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Bulletin de l'association des journalistes
bretons et des pays celtiques
Kannadig Kazetennerien Breizh hag ar Broioù
Keltiek
N° 23 - octobre 1999
PROTECTION DES SOURCES
Les membres de l'Association des Journalistes bretons
et des pays celtiques souhaitent exprimer leur solidarité à
l'égard de notre confrère Ed Moloney, suite à l'inculpation
qui lui a été notifiée pour avoir refusé de
révéler les sources d'un reportage publié en juin
dans The Sunday Tribune.
Nous estimons que la condamnation éventuelle de
M.Moloney constituerait une grave atteinte à la liberté d'informer
en Irlande et en Europe de manière générale. Nous
espérons que le Tribunal (d'Antrim en Irlande du Nord) se rendra
compte que la position de principe de notre confrère garantit la
liberté d'expression pour tous citoyens et qu'il se conforme aux
statuts professionnels des journalistes en Europe et dans une société
démocratique.
Communiqué de l'Association,
le 31 août 1999
Depuis, Ed a été contraint par la justice
de révéler ses sources. Mais une nouvelle affaire a éclaté,
mettant en cause des services de sécurité qui y avait déjà
accès.
Nous y reviendrons plus largement dans Reporter Breton
du mois prochain.
Commerce sans conscience n'est
que ruine de l'âme
Imaginez un site Web qui présente, dans sa couverture
noire, un livre tristement célèbre, Mein Kampf d'un certain
Adolf Hitler. Comme s'il s'agissait de n'importe quel livre, il est assorti
d'une note, 7,9 /10 décernée par les lecteurs (il y en a
encore), complétée de leurs commentaires. Promotion oblige,
les louanges abondent : "Très bon", "Excellent", "Scientifiquement
vrai", "Hitler, cet incompris"..., lit-on. Le site marchand, qui ne veut
pas perdre une occasion de gagner un kopeck, propose des liens vers son
catalogue d'objets mis en vente aux enchères (c'est la nouvelle
mode sur Internet). Chacun peut proposer au site ce qu'il souhaite vendre.
Avec la logique de l'offre commerciale assistée par ordinateur,
on vous propose la croix gammée plaquée or (avec photo grand
format) ou la médaille à l'effigie d'Hitler et de Mussolini
en argent... avec une publicité ciblée pour collectionneurs
de couteaux. Pour soutenir l'offre, le site a permis au vendeur de croix
gammée de placer son texte d'accroche : "Epatant à exhiber
lors des reconstitutions de la Seconde Guerre mondiale... et à faire
figurer dans votre galerie d'insignes nationaux socialistes.
"Ce site marchand existe, c'est amazon.com, le grand libraire
de l'Internet. Que ce livre soit en vente libre mérite un débat
en soi. Mais là n'est pas notre propos. C'est l'habillage promotionnel
et le système d'enchères d'objets d'Amazon qui transforme
la machine à vendre en outil de propagande planétaire, et
qui, par voie de conséquence, transforme les sites Web affiliés
pointant vers Amazon pour vendre des livres... en complices. Voilà
ce qui arrive quand le marchand s'ouvre au contenu sans discernement, quand
le libraire change de métier pour faire de l'enchère virtuelle.
L'outil lui échappe. Commerce sans conscience n'est que ruine de
l'âme.
Le droit à l'image de
plus en plus menacé
Alors qu'un non-lieu a été rendu dans l'affaire
Diana, disculpant neuf photographes, jamais le droit d'informer par l'image
n'a semblé aussi menacé que ces derniers temps, avec le projet
de loi sur la présomption d'innocence et les droits des victimes
concocté par Elisabeth Guigou (*). Rappelons qu'il prévoit
l'interdiction de diffuser des photos de personnes menottées, ainsi
que des photos montrant . Ces infractions seraient passibles de 100.000F
d'amende. Sont exclues du projet de loi les images de guerre, de catastrophes
naturelles ou d'accidents. La réaction du milieu professionnel est
vive. Un a été lancé en juin par l'Association Nationale
des Journalistes Reporters Photographes et Cinéastes, puis ce fut
L'Appel de Perpignan, signé par un millier de professionnels.
Des grands noms se mobilisent, comme Henri Cartier-Bresson
: . Le même raisonnement est souvent tenu pour un document
montrant le guide de haute montagne impliqué dans l'avalanche des
Orres, menottes aux poignets : qu'est-il choquant ? De voir cet homme ainsi
entravé, ou de le traiter effectivement comme un dangereux criminel
?
Ce projet de loi s'ajoute à un contexte déjà
difficile pour les photographes. Les procédures en justice, bien
souvent abusives, se multiplient de la part de personnalités mais
aussi d'anonymes. Même à notre modeste échelle, en
région, la tendance est perceptible. Il n'est pas rare que nos confrères
photographes et JRI entendent des réflexions du genre . Souvent
lancées sur le ton de la plaisanterie, elles témoignent bien
d'une évolution préoccupante.
Bruno Gilbert
(*) Le projet sera examiné en seconde lecture
par le Parlement, début 2000.
Grandes manoeuvres dans la presse
écrite
Cet automne est marqué par de nombreux changements
dans le paysage de la presse écrite en Bretagne. Alors que Ouest-France
abandonne son rapprochement avec Presse Océan, Le Télégramme
contre-attaque sur le terrain des hebdomadaires. Retour sur ces événements
qui préfigurent peut-être une redistribution des cartes entre
les deux principaux quotidiens de l'Ouest.
Premier épisode : les ambitions nantaises du
Télégramme
Lancé le jeudi 1er octobre, L'Hebdo de Nantes
se présente en 60 pages, format tabloïd, il est réalisé
par une équipe de sept journalistes et un photographe. Le rédacteur
en chef est Alain Le Bloas, qui a précédemment lancé
l'édition vannetaise du Télégramme. Le capital
de l'Hebdo est constitué à 55% par Le Télégramme,
avec le Crédit Mutuel de Bretagne (15%), La Manche Libre
(15 %), Le Courrier de Mayenne (10 % ) et
L'Echo d'Ancenis
(5%). Une à quatre pages peuvent être reprises du Magazine
du Télégramme, ainsi que des papiers politiques déjà
paru dans le quotidien morlaisien. Généraliste, ciblant "les
jeunes urbains actifs", l'Hebdo annonce un équilibre à
15 000 exemplaires vendus. Le budget prévisionnel annoncé
est de 4 à 5 MF sur deux ans. Un site internet est en voie de constitution,
mais cet hebdo en ligne qui débutera en janvier pour Nantes, sera
décliné dans des formules locales à Rennes et Brest.
Par ailleurs, Le Télégramme a annoncé
sa candidature à l'obtention d'une fréquence hertzienne à
Nantes avec l'objectif d'y ouvrir une télé locale.
Deuxième épisode : le rachat du Poher
Hebdo
Il est installé dans les habitudes des habitants
du Centre-Bretagne et dans le paysage médiatique, pourtant, l'hebdomadaire
lancé par Christian Troadec et Charlie Grall n'a que trois ans d'existence.
C'est dire s'il a su trouver sa place et son lectorat. Tiré aujourd'hui
à huit mille exemplaires en moyenne, le Poher Hebdo possède
la particularité de couvrir une zone administrativement hétérogène,
mais culturellement homogène. De Pleyben à Mur-de-Bretagne,
sur trois départements, il se joue des frontières alors que
les quotidiens restent empêtrés dans des découpages
d'éditions inadéquats pour une région qui cherche
à s'affirmer.
Le rachat du Poher Hebdo par Le Télégramme
via Manche Atlantique Presse ne devrait pas bouleverser la donne.
Peu de changements sont intervenus dans le contenu. On retrouve notamment
les tribunes laissant généreusement la parole aux élus,
responsables associatifs, etc. Les uns et les autres se répondent
au fil des semaines, faisant du journal un terrain d'expressions apprécié.
Pascal Bodéré, le nouveau rédacteur-en-chef souhaite
développer le principe des dossiers qui approfondissent l'actualité.
Le reste de l'équipe n'a pas changé. Elle se compose de sept
personnes dont trois journalistes.
Troisième épisode : de l'eau dans
le gaz entre Ouest-France et Presse Océan
Surprise, lundi 13 septembre, alors que la signature officialisant
le rapprochement des deux quotidiens étaient imminente, les négociations
ont été rompues. Elles devaient déboucher sur la création
de la société Loire Océan Communication détenue
à 53% par Ouest-France et à 47% par la Socpresse (Presse
Océan, Le Courrier de l'Ouest et Le Maine Libre) mettant
en place, pour tous ces titres, une régie publicitaire commune,
un seul service des ventes et surtout des rédactions étroitement
réorganisées. Que s'est-il passé ? L'hypothèse
la plus courue est celle d'une soudaine hausse des prétentions de
la Socpresse, c'est à dire du groupe Hersant, dont les contraintes
financières sont moins fortes depuis la vente de France-Soir
et la recapitalisation du Figaro. Double problème. Pour les
salariés de Presse Océan qui voient leur avenir s'assombrir
de nouveau, alors que certains avaient déjà rejoint leur
future affectation, avec famille et démission du conjoint dans certains
cas. Pour
Ouest-France ensuite, qui avait inclus l'opération
de rapprochement dans ses calculs de RTT. Les 35 H sont signés,
mais les conditions ont changé pour l'entreprise...
LES GRANDES OREILLES
Journaliste de Breizh Infos
libéré
L'ancien journaliste d'Ouest- France, Charlie Grall,
animateur de Breizh Info a été libéré,
sous contrôle judiciaire, après avoir été mis
en examen suite à l'affaire du vol d'explosifs par un commando présumé
de l'ETA à Plérin. Son avocat, Me Choucq a précisé
qu'il avait rencontré des Basques dans le cadre d'une interview
qu'il réalisait pour son journal à Lorient. Affaire à
suivre...
Taslima Nasreen censurée,
encore !
(les jours de mon enfance), le nouveau livre de Taslima
Nasreen, a été interdit à la vente au Bangladesh car
jugé susceptible de froisser la sensibilité musulmane. Il
y a cinq ans, un autre livre de Taslima Nasreen (Lajla, ) avait lui aussi
été interdit pour les mêmes raisons. L'auteur est régulièrement
menacée de mort par des groupes fondamentalistes. Elle est exilée
en Europe.
Stupéfaction à la rédaction
de l'Irish Times de Dublin, qui n'est pas encore revenue de la nomination,
à partir de ce mois de septembre, d'un nouveau directeur anglais,
Nick Chapman, ancien patron de la BBC....
Télé Breizh
: nouveau report
La rumeur enfle sans avoir été démentie
jusqu'à maintenant : la Télé Breizh de Le Lay
n'émettra pas avant l'été 2000. Il semble que le capital
ne soit pas encore rassemblé.
ADSA, bimestriel culturel
Membre de notre association, Ronan Manuel publie le 3ème
numéro d'Adsa (journal bimestriel culturel et gratuit) 19,
chemin de Ty-Mab-Fourman à Quimper. Tel 02 98 94 55 20 .
466 !
Mouez Enez Sun, le journal de l'Ile de Sein, a
atteint le cap des 466 abonnements. Une performance quand on sait que l'île
ne compte que... 246 habitants. Une satisfaction pour Pierre Portais, ancien
rédacteur-en-chef de R.B.O., qui a largué les amarres
du journalisme il y a un peu plus d'un an pour aller vivre à Sein.
Moez Enez Sun est un mensuel vendu 15 F (un an : 200F).
Succès du premier salon
du livre insulaire
Le jury du 1er salon international du livre insulaire,
présidée par la romancière Gisèle Pineau, et
auquel participait Roger Faligot, réuni pour la première
fois à l'île d'Ouessant, fin août a décerné
quatre prix : littérature à Andrea Camilleri, (Ed.Métailié)
; scientifique à (sous la direction d'Alain Yacou), Karthala-CERC
; beau livre, de Pierre Josse et Bernard Pouchèle (Terre de Brume)
et le prix spécial à Taaria Walker
( Hare Po, Tahiti)
Radio maritime
C'est ce que Jean-Marie Cavada, président
de Radio-France, a annoncé dernièrement en Finlande
aux responsables des régions maritimes et périphériques
d'Europe. Cette radio fédérera diverses radios européennes,
puisque sa vocation est de couvrir toutes les régions maritimes
d'Europe. Elle sera captée par des voies traditionnelles hertziennes,
mais aussi sur les écrans d'ordinateurs par le biais d'internet.
Pour l'heure, la radio n'a pas encore vu le jour. Un comité de pilotage
européen a été mis en place, avec comme premier partenaire
une radio portugaise.
PORTRAIT
L'architecture mène à
tout...
Nicolas de La Casinière, 45 ans, Nantais,
obtient son bac en 1971. En 1976, nanti d'un diplôme d'architecte,
il restera sans pratiquer et se dit un "architecte raté". Pendant
ses études, il entre dans les structures thématiques du journalisme
militant et engagé, en collaborant à l'Agence de Presse
Libération (l'A.L.P.). Il est dessinateur de presse et
illustre de façon satirique les divers sujets de société
qui y sont traités. C'est l'époque artisanale des stencils
avec ronéos. Il découvre le travail d'information et sait
désormais qu'il n'a pas plus envie d'ouvrir un cabinet d'architecte.
Cependant, à l'aube des années 80, l'A.P.L. s'arrête.
Pendant cinq ans et demi, avec un petit groupe de journalistes militants
dont certains ont quitté Presse Océan en invoquant
la "clause de conscience" (reprise du quotidien par Mme Hersant), il écrit
des articles pour La Tribune sur la culture et il en illustre
d'autres avec ses dessins.
Après la mort de La Tribune, notre ami,
qui ne quitte pas Nantes, devient pigiste dans diverses publications :
Le Marin, Thalassa. A
L'Evénément du Jeudi,
il traite les informations générales et les faits de société.
Dans la tourmente
Pendant un an, Nicolas fait de l'investigation concernant
le financement du P.S., à la demande de l'Evénement du
Jeudi, et plonge dans l'affaire TRAGER. Nous sommes dans les années
90-91, et il est accusé d'être à l'origine du suicide
du maire socialiste de Saint-Sébastien-sur-Loire, Yves Laurent.
Au coeur de la polémique locale, il est l'objet de menaces. On compare
l'affaire à celle du suicide de Salengro. Au lieu de partir, notre
ami reste. Pourtant, ses revenus et sa vie professionnelle sont sérieusement
menacés. Il perd ses collaborations à divers bulletins municipaux.
Heureusement, une opportunité de correspondance pour le quotidien
Libération se présente. Il devient pigiste au journal.
Définitivement correspondant pigiste, Nicolas doit
affronter la morgue des milieux du P.S. Mais il justifie son travail d'investigation,
but du vrai journaliste. Nantes reste son port d'attache et, outre "Libé",
il collabore à L'Express pour les pages culturelles et les
enquêtes de société. Il est également correspondant
du bi-mensuel Bretagne Magazine, de Croisières Magazine,
de Notre Temps et de Micro Hebdo. Nicolas participe aussi
à La Lettre à Lulu. Journal satirique, c'est le Canard
Enchaîné pour la Loire-Atlantique et la Vendée.
A raison de six à sept parutions par an, tiré à 2.500
exemplaires, tous vendus, photocopiés, demandés, arrachés,
c'est un travail d'équipe encourageant, mais un travail bénévole.
Pigiste : statut précaire,
difficile à vivre
Nicolas est souvent indigné par les contradictions
entre la démarche d'investigation demandée et le traitement
du résultat. "Le temps étant de l'argent", le jeune pigiste,
dernière roue de la charrette, n'est pas payé pour le travail
qui lui est demandé, mais en fonction des besoins de la rédaction.
Peu importe si son article est coupé, tronqué, il n'a pas
à protester. Il doit subir les aléas des décisions
d'un ou de plusieurs chefs de service. Notre ami compare le pigiste à
un artisan à qui il est commandé une armoire sur mesures
aux dimensions bien précises, pour une maison particulière.
Si l'armoire reste finalement dans le garage du client, ce dernier décide
de ne pas la payer. Pourtant, c'est un article unique qui ne peut être
vendu ailleurs. Telle est la situation actuelle du pigiste dont il est
nécessaire de dénoncer haut et fort les grosses difficultés.
Nos adhérents publient
:
Notre ami Loïc Faujour, auteur du logo de
l'association, dessinateur notamment à l'Huma-Hebdo, vient
de publier un recueil de dessins, "Restons digne" chez Bicro Editions.
Jean Guisnel, publie "Libération, la biographie"
(Ed. La Découverte), sur le quotidien parisien dont il fut longtemps
le correspondant en Bretagne (notamment sous le pseudonyme de Yann Kermor)
avant de spécialiser pour ce journal dans la défense, puis
de devenir reporter au
Point.
Après 10 ans d'enquête, Roger Faligot
publie - avec Pascal Krop, ex-rédacteur en chef de l'Evénement
du Jeudi -, "DST police secrète" (Flammarion).. Dans cette
histoire qui couvre un siècle, de l'Affaire Dreyfus (1899) à
la Coupe du monde de football, un chapitre détonnant concerne les
opérations spéciales en Bretagne.
Stéphane Quéré vient de publier,
avec l'universitaire Xavier Raufer, une étude sur le milieu des
machines à sous clandestines. Les deux auteurs relèvent la
recrudescence de la violence due à la progression des "bandits manchots"
et notamment 48 assassinats. Cette étude est publiée par
le Centre universitaire et juridique de recherche sur les menaces criminelles
contemporaines (MCC, 12 Place du Panthéon, 75005, Paris).
LULU EN PROCES
Créé en 1995, satirique nantais La Lettre
à Lulu écope de ses premiers procès en diffamation.
Une assignation classique pour SDP, une entreprise de distribution de journaux
gratuits, du groupe Spir Communication, filiale d'Ouest-France,
qui s'estime diffamée pour avoir été qualifiée
d'"esclavagiste". Audience le 23 novembre au TGI de Nantes.
La seconde affaire est plus musclée de la part
de la justice. Un expert judiciaire mis en cause par des victimes de fissures
dans leur pavillon, a déchaîné une procédure
anormale en matière de diffamation : ses victimes qui ont tuyauté
Lulu ont subi en août de sérieuses perquisitions à
leur domicile, saisies de documents, longues auditions à la gendarmerie,
avec des insinuations des gendarmes pour les désolidariser de l'article
traitant de leurs ennuis avec l'expert, qui se trouve être le frère
d'un premier président à la Cour d'Appel d'Angers. Et au
lieu d'une assignation pour diffamation, procédure classique, c'est
une mise en examen du directeur de publication, Eric Chalmel qui est tombée
et du journaliste présumé, Philippe Dossier, qui a argué
de l'article 109 du code de procédure pénale pour ne faire
aucun commentaire sur ses sources.
CARNET
Pascale Lemonnier a donné naissance à
une adorable petite Clara, le 2 août dernier. La frangine, Marie,
est paraît-il aux anges. Bon vent à Clara !
Clarisse Lucas a été nommée
chef de la rédaction de l'AFP-Bretagne. Toutes nos félicitations
!
Notre ami Philippe Dossal, de Nantes, anime désormais
l'édition Ouest du quotidien La Tribune.
NOUVEAUX ADHERENTS
Bienvenue à Jacques Herrou qui s'occupe
d'un webzine dont l'ambition est de couvrir l'actualité du Trégor.
http ://Tregor.net
Dirk Basyn, journaliste à Oise Hebdo.
HUMEUR
Les incertitudes de la spéculation
Par spéculation il faut entendre, pour nous indépendants
ou petites agences, le choix de partir en reportage sans certitude de diffusion.
La réalité est aujourd'hui souvent proche de la caricature.
Première phase, trouver un sujet original, l'étudier,
déterminer un axe. A moins qu'il ne soit hyper-pointu ou qu'il ne
prépare un "scoop", peu de chance d'obtenir le pré-accord
d'un média Donc, deuxième phase de la spéculation
la réalisation. A moins de moyens importants, il vaut mieux donc
travailler dans un secteur géographique proche (because les frais
de déplacements, techniquesetc.). Frais, un terme pratiquement honni
de la plupart des rédactions ! La sacoche bourrée de pellicules,
les boîtiers briqués, le magnétophone dans la poche,
le reporter attaque la troisième phase. Elle est peut être
agréable, désagréable (il y a des sujets ronchons,
des sympas, des trucs où il ne faut pas craindre le vertige, d'autre
le fond de l'eau, la chute libre, les serpentsmais c'est notre boulot et
on l'adore). Bref, le spécialiste sait où il met les pieds
et il passe à l'action. Clic-clac, photos, interviews, mix et remix,
développement des dias, facture (waoouh !), tri (m !) , sélection
(je tente ou pas ?). Coups de fils (nombreux et coûteux) aux agences,
magazines et journaux divers. Dures, les agences, elles ont leurs " staffs
". Un magazine : " On ne prend plus de piges depuis l'année dernière".
Un autre : " Il faudrait nous présenter le sujet au printemps
2000 ". " Vous le prendrez ? " " On verra à ce moment-là
". Persévérance. Coup de chance enfin : un rendez-vous !
200 km en voiture (200F), un rédac' chef sympa, il prend le sujet
:
Lui : " Promis on te le passe. "
Vous " Dans le prochain ? "
Lui " Oh ben non. Dans les six ou huit mois. On te
tient au courant. "
Vous : " Je serai payé quand ? "
Lui : " Après la publication. "
Vous : " C'est rapide. "
Ce n'est pas demain que l'on va faire la " couv " d'un
grand magazine, mais c'est déjà ça de gagné
: pas de perte sèche. Problème, retrouver vite un autre sujet
original, le réaliser en spéculation totale et espérer
qu'un jour Tiens, le courrier ! Chouette un chèque sympa pour un
reportage paru dans un magazine égyptien en février 1998
! Certifié conforme le 11 septembre 1999. Et on adore ce boulot.
Bulletin d'adhésion
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