Bugel koar : Ar SolierElle est entrée dans le grenier. Une forte odeur de poussière y règnait. Une lanterne allumée était au sol. Elle l'a prise à la main. Malgré l'obscurité, toutes sortes d'objets prouvaient que c'était jadis une pièce habitée et donnaient l'impression que cette pièce avait été brusquement abandonnée. Une maison de poupée, une clé sur un tabouret. Une pelote de laine, une bobine de fil. Au mur, un miroir où l'on devinait encore le visage de celle qui s'y regardait. Sur un fauteuil bas, une robe toute en dentelles; une bague de fiançailles en diamants. Une table. Des livres, de vieux livres aux pages jaunies et aux bords festonnés. Sur le lit, une petite valise bleue et un cahier, recouvert d'une toile cirée à grands carreaux, enserré par une ficelle jaunie. Un petit bahut au tiroir à moitié ouvert. Des épingles à l'intérieur; une poupée de cire... |
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François-Marie Luzel nous en a laissé la mémoire.
Il tenait cette histoire, entre autres, de Marc'harid Fulup
, de Pluzunet, la mendiante née avec un bras paralysé et
l'autre atrophié par une morsure de porc. Sa statue, réalisée par le sculpteur Morley
Troman, trône maintenant au bourg de Pluzunet dont la place porte son nom.
Marc'harid, pélerine par procuration, qui nous transmit, parfois grâce à des rouleaux de cire, un nombre considérable de chants et de contes tous fantastiques.
Une chanteuse et un musicien bretons laissent libre cours à leur folie
douce, autour de gwerzioù et sonioù
traditionnels et de compositions
originales. Un univers musical inédit, charnel, au cur de la parole
des chansons, là où bouillonnent les violences, les doutes et
les tendresses et toutes ces émotions qui n'ont même pas de nom.
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Née en 1974, Marthe commence à chanter dans les festoù-noz
et les veillées à l’âge de 17 ans… et n’a jamais cessé
depuis. Plusieurs prix de concours (grand prix Kan ar Bobl 93; divers prix de chant
à danser…) viendront l’encourager dans cette voie.
Son parcours s’inscrit dans une double volonté d’apprentissage
et de respect du savoir traditionnel (auprès, entre autres, de Marcel Guillou,
d’Erik Marchand, ou grâce aux collectages de DASTUM - dont elle est membre - ,
ceux d’Ifig Troadeg notamment), et d’ouverture à toutes les
expériences.
C’est ainsi qu’avant de décider en 97 de donner entière
priorité au chant et à la scène, elle multiplie les aventures :
elle est animatrice TV en breton pour France 3 Ouest de 91
à 96 ; comédienne (conservatoire de Rennes;
Macbeth, Shakespeare/François, coprod. TNB/Gennevilliers; Une femme
dans la rue, court métrage d’Olivier Bourbeillon ; divers doublages et
lectures en français et en breton, etc) ; elle goûte aussi à
l’écriture, à la traduction et à l’édition
(Carnets de collectage de F-M Luzel, avec Françoise Morvan aux PUR, etc).
Parallèlement au chant traditionnel, elle suit depuis 96
une formation au chant classique (avec Ilham Loulidi
puis Agnès Brosset).
Ses activités actuelles reflètent son appétit pour
la voix et la musique sous toutes leurs formes : depuis le
groupe de fest-noz LOENED FALL (un des plus demandés en Bretagne)
jusqu’aux CHŒURS DE L’OPÉRA DE
RENNES, en passant par le projet SULA BASSANA (J-M Pétri, L. Domancich,
C. Fabre, P. Marcault, A. Kouyaté), et bien sûr par BUGEL KOAR
avec Philippe Ollivier. Marthe continue également à se produire
a capella (seule ou avec Nolùen Le Buhé notamment), participe
à la création Aziliz Iza du BAGAD KEMPER… et prête souvent
sa voix à toutes sortes d’expérimentations (comme la rencontre
avec le groupe marseillais DUPAIN pour l’ouverture des Trans de Rennes),
les plus inattendues étant les meilleures !
C’est à l’adolescence que Philippe commence à jouer et rapidement
à enseigner la bombarde puis l’accordéon diatonique (lauréat
Kan ar Bobl 90). Il se produit en soliste et dans diverses formules de fest-noz
et de concert (jusqu’en Suède et au Québec pour les J.M.F., au
Pays de Galles…) avant d’intégrer le groupe BF15 (Michel Aumont, Yvon Rouget,
Gaby Kerdoncuff), valeur sûre de la musique à danser, avec qui il
continue à jouer, du Finistère … au Liban.
En 90, avec Annie Ebrel, Jean-Luc Thomas et Yann-Guirec Le Bars, il fonde le
groupe DIBENN dont il devient par la suite le “ metteur en son ” (Espagne, Irlande,
Kan ar Bobl 91, prix Coop Breizh, prix Du-Mañ Du-Se ; sélectionné
parmi les meilleurs albums de 97 par Libération).
Au “ diato ” vient s’ajouter l’accordéon chromatique puis le
bandonéon; BUGEL KOAR, créé en 97, marque le passage concret
à la composition. Par ailleurs, la finesse de son jeu et l’imagination de
son écriture font de Philippe un partenaire musical recherché
(y compris pour le spectacle Dames de ur de la compagnie de danse
ALÉGO, ou pour des duos sur CD avec notamment le flûtiste Jean-Michel
VEILLON).
Authentique bourreau de travail, à sa vie de musicien il ajoute aussi
une grande expérience en tant qu’ingénieur du son :
régisseur-son du CARRÉ MAGIQUE DE LANNION (théâtre
missionné), mais aussi en tournée avec ARCHAOS, TANIA MARIA,
etc - délibérément, une véritable “ double vie ” :
le musicien y gagne la précision des idées et une solide culture
de la scène, et le technicien une sensibilité artistique qu’il met
aussi fréquemment au service de réalisations sonores (disques mais
aussi bandes-son de spectacles, d’expos, pour J-M MACHADO, J-M PETRI…).
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© Claude
DEVRIES pour l'association Strobinet
mise à jour du 2 février 2002