Les Celtes avaient une vision très complexe de l'Au-delà. Une vision qui a subsisté jusqu'à nos jours dans les croyances Bretonnes, une vision qui n'a rien à voir avec le mythe "à étage" des chrétiens (Paradis / Enfer / Purgatoire).
Pour les Irlandais, l'Au-delà commence sous le Sid, le tertre enchanté où se sont retirés les dieux après le triomphe des hommes à la surface de la terre. C'est le séjour des héros et des fées.
Pour les Bretons insulaires et continentaux, l'Au-delà commence derrière une rivière mystérieuse ou au fond d'un lac.
Selon d'autres traditions c'est une île "vers l'occident", le Tir na n-og (pays des jeunes gens) ou encore Tir Taïrngire (terre de promesse). Dans la légende Arthurienne, c'est l'île d'Avalon où le roi Arthur mortellement blessé se retire en compagnie de la fée Morgane, en attendant l'heure du retour...
Dans tous les cas, ce n'est pas jamais un sinistre enfer mais un pays heureux, une terre d'éternité où la nature donne d'abondantes moissons, les plages sont de sable d'or.
Les contacts sont fréquents entre notre monde et l'Autre Monde. L'un des moments privilégiés est la fête de Samain, l'une des quatre grandes fêtes des Celtes qui correspond d'ailleurs à notre Toussaint.
C'est le jour de l'année où s'ouvrent les portes du Sid, où tous les enchantements sont possibles...
Mais il arrive qu'un héros entre dans l'Autre-Monde, généralement après bien des exploits. Sur son sort, les avis et les versions divergent. Il peut épouser la fée et y demeurer, triompher des épreuves et rentrer victorieux parmis les vivants. Il peut aussi y vivre dans la béatitude du monde féerique et puis choisir de revenir dans notre monde.
Mais le temps de l'Autre-Monde s'écoule différemment du notre, une année peut valoir des siécles. Malheur à celui qui ne respecte pas les recommandations de la fée, il peut être condamné à errer éternellement sur la mer comme le héros Bran, ou loin des hommes au fond des forêts comme les personnage de la Chasse-Galery.
Il peut aussi, succombant à la loi du temps, s'effondrer en poussiére...
... Mais il n'eut achevé que sa peau tombe en lanières sur son corps tout desséché, qu'en chimère de pierre soudain se trouve changé, et ses bras en poussière et en poudre ses deux pieds ...
... Et Korydwen d'y plonger son regard pour le croiser, mais le visage qui lui fait face de la faire sursauter : c'est celui d'une vieille femme d'au moins cent et dix années ...
Ainsi la chevauchée de Korydwen et du Rouge a-t-elle tout d'un voyage sans retour vers l'Au-Delà...