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Bulletin de l'association des journalistes
bretons et des pays celtiques
N° 19 - Février 1999
France 3 Ouest : la Télé web Retenez bien ce sigle : ADSL (Assymetric digital subscriber line). C'est un nouveau service expérimenté à Rennes par 500 abonnés. Mais déjà 300 villes allemandes et plusieurs états américains ont développé cette technologie, qui est en fait un " turbo internet ". La transmission de données se fait cent fois plus vite que par modem, par le biais de lignes téléphoniques normales. Le résultat, vous le trouvez en permanence sur votre écran : les journaux de France 3 ouest sont défragmentés et proposés sur une page d'accueil sujet par sujet. Deux journalistes ont été recrutés pour un an, durée de l'expérimentation. Grâce à France Télécom, 500 privilégiés rennais peuvent ainsi, voir et revoir les sujets du journal régional, les éditions locales Iroise et Haute Bretagne, l'édition en langue bretonne An Taol Lagad. Avec le sujet en image et en son (dans une qualité proche d'une télé normale), ils trouvent quelques informations supplémentaires et l'adresse électronique du journaliste ou des journalistes qui ont signé le sujet. Cette expérience sur la télé peut également se faire avec la radio, les articles de journaux, la météo. On va donc vers un service à la carte, déjà initié par certains titres de la presse écrite. A terme, la technologie de l'ADSL, va permettre d'offrir une multitude de services en ligne pour les abonnés. La principale innovation est de rendre disponible à toute heure, les informations locales, régionales, nationales quel que soit le support. Pour les journalistes, c'est une responsabilisation encore plus grande face à ses lecteurs ou ses auditeurs. La réaction et le dialogue peuvent s'installer dès la mise en ligne du sujet. Bien entendu, les problèmes de droits d'auteur sont une nouvelle fois posés. Renseignements : http//altern.org/adsl/ EDITO L'Assemblée générale semble avoir tonifié l'association. Des activités diverses voient le jour. Un dîner à Brest a permis de nous retrouver entre nord-finistériens, de telles rencontres se préparent à Saint-Brieuc, Lorient, Nantes et Paris... Le 17 avril prochain, notre Association organisera au Roi de Bretagne de Quimper, sur proposition de son directeur Michel Pensec, une journée de vente-signature des ouvrages publiés par nos membres. On peut prendre contact avec Renaud Marhic pour lui signaler si vous y participez, et quelle est votre bibliographie qu'il est évidemment possible d'obtenir auprès des éditeurs : tel. : 0298804198 ou e-mail : André Gouillou, un ami qui fut naguère le responsable des événements culturels de la FNAC - et l'auteur de "Book Business" - a amicalement accepté d'user de ses talents pour nous aider à faire de cette initiative un "Evénement". Nous comptons donc sur votre présence nombreuse, car c'est une autre des spécificités de notre Association que d'avoir de nombreux auteurs de bouquins dans ses rangs. Et je crois qu'à l'avenir, sur papier ou en virtuel, de plus en plus les journalistes alterneront ainsi les modes d'expression. Il est bon qu'un public nombreux, en nous rencontrant, le découvre aussi. Roger Faligot
Former des journalistes vietnamiens : ça marche ! Une mission de neuf mois au Vietnam pour former des journalistes, de septembre 1997 à juin 1998. Franck Renaud, parti avec l’association " Ouest-Fraternité " (1) tire quelques leçons de cette expérience. Et évoque ses prolongements. Le projet : Il s’agissait, dans un premier temps, d’apporter un soutien à l’unique quotidien francophone du pays, Le Courrier du Vietnam. Un soutien sollicité par le journal. J’ai donc posé mes valises dans la rédaction en septembre 1997. Mon travail s’est découpé en trois tranches. D’abord, présenter un produit correct alors que le Sommet de la Francophonie de novembre 1997 (premier rendez-vous international au Vietnam depuis la fin de la guerre) approchait. J’ai donc travaillé en individuel avec chaque journaliste : quelles informations retenir, écrire un chapo, faire un titre, une attaque, une chute... Deuxième temps, des " cours " par petits groupes associant la théorie (un peu) et la pratique (beaucoup), à partir d’exemples (mauvais) tirés du Courrier du Vietnam. Comment avec une phrase de vingt lignes tenter d’en écrire plusieurs... Enfin, et ce fut le plus difficile à réaliser, emmener les collègues vietnamiens sur le terrain. Car Le Courrier présente quelques particularités, dont celle-ci : le journal est surtout constitué de traductions et adaptations d’articles parus dans la presse vietnamienne et de dépêches de l’Agence vietnamienne d’information, l’AVI, éditrice du quotidien. La coupe du Monde approchant et la passion du pays pour les choses footbalistiques étant ce qu’elle est, j’ai réussi à envoyer quelques journalistes sur le terrain pour des reportages autour du Vietnam et de la folie du ballon rond. Certains y ont pris goût. L’évolution du projet : Un des organismes financeurs du Courrier propose chaque année d’envoyer deux journalistes en stage de longue durée en France, avec un passage à l’ESJ-Lille et dans un centre linguistique. En août et septembre, une jeune journaliste à été accueillie à la rédaction nantaise de Ouest-France. Plongée dans le bain, autonome, elle est rapidement passée de l’aimable visite de Nantes en carriole à la manifestation des sans-papiers. Un stage profitable pour elle. Tant et si bien que depuis son retour au Vietnam, elle honore régulièrement son rédacteur-en-chef de discussions serrées, très serrées ! L’objectif, avant même de partir pour Hanoi, était aussi d’aller au delà de l’aide au seul Courrier. Car, il ne faut pas se leurrer, si la francophonie sait donner l’impression d’une forte expansion au Vietnam, elle reste très marginale. Avec notre partenaire, l’ESJ-Lille, nous avions donc souhaité participer à leur programme de formation au sein de l’Association des journalistes vietnamiens (AJV), organisme chargé de la formation continue des professionnels. J’ai donc participé à l’animation de deux stages à l’AJV. J’ai pu vérifier le professionnalisme et la qualité de nos confrères vietnamiens. Ils ne demandent qu’une chose : travailler selon des normes professionnelles et confronter leurs connaissances à celles de confrères étrangers. L’avenir du projet : En juillet dernier, je suis rentré le coeur serré en France. J’ai retrouvé mon poste de fait-diversier à Ouest-France Nantes, avec l’impression de débarquer sur une planète inconnue. L’association a décidé de poursuivre son action au Vietnam. Nous recherchons donc des fonds auprès d’institutions (commission européenne, Agence de la francophonie...) toujours promptes à vous féliciter sur la qualité et l’originalité d’un projet, mais plus réticentes lorsqu’il s’agit de sortir un peu d’argent. Deux nouveaux journalistes vietnamiens devraient venir en stage à Ouest-France. Je pars en avril-mai à Hanoi pour animer deux stages à l’AJV, autour du thème " presse régionale, presse de proximité ". Et Ouest-France devrait renvoyer un permanent au Vietnam à partir de septembre, pour continuer l’action. Une presse qui marche : Juste quelques données sur la presse au Vietnam. Environ 500 journaux et magazines sont publiés ! Le journal le plus vendu, avec 500 000 exemplaires s’appelle " Sécurité internationale " (An ninh the gioi) et traite de grands faits divers. Les quotidiens sont aujourd’hui dans une logique commerciale et informative. On débauche les bons journalistes, on les recrute sur concours, on met en place des services commerciaux, on réfléchit à son développement... La presse vietnamienne a changé. Franck Renaud (1) Ouest-Fraternité est une association qui regroupe des salariés et retraités du journal Ouest-France. LES GRANDES OREILLES Le Télégramme du Dimanche continue, Dimanche Ouest France aussi ! Plusieurs confrères - membres de l'association ou non - du Télégramme n'ont pas tardé à nous faire savoir que le Télégramme du Dimanche continue. Ce dont nous nous réjouissons. La décision a été prise début décembre, d'autant que les chiffres, aux alentours de 80 000 exemplaires vendus, sont considérés comme bons, comparables proportionnellement à ceux du Dimanche Ouest-France. Une trentaine de postes de journalistes sont d'ailleurs confirmés dans le groupe, mais il est vrai pas tous affectés au TBD. De même à Ouest France, dont l’édition dominicale atteint 250 000 exemplaires, certains journalistes semblent s’inquiéter que l’embauche de collègues pour le DOF n’allège pas leur charge de travail. Le pari de l’info Le 12/13 Ouest de France 3 diffusé du lundi au vendredi entre 12h50 et 13h15 sur la Bretagne et les Pays-de-la-Loire confirme son implantation auprès des téléspectateurs. La dernière vague d'audience pour sept/déc. 98 indique une moyenne de 12% d'audience, soit en moyenne 250.000 téléspectateurs par jour, avec des pointes à 350.000. Ce qui place la région Ouest en tête des régions France 3 en nombre de téléspectateurs. Ce, face aux institutions que sont les "13 heures". En un an d'existence, l'audience du 12/13 Ouest a été multipliée par 2. Le pari de France 3 Ouest de jouer la carte info à la mi-journée semble judicieux. Affaire Seznec Suite au reportage de Roger Faligot dans Dimanche Ouest-France du 1er novembre 1998, les avocats de Denis Seznec ont envoyé l’article au Garde des Sceaux, Elizabeth Guigou, pour qu'elle engage une requête en révision. On peut trouver l'article en question dans la partie archives du site de Reporter Breton et le texte intégral de la requête sur le site de l'Association France-Justice : http://www.mygale.org/~fjustice/ "Regards sur la presse" La 2 ème édition se déroule à Lorient du 8 février au 31 mars. Beaucoup de choses au programme, notamment une journée d'études consacrée au fait divers le 4 mars de 10h à 17h, au grand amphithéatre de l'Université de Bretagne sud. Contact : Médiathèque de Lorient 02 97 64 10 11. Publications Mensuel breton trilingue Pour sa 150ème parution, le mensuel de la recherche et de l'innovation en Bretagne, intitulé Réseau, comporte des résumés en breton. Le thème s'y prête : il s'agit de "la science au service du patrimoine"... Un site Web présente le magazine en ligne. L'équipe nantaise de La Lettre à Lulu a encore frappé. Dans le dernier numéro, une enquête gratinée sur L'histoire de la Bretagne, un manuel distribué à nos bambins dans les écoles du Finistère. Egalement dans les tuyaux : un dossier assez complet sur l'état de l'empire Ouest-France. Histoire de la Dépêche : " À la fin de l'envoi, je touche!" Jean-Pierre Coudurier publie ce mois-ci une histoire de la Dépêche, ancêtre du Télégramme de Brest. Un livre bourré de révélations qui est attendu avec impatience. Parmi les scoops que nous pouvons déflorer, en voici un digne des romans de cape et d'épée : jusqu'en 1930, un maître d'armes était attaché à la rédaction-en-chef de Brest de façon à entraîner les rédacteurs afin qu'ils puissent se battre en duel, en cas de défis de lecteurs qui estimaient leur honneur bafoué par un article. Lancement officiel le 1er mars (à la librairie Dialogues Forum Roull, Brest, 17h) d'une nouvelle revue en Bretagne : noir/blanc. A sa tête, Jean-Yves Le Disez , Andrew Lincoln, Mary-Ann Constantine, Alain Kervern , Roland Michon et Jo Rio. Noir/blanc sera tiré à 500 exemplaires, 4 fois par an. Prix : 70F (96 pages) (Abonnement 1 an, 220 F, Noir/Blanc BP 29470 Plougastel-Daoulas).. La revue est parrainée par l'écrivain gallois Ned Thomas, fondateur de la revue Planet. Elle est soutenue par l'Institut Culturel de Bretagne et la DRAC. L'Association souhaite bon vent à cette initiative qui ne manque pas d'ambition. Livres en stock Yves Loisel a réalisé une remarquable biographie de l'écrivain Louis Guilloux (Coop Breizh) qui parait au moment du centenaire de sa naissance. Applaudi par la critique, cet ouvrage constitue un pendant très attendu à la biographie publiée par notre confrère du Télégramme de Brest, voici dix ans, de Xavier Grall (Ed.Picollec) Roger Faligot publie une troisième édition, totalement remaniée de La Résistance irlandaise (Terre de Brume), puisqu'elle nous plonge dans les arcanes des négociations de paix de 1992 à 1998 (service de Presse à Terre de Brume : tel. 02 99 87 03 22). Nouvel adhérent Bienvenue à notre confrère Saint Sétiers, d’origines écossaise et bretonne, retraité, ancien grand reporter au Dauphiné Libéré. La Cour européenne favorable au Canard La décision de la Cour européenne des droits de l'homme concernant le Canard Enchainé a marqué un coup d'arrêt à la descente aux enfers des journalistes d'enquête. Pour avoir publié la fiche de salaire de Jacques Calvet, les journalistes du Canard se trouvaient devant une sombre alternative : ou bien être condamnés en diffamation pour ne pas avoir produit de preuve des faits qu'ils signalaient (à savoir que le P-DG de Peugeot s'était octroyé une somptueuse rallonge salariale) ou présenter un document qui leur valait d'être condamné pour "recel de document administratif". La Cour de Strasbourg en a décidé autrement, et l'on ne peut que s'en réjouir. La défense des droits d'auteur Un article, une émission, un reportage sont dans la plupart des cas assimilables à des œuvres de création au même titre que les fictions. Les journalistes sont donc concernés par la reconnaissance et l'application des droits prévus par la législation française. Voici donc quelques informations à travers l'un des organismes habilités à gérer les droits d'auteur : la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia). Définition Toute œuvre est réputée créée du seul fait que son auteur l'a conçue et réalisée. Sauf preuve du contraire, la qualité d'auteur appartient à celui dont le nom signe l'œuvre divulguée. La loi sur la propriété littéraire et artistique (loi du 11 mars 1957 + modifications ultérieures) stipule, en son article 1, que l'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre du seul fait de sa création, d'un droit de propriété exclusif et opposable à tous. Il faut différencier deux catégories de droits : Les droits moraux. Ils sont perpétuels, inaliénables et imprescriptibles. Les droits patrimoniaux. L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter ou de faire exploiter son œuvre et d'en obtenir une rémunération. Au delà de 70 ans après le décès de l’auteur, l'œuvre est dite "dans le domaine public". Dans le cas où plusieurs personnes ont pris part à la réalisation (exemple pour une reportage TV : rédacteur et JRI), chaque coauteur peut exploiter l'œuvre séparément. Le journaliste est-il un auteur à part entière ? Oui. L'éditeur ou le titre du journal peut-il lui opposer un droit différent ? A priori non. La loi est explicite : c'est l'auteur qui délivre son autorisation de publication à son éditeur et non l'inverse. Reste qu'effectivement depuis peu, les nouvelles technologies Internet avec les ouvertures de sites par les journaux ont contribué à brouiller les cartes. Gérard-Louis Gautier, Bruno Gilbert Suite (comment faire respecter ses droits ?) le mois prochain Alloc’ ou abattement : faites votre choix Pour déclarer leurs revenus 98, les journalistes ont deux possibilités : - s’appuyer sur l’abattement fiscal. Mais attention : le plafond passe de 50 000 francs à 30 000 francs. Il baissera encore chaque année pour devenir nul en 2001. - la deuxième solution, plus avantageuse pour les petits revenus, s’appelle " allocation pour frais d’emploi ". Elle représente 50 000 francs déductibles quel que soit le montant des revenus. Concrètement, pour votre prochaine déclaration, vous faites la soustraction suivante : revenus 98 - 50 000 F = X. Vous reportez ce résultat X sur la ligne AJ de la déclaration. Vous ne portez plus l’indication 30% dans la colonne des abattements forfaitaires. Dans le bas de la feuille ou sur une feuille volante, vous recopiez soigneusement ce qui suit : " Mon employeur a déclaré au titre de mes revenus imposables 98 la somme de ... F. En tant que journaliste professionnel (carte de presse n°XX), je bénéficie de la nouvelle allocation pour frais d’emploi des journalistes, conformément à l’article 22 de la loi de finances rectificative de 1998, applicable dès cette année sur les revenus de 1998. Je déclare donc la totalité de mes revenus moins 50 000F soit : X ". Presse Océan/Ouest France " rapprochement " en vue
Déjà grand consommateur d’hebdos, le groupe Ouest-France s’apprête à manger Presse Océan. Officiellement, il n’est question que d’un accord de coopération. On parle d’une mise en commun des moyens d’impression et de distribution ainsi que d’une fusion entre les régies publicitaires. Mais la bonne entente va-t-elle s’arrêter là ? L'inquiétude est vive chez les journalistes de Presse Océan. "Notre région demeure l'une des dernières en France où vivent plusieurs quotidiens, offrant un véritable choix. Toutes les sensibilités locales, sociales, politiques et culturelles en perçoivent l'importance. Cette diversité est porteuse de liberté. Nous entendons la défendre", écrivaient-ils dans leurs colonnes, en janvier. Presse Océan est confronté à de graves difficultés financières dues à l’érosion de ses ventes. Les pigistes du groupe Hersant dans l'ouest (Presse-Océan, Courrier de l'Ouest et Maine Libre) feraient les frais des premières coupes sombres : ils ont été avisés qu'à partir du 1er décembre dernier, la reprise de leurs papiers dans un autre titre n'est plus rémunérée. Ce qui est contraire à tous les usages et conventions collectives des journalistes (les droits pour toute reproduction après première publication ne s'éteignent que 50 ans après le décès de l'auteur). La suite risque d’être plus radicale : une réduction d'effectifs significative parmi les 280 salariés de Presse Océan, car Ouest France n’entend sûrement pas avaler un canard boiteux. Pour l’heure, la direction du groupe rennais se veut rassurante. Mais les discussions vont bon train... Un nouveau cap pour Le Chasse Marée/ArMen Pour célébrer son numéro 100, ArMen propose un sommaire exceptionnel dans lequel journalistes, historiens, sociologues et artistes livrent leur vision de la Bretagne de demain. Lancée en 1986, la revue compte aujourd'hui 9 200 abonnés auxquels s'ajoutent 4 200 ventes au numéro en moyenne. Elle reste loin derrière son homologue le Chasse Marée qui tire à 25 000 exemplaires environ. Depuis plusieurs mois, ArMen doit affronter une double concurrence avec les "magazines de territoire" Pays de Bretagne et Bretagne Magazine. Une concurrence qui ne serait pas sans conséquence sur les chiffres de vente. Le lancement d’une version anglaise du Chasse Marée arrive donc à point nommé. Le numéro 2 de Maritime sortira début mars en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Le premier numéro sorti en août laisse présager un "bon coup", car si les Anglo-saxons montrent un fort intérêt pour la conservation du patrimoine maritime, ils n'ont pas accès à des publications comparables au Chasse-Marée. La SCOP douarneniste table sur 30 000 exemplaires, un développement en Europe du Nord et en Australie. Les articles ne seront pas de simples traductions mais des articles originaux écrits par des correspondants dans les pays concernés. La commercialisation s'effectuera par le biais de distributeurs implantés dans les différents pays, parfois en collaboration avec d'autres revues comme c'est la cas aux Etats-Unis avec Wooden Boat. L'enjeu de cette "internationalisation" est important. Pour soutenir ArMen mais aussi pour redonner un souffle au Chasse Marée qui a atteint aujourd'hui son potentiel maximal. Mourir à cinquante ans Maurice Najman qui vient de nous quitter à cinquante ans, était le type même du journaliste si bien engagé qu'il se trouvait toujours au bon endroit au bon moment. Lors du putsch contre Allende au Chili à la Chute du Mur de Berlin. Echevelé, se réfugiant parfois dans les paradis artificiels, c'était - depuis 1968 - un agitateur d'idées et il avait gardé son esprit frondeur et tonifiant. Je me souviens l'avoir rencontré à Dublin, dans les années soixante-dix, lors d'un Congrès du Sinn Féin et il m'avait toujours tenu aux courant de ses activités, par exemple lorsqu'il rédigea les mémoires de Markus Wolf, le maitre-espion est-allemand qui avait appris le breton à Bréhat ! Jusqu'au bout, toujours sur la brêche avec un nouveau livre, toujours un reportage époustouflant en vue, toujours un film en chantier depuis "Mourir à trente ans" de Romain Goupil. Salut Maurice ! R.F.
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