Fiacre.

Mais si Le Faouët a aujourd'hui gagné en célèbrité, c'est sûrement grâce au film diffusé fin 1996 à la télévision sur la fameuse Marion du Faouët. Chef de Bande, elle sévit dans toute la région entre 1732 et 1755. Dès l'âge de 18 ans, Marion, de son vrai nom Marie Tromel, ne supporte plus la vie de misère qui était le lot commun de l'époque. Elle devient chef d'une bande qui détrousse les riches marchands qui fréquentent les pardons de la région.

Le crime évoqué dans la chanson qui va suivre remonte à cette époque mais n'est pas perpétré par la célèbre Marion. Cette sombre affaire est rapportée jusqu'à nous par une Gwerz que l'on trouve dans le Barzaz-Breiz. Elle l'est aussi par une tenace tradition orale puisqu'elle était chantée il y a encore quelques années par les vieilles gens de la région.

Les Gwerziou (pluriel de gwerz) sont des chants sombres, fantastiques, tragiques, racontant des apparitions surnaturelles, des assassinats, des infanticides, des duels à mort, des trahisons, des enlèvements, et des violences de toutes sortes..." Ce sont souvent des événements réels qui ont été mis en valeur.

La chapelle Saint-Fiacre

Le 26 avril 1732, un pêcheur du Faouët découvre sur les bords d'une rivière le corps d'un jeune homme. Il est rapidement identifié : il s'agit de Louis Le Ravallec, jeune paysan de Langonnet. Il a disparu depuis le 13 avril 1732, jour où il accompagna deux de ses camarades au pardon de Saint-Fiacre. Le bruit court qu'il a été assassiné par eux. Tous les trois aiment en effet la même jeune fille.

La justice du Faouët, puis celle de Hennebont, cherchent longtemps les coupables. Plusieurs juges se succèdent mais font tous preuve d'inefficacité. Quatre ans après, l'affaire est classée et les coupables ne seront jamais retrouvés.

En revanche, la tradition populaire, elle, dénonce les assassins. Deux siècles et demi après, la gwerz est remontée jusqu'à nous. Donatien Laurent, qui a retrouvé les manuscrits originaux du Barzaz Breiz , a rencontré dans la région, il y a près de 30 ans, plusieurs vieilles femmes chantant encore la Gwerz de Louis le Ravellec. Les témoignages recueillis alors se révèlent plus riches et plus précis que ceux consignés par les juges de l'époque dans le dossier d'instruction toujours disponible aux Archives Départementales.
Exemple très démonstratif de toute la force de la tradition orale trop souvent mésestimée face à la toute-puissance de l'écrit.

Il existe plusieurs variantes de cette Gwerz.

Celle proposée ici est une version réduite de celle issue du Barzaz Breiz du Vicomte Hersart de La Villemarqué, dans laquelle le nom des personnages a été modifié. Elle a été interprétée par Andrea Ar Gouilh, dans l'album sorti pour la célébration du 150ème anniversaire de la parution du Barzaz Breiz, en 1989.



La chanson

Le pardon de Saint-Fiacre

Approchez tous, jeunes gens, et vous vieillards aussi,
Et vous entendrez un chant nouvellement composé
Sur un tout jeune homme de la paroisse de Langonnet,
Qui a perdu la vie de la main de ses compagnons.

"Bonjour à vous, père Maurice, et à vous, Marie Fraoé;
Laissez votre fils venir faire un tour avec nous."
"Allez donc, jeunes gens, et emmenez-le avec vous,
Mais qu'avant le coucher du soleil, vous soyez de retour."

Et en s'en revenant ils trouvèrent, près de la croix du chemin,
Marianna qui courait à perdre haleine.
La jeune fille, en les voyant, trembla de tous ses membres,
"Mon pauvre petit Louis à mon secours ! Hélas ! Je suis perdue !"

"Quelle horreur ! Mes amis, ce serait un péché."
"Qui diable te pique, petit champion des jeunes filles ?"
Et eux de le poursuivre comme trois loups affamés;
Et arrivés à l'eau, ils l'y jetèrent.

Quiconque eût été là eût le coeur navré,
En voyant Louis Rozaoulet couché sur le dos dans la prairie;
En voyant le pauvre enfant mort,
Ses cheveux blonds épars sur ses yeux.

Pardon Sant Fiakr

Tostaït holl, tud yaouank, ha c'hwri re gozh ivez,
Hag e klevfot ur gentel' zo savet a-nevez
War-benn un den yaouank-flamm a barrez Langoned,
En deus kollet e vuhez dre zorn e vignoned.

"Yec'hed mat deoc'h, tad Moris, ha deoc'h, Marie Fraoe
Lezet ho mab geneomp-ni da ober ur bale."
"Tremenet 'ta, tud yaouank, geneoc'h e vo lezet,
Nemet 'raok ar c'huzh-heol vemp d'ar gêr erruet."

Eus arc'han, d'an distro, e-tal kroazig an hent,
E kevjont Marianna a rede ken-ha-ken;
Ar plac'hig, pa ho gwelas, a grenas spontet-bras,
"Loeizig paour, deus d'am sikour, me 'zo kollet, siwazh !"

"M'hen argarzh ! Va mignoned, kement-se 've pec'hed."
"Petra an Dioul 'beg ennout, paotr bihan ar merc'hed ?"
Hag i da vont war e lerc'h 'giz tri bleiz di boellet :
He pa oant degoue'et d'an dour, 'kreiz o deus hen taolet.

Kement 'vije bet eno 'dije bet kalonad,
O welet Loeiz Raoualet war e gein 'kreiz ar prad,
O welet ar bugel paour maro, e-barzh ar prad,
Dispaket e vlev melen e-kreiz e zaoulagad.


Discographie


Illustration


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Page réalisée par Claude DEVRIES et mise à jour le 28avril 1998.