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N°8 - Septembre 1997 Edito : C'est une rentrée décidément passionante qui s'élance sur les chapeaux de roue, si l'on peut dire ! Au moment où ce nouveau numéro sort, le référendum voulu par Tony Blair, va modifier le paysage constitutionnel en Écosse et, dans une moindre mesure, au Pays de Galles. Simultanément, un nouveau cessez-le-feu prometteur vient d'être décrété en Irlande. Chez nous, le paysage politique a également changé et pour la scène médiatique bretonne, on nous promet de grands changements avec la publication d'hebdomadaires du dimanche. Notre prochaine assemblée générale, à Nantes, en octobre devra aussi aborder les menaces qui pèsent sur notre profession et qui doivent nous mener plus que jamais à élargir notre audience et intensifier nos échanges professionnels ainsi que nos actions concrètes de solidarité. Ce nouveau numéro de Reporter Breton - également accessible par l'internet - témoigne de la richesse de nos centres d'intérêt. Roger Faligot
Écosse 2000 Un périple estival en Écosse était de mise pour Reporter Breton, puisqu'on attendait les résultats, très prévisibles du référendum sur la mise en place en l'an 2000 d'un parlement pour ce pays celtique. Et cela aura forcément des retombées sur la manière de travailler de nos collègues écossais. « Le bilinguisme anglais-gaélique sera sans doute un des premiers actes de ce parlement ! » nous déclare à Inverness, Margaret McIver, responsable «éducation» de Comunn na Gáidhlig (Ligue gaélique. C'est l'un des nombreux changements qui pourraient avoir lieu. Roger Faligot a visité en juillet les Highlands et ses magnifiques îles ainsi que les grandes villes, Glasgow, Aberdeen, Edinborough en pleine efferevescence. Dans l'île de Skye, il a rencontré Ian McCormack, rédacteur-en-chef d'un hebdomadaire extrêmement original, la West Highland Free Press, qui depuis vingt ans est diffusé chaque vendredi sur les îles des Highlands. « Tout a commencé en 1972. L'histoire de quatre copains qui étudiaient à la fac de Dundee et qui ont eu l'idée de lancer ce journal tout à fait dans le style de l'époque. Le plus connu d'entre eux, rédacteur-en-chef avant moi, c'est Brian Wilson, aujourd'hui député travailliste chargé de l'éducation au sein du Scottish Office.» C'est dire qu'à ses débuts, la Free Press marie informations irrévencieuses, enquêtes, reportages de proximité et chroniques en gaélique. Depuis, sur toutes les îles de l'ouest, il vend 10 000 exemplaires chaque semaine. Ses rivaux sont un ancien journal local et surtout les deux grands quotidiens The Scotsman (dominant à l'Ouest) et The Scottish Herald (Zone est). Une petite équipe installée à la sortie de la petite ville de Broadford (Ile de Skye), assure la frabrication du journal de A et Z, grâce à un vaste réseau de correspondants, d'île en île, mais aussi en Écosse continentale. D'abord considérée avec scepticisme par les autorités, la Free Press reçoit un soutien du Highlands and Islands Devlopment Board sans perdre son indépendance. Elle anime, par exemple, la lutte contre le péage du pont qui relie Skye au «mainland». On peut contacter le journal à son e-mail : 100676.1772@ compuserve.com.
Une mission à Hanoi Par Franck Renaud, envoyé spécial. Aider au développement de la presse francophone vietnamienne : conjointement avec l'Association «Ouest-Fraternité» et l'école du journalisme de Lille, j'ai fait démarer ce projet en ce mois de septembre à Hanoi. Mes voyages réguliers au Vietnam ne me suffisaient plus, et puis, j'étais bien décidé de donner de mon temps à ce pays que j'ai appris à connaître et à apprécier. Comme Ouest-France offre à ses salariés la possibilité d'accéder à une bourse du projet social, j'ai tenté le coup. Cette bourse, pilotée par une commission interne au journal, peut détacher un salarié auprès d'une association à but humanitaire ou social pour une préiode de neuf mois maximum. L'avantage : il garde son salaire et retrouve son poste à l'issue du projet. Pas négligeable ! Fin 1996, après des tenatives infructueuses auprès d'associations spécialisées dans l'aide médicale et à l'enfance, j'ai préféré monter mon propre projet en me disant qu'il était parfaitement imaginable de travailler dans un domaine que je pense connaître un peu : le journalisme ! Pour cela, des contacts ont d'abord été noués avec l'association «Ouest-Fraternité». Créée en 1992, elle regroupe des salariés et des retraités d'Ouest-France, une centaine en tout. Elle a mené plusieurs actions en Afrique, comme des envois de livres scolaires. Mais son projet le plus lourd concerne le journalisme, avec une opération d'aide à la presse écrite congolaise, débutée en 1993. Ce projet, malgré la guerre entre factions à Brazzaville, doit se poursuivre. Quand j'ai soumis mon idée à «Ouest-Fraternité», l'accord a été immédiat : l'association a soutenu dès le départ mon projet d'aide au développment de la presse francophone vietnamienne, basé sur la formation de journalistes. Un second partenaire s'est aussi embarqué dans mon aventure, le département international de l'École de journalisme de Lille. Depuis 1993, l'ESJ organise des stages pour les confrères vietnamiens et sa philophie en matière de formation au journalisme me convient tout à fait : «Elle ne doit pas être réservée aux membres d'un club très fermé, dit volontiers Marc Capelle, le directeurs d'ESJ-International, il faut la partager». Ce «devoir de solidraité», nous avons donc choisi de le mettre en ¦uvre au Vietnam, à partir de la mi-septembre, après que mon dossier eut obtenu l'accord de la commission du projet social, en mai. Dans un pays qui s'ouvre peu à peu, les journaux s'émancipent et les confrères vietnamiens sont très demandeurs de formation. Durant neuf mois, je vais donc principalement m'installer au quotidien francophone Le Courrier du Vietnam, basé& à Hanoi. Pour l'instant, ce journal reprend principalement des dépêches de l'AFP ou des traductions d'articles parus dans la presse du pays. Nous allons essayer de modifier ces habitudes : faire du reportage, aller sur le terrain, ne pas oublier que l'actu c'est aussi raconter la vie des gens à deux pas de chez soi, les genres rédactionnels, etc. Mes pas doivent aussi me conduire à Saïgon Eco , un mensuel économique de Hô Chi Minh Ville et à Cambodge Soir, un tri-hebdomadaire de Phnom Penh. Avec ce projet j'espère apporter ma modeste pierre pour conforter l'ouverture d'un pays et d'une région qui, depuis la Seconde Guerre mondiale n'ont pas connu de répit. FK.
NEKEPELL ECHU TOUT ! Au bout d'un an d'existence, Nekepell, l'hebdo du Centre Ouest Bretagne, a annoncé au mois d'août dernier la cessation de sa parution. Les responsables, après avoir un temps envisagé une formule élargie devant s'étendre progressivement à toute la Bretagne, ont finalement décidé de ne pas aggraver une situation financière qui n'avait cessé de se détériorer ces derniers mois. Sans entrer dans le détail de la gestion, on peut penser qu'une distribution hasardeuse, au colportage, n'aura pas favorisé la survie du journal. Pourtant, l'hebdo avait su fidéliser un lectorat jeune tout en présentant une ligne éditoriale rurale originale. Peu à peu, les pages enquêtes s'étaient imposées donnant au journal une dimension «investigation» appréciable. Des «signatures» étaient apparues comme celle d'Yves Pouchard - correspondant du Parisien - ou de Pierre Fénard - Le Télégramme -pour ne citer qu'eux. De fait, chaque parution de Nekepell était attendue, scrutée, épluchée. Le courrier des lecteurs en disait long à ce sujet... Nekepell s'était aussi une qualité photographique rare et la démonstration qu'un support libre et impertinent pouvait exister en dehors des circuits traditionnels de la presse locale. Une démonstration qui n'était d'ailleurs pas du goût de tous. Et on se prend à rêver d'un nouveau Nekepell, rebond de l'ancienne équipe ou initiative ex-nihilo, qui viendrait confirmer que «l'expérience Nekepell» ne nous a pas fait rêver pour rien.
Communiqué du 8/9/1997 A la suite de l'accident tragiquement mortel de la princesse Diana, de son compagnon Dodi Al-Fayed et de son chauffeur Henri Paul, et des polémiques sur le rôle et «la responsabilité» de journalistes français développés à ce propos dans l'hexagone français, à l'étranger et notamment outre-manche, L'association des journalistes bretons et des pays celtiques rappelle à tous les donneurs de leçons qu'en France - la presse dans sa totalité est régie par la loi de juillet 1881, - le statut de journaliste professionnel est défini par la loi du 29 mars 1935, le décrêt du 17 janvier 1936, les ordonnances du 30 septembre 1944 et du 22 mars 1945 et le décret du 22 juin 1949, - ce statut concerne les personnes employées dans toute forme de presse (écrite, radiophonique, télévisée, télématique, agence de presse, agence photo) et toute spécialité (rédacteur, sténographe de presse, secrétaire de rédaction, reporter, reporter-photographe, reporter d'images, pigiste), - la carte officielle dite de presse, identifiable par un numéro personnel, est attribuée par la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels et renouvelable chaque année selon des critères précis, - cette carte octroye une clause de conscience qui permet à son titulaire de rompre son contrat avec son employeur s'il estime que la ligne éditoriale de son média a été profondément modifiée, - la possession de cette carte ne donne pas à son titulaire le pouvoir d'enfreindre la loi dans le pays où il exerce son métier. Sur le plan strictement professionnel, il n'existe pas de «Conseil de l'Ordre» ou autre organisme juridictionnel. Par contre, une Charte des devoirs du journaliste a été élaborée en juillet 1918 et complétée en janvier 1938 par le SNJ, l'un des syndicats de journalistes. Elle stipule notamment que le journaliste professionnel «n'accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle.» La Commission de la carte nationale des travailleurs journalistes a également fait valoir, dans un avenant audiovisuel de service public, que le journaliste «ne peut être contraint à accepter un acte contraire à son intime conviction professionnelle». L'Association des journalistes bretons et des pays celtiques estime que ces lois, décrets et principes professionnels sont suffisamment explicites et que leur respect devrait éviter aux donneurs de leçons de b randir un nouvel arsenal juridico-administratif susceptible de faire régresser la liberté d'éditer écrits, films et photos. Le Bureau de l'Association des Journalistes bretons (et des Pays celtiques)
NOUVELLES DES MEDIA EN IRLANDE Décidement c'est la mode dans les pays celtiques : on crée des journaux du dimanche : en Irlande voit le jour cet automne le Dublin on Sunday. Soutenu par des milieux américano-irlandais, ce nouvel hebdomadairedevrait prendre le créneau laissé vacant voici deux ans à la suite de la disparition de l'Irish Press et du Sunday Press, journaux nationalistes modérés appartenant à la famille De Valera. ...ET EN ÉCOSSE Andrew Neill, l'ancien rédacteur-en-chef du Sunday Times, a été nommé directeur des deux publications majeures du groupe de presse détenus par les frères écossais et jumeaux, les Barclay, à savoir The European et The Scostman. The European est passé en tabloïd et devrait changer encore de formule au printemps prochain, en prenant la forme d'un magazine du type The Economist, c'est-à-dire qu'il s'adressera particulièrement au milieu des décideurs économiques européens. Ces changements ont été accompagéns d'une vague de licenciements en particulier avec la suppression du supplément couleur.
PROCES GAGNÉS PAR DES MEDIAS BRETONS Les Presses bretonnes ont été déboutées fin août à Rennes dans le procès qu'elles avaient intenté à Bretagne Breizh Info et au Peuple Breton qui avaient mis en évidence les liens de leur direction avec le Front national. Dans le cas de Breizh Info, le tribunal s'est déclaré incompétent. Par ailleurs, début septembre, le tribunal de Rennes a condamné «Olivier Vermont», - auteur d'origine rennaise de La face cachée de Greenpeace-, ainsi que son éditeur Albin-Michel pour diffamation a l'égard de l'Union démocratique bretonne décrite dans cette étrange volume comme une «organisation terroriste».
INVESTIGATION L'association "Egalité devant la loi", créée par le journaliste écrivain Denis Robert (auteur de Pendant les affaires, les affaires continuent et instigateur de l'appel de Genève des magistrats), a entrepris un recensement des journaux indépendants travaillant dans le même esprit. Pour la moitié Ouest de la France, il faut se faire connaître auprès d'Anne Carpentier, rédac-chef de La Feuille dans le Lot. Fax : 05 53 70 10 60. (Pour la moitié est, le contact est Michel Garcin à Grenoble, fax: 04 76 98 82 15) Une rencontre des journaux indépendants d'investigation de toute la France est envisagée pour début 98. Un site internet pourrait aussi heberger la liste.
EN LIBRAIRIE A lire absolument : le livre de notre ami Jean Guisnel Guerres dans le cyberespace, ( Services scerets et internet), pour qui au s'intéresse au worldwide web, vient de sortir en édition de poche augmentée et mise à jour à La Découverte. Le même éditeur publie fin septembre un nouvel ouvrage de Roger Faligot, Naisho - Enquête au c¦ur des services secrets japonais (avec un chapitre sur le web nippon, intitulé «Pearl Harbor sur l'Internet»).Celles et ceux qui souhaitent en parler dans leur média peuvent contacter leur attachée de presse : Pascale Iltis, Tel.: 014408421. CINÉMA Cinéma Le film sur l'histoire du mouvement politique et culturel breton à travers le siècle - BZH, Bretagne, des Bretagnes - réalisé par Olivier Bourbeillon et Marie Helia a reçu un accueil chaleureux au festival de Douarnenez et s'est vu décerner le prix Ar men. Il sera diffusé prochainement sur TF 1. MEDIA BRETONS SUR LA TOILE Le journal Solidarité irlande qui fournit une remarquable revue de presse sur la situation du conflit anglo-irlandais est accessible sur l'internet : http://www.mygale.org/06/sirl Chaque vendredi Le Progrès de Cornouaille et Le Courrier du Léon et du Trégor se retrouvent sur sur la toile http://www.project-entreprise.com/progres-courrier On peut retrouver également Reporter Breton sur le site de notre Association www.Bretagnenet.com /Reporter-breton ainsi que d'autres rubriques, les articles ou autres communications que vous jugées utiles de faire connaître sont à envoyer au courrier électronique: Reporter-breton@Bretagnenet.com
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Notre Assemblée générale aura lieu cette année à Nantes, le samedi 18 octobre. Vous recevrez une invitation personnelle, mais dès à présent notez cette date. Nos amis nantais qui organiseront la logistique ont eu la bonne idée de la faire coïncider notre AG avecla Semaine «Fin de siècle» qui a pour thème l'Afrique du Sud. - FIN A bientôt , Roger Faligot.
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