REPORTER BRETON
 

Bulletin de l'association des journalistes bretons et des pays celtiques
Kannadig Kazetennerien Breizh hag ar Broioù Keltiek

N°17 - Novembre 1998

Edito
 
 


Le droit d'auteur des journalistes


 






Les nouveaux média - et singulièrement internet - ont impulsé un débat qui me semble important : les journalistes - comme les écrivains ou les musiciens - doivent-ils bénéficier d'un droit d'auteur spécifique à leur production intellectuelle notamment pour la reprographie, le prêt public, la mise en forme numérique ? Et doit-on faire valoir ce droit cas par cas dans les entreprises de presse ou dans le cadre d'accords généraux ? En Belgique, nos confrères du quotidien Le Soir, viennent de répondre en faisant fonctionner une gestion interne de leurs droits avec un représentant au conseil d'administration du journal.

La Scam (Société Civile des Auteurs Multimédia) s'est penchée sur le problème avec les syndicats de journalistes et s'est déclarée dès à présent, prête à "gérer les droits d'auteurs de journalistes générés par l'exploitation de leurs ?uvres sur les nouveaux réseaux". Tout ceci suppose une réflexion sérieuse sur l'articulation entre code du travail, code de la propriété intellectuelle et conventions collectives (incluant aussi les pigistes et indépendants). Notre assemblée générale du 12 décembre à Rennes sera l'occasion d'aborder cette question parmi d'autres, et je pense que la constitution d'un groupe de travail, en liaison avec la SCAM, se penchant sur cette question, serait de bon augure... Soyons donc nombreux le 12 à Rennes !
 
 
 

Roger Faligot

 
 
 
 

Assemblée Générale le 12 décembre, à Rennes


 






Après Nantes l?année dernière, notre association a choisi Rennes pour tenir son assemblée générale. Nos confrères du Club de la Presse ont la gentillesse de nous ouvrir leur porte. Ce rendez-vous est toujours un moment important pour la vie de l?association. On y débat des grandes orientations, des actions à entreprendre, des sujets qui nous tiennent à coeur. C?est aussi un moment privilégié pour se retrouver en toute convivialité et prendre le temps de discuter. Cette année, deux débats sont inclus au programme : 

11 heures : accueil, suivi d?une discussion sur l?internet : quels bouleversements pour la profession? Le respect des droits d?auteur, le site de l?association, etc.; 12 heures : pot de l?amitié en présence de Monsieur Hervé ou son représentant 13 heures : déjeuner ; 14h30 : assemblée générale ; Vers 16 heures : Franck Renaud nous parlera de sa mission au Viêt-nam : il a prêté son concours, pendant un an, au développement de la presse francophone et à la formation des confrères du Courrier du Viêt-nam. Le débat s?ouvrira plus largement sur le soutien que notre association peut apporter aux confrères empêchés d?exercer correctement leur métier. Merci de confirmer votre présence au 02 98 07 14 78 / fax : 02 98 07 10 46 ; e-mail : faligot@calva.net.
 
 

Hommage aux Poilus bretons

Depuis vingt-deux ans, Roger Laouénan plonge dans les souvenirs de la Grande Guerre pour nous en faire comprendre la cruelle réalité. Son quatrième ouvrage se distingue des précédents dans la mesure où il restitue des témoignages "bruts" de Bretons partis au front. Des témoignages inédits pour la plupart. A travers des extraits de leurs correspondances, de leurs souvenirs consignés sur des carnets ou des cahiers, Roger Laouénan nous fait partager le vécu intime et vrai des acteurs de cette tragédie.

"Plus le temps passe, plus il est nécessaire de revenir à la base des documents pour ne pas altérer la réalité, dit-il. Si, ce livre refermé, mon lecteur parvient à mieux situer le poilu des tranchées dans sa véritable dimension d?homme sacrifié, à entrevoir le niveau de souffrances indicibles supportées dans cet enfer et, partant, à se sentir en devoir de mémoire, ?aurai atteint mon objectif".
 
 

Nous les Poilus

de Roger Laouénan

Editions Coop Breizh, Spézet.

130 F.
 
 


Le projet de télévision bretonne


 






Le vendredi 23 octobre restera sans doute une date clé de l'histoire de la télévision en Bretagne. Trente-quatre ans après l'ouverture d'une première fenêtre régionale par le service public, voici enfin l'émergence d'une télévision régionale privée de plein exercice. Il n'y a qu'en Bretagne qu'une initiative de ce genre peut marcher, a d'emblée signifié Patrick Le Lay, P.D.-G. de TF1. Le projet baptisé provisoirement TV Breizh, s'adresse aux 5 millions de Bretons, aux quatre millions de compatriotes de la diaspora, et à tous les amoureux de la Bretagne, de la mer et des pays celtiques. Nulle autre région de France ne présente de tels atouts.

Soit la population est trop faible (Pays Basque, Catalogne, Corse, Flandres), soit le sentiment identitaire est trop dilué (Pays Occitans), soit la concurrence est trop forte (plus d'une trentaine de chaînes transfrontalières captées en Alsace).
 
 


Une télévision bretonne, bilingue, celtique, maritime


 






Cette télé diffusée par l'intermédiaire du bouquet TPS, couvrira l'ensemble de l'Europe Occidentale. Ce ne sera pas une chaîne de ghetto, elle puisera ses programmes dans les télés régionales de l' Union Européenne, mais aussi aux Etats-Unis. Par une forte thématique " mer ", la chaîne espère capter l'attention des amoureux de la Bretagne.La technologie numérique va permettre de choisir sa langue. Point de sous-titrage, mais du doublage, notamment pour les fictions et les programmes jeunesse. Les francophones trouveront donc des programmes dans leur langue, y compris des programmes bretons traduits, les bretonophones se verront offrir quasiment le même service.

La grille modèle d'un mardi est présentée ainsi :

16h -17h : cours de breton pour débutants et confirmés

17h -18h : programmes enfants

18h -19h : émission musicale

19h -20h : invités (acteurs de la vie économiques et politiques) et un invité culturel

20h -21h30 : film, téléfilm, grand magazine

21h30-22h : documentaires

A chaque heure : un bulletin d'info (en alternance breton et français).
 
 


Un projet séduisant


 






A moins d'un improbable jet d'éponge de Patrick Le Lay, le projet TV Breizh verra le jour. Le P.D.G. de TF1, né à St Brieuc, de parents bigoudens, veut cette télé ; le chef d'entreprise voit là un espace à conquérir, pour son groupe, le plus puissant d'Europe. Cette création va permettre une embauche conséquente, sur laquelle on aurait tort de faire la fine bouche.

La principale conséquence va être une redistribution des cartes en Bretagne. Le Lay ne fait pas mystère de son intention de s'allier à la presse écrite, et de travailler en réseau avec TF1, LCI, Eurosport. Cela devrait doper la production indépendante, même si le Lay a refroidi les ambitions des producteurs présents dans la salle. L'essentiel sera fait maison.

Enfin, la concurrence privée devrait provoquer une réaction de France 3, qui a d'ailleurs déjà commencé avec deux nouveaux magazines hebdomadaires depuis la rentrée. 

Toute cette émulation ne peut être que bénéfique, et conduire la France à combler son retard en matière de TV régionale, et de télé en langues minorisées.
 
 


Ne rêvons pas trop !


 






Plusieurs fois lors de cette présentation Patrick Le Lay a rappelé que ce projet n'était qu'une ébauche, qu?il sera affiné à la lumière des impératifs financiers : un budget de 100 millions de francs, c'est environ

300 000 francs par jour. La retransmission d'un match de Guingamp coûte actuellement 250 000 francs.

La télé coûte très cher, et ceux qui raillent les chaînes diffusant Dallas doublé en catalan ou en basque doivent savoir qu'une télé régionale n'a pas les moyens de faire autrement. Et qu?elles soient publiques ou privés, les émissions " parlotes ", et les sit-com de type gallois ont de beaux jours devant eux.

Le risque est bien sûr de voir sacrifier rapidement le " plus " qu'offre ce projet, c'est à dire la fabrication ou le doublage de programmes en breton. La tentation sera forte de réduire ce poste budgétaire conséquent. Le Lay-PDG, réussira à imposer sa télé bretonne à son groupe, Le Lay-le-Breton créera sa télé partiellement bilingue. Mais la loi du marché tranchera, et Le Lay n'est pas éternel?

En attendant, ce projet arrive à point nommé pour secouer l'immobilisme des médias bretons en matière de langue régionale.
 
 
 

La Rédaction

 
 
 

Les caractéristiques du projet

Nom de code : TV Breizh
Diffusion : Satellite, câble, numérique, hertzien
Cible : 250 à 300 000 abonnés
Emissions : 6 heures par jour avec rediffusions
Abonnement : entre 50 et 100 francs par mois
Coût : 100 millions de francs par an
Rentabilité : 4 ans, soit un investissement global de 400 MF
Localisation : une ville carrefour de Bretagne Sud (probablement Lorient)
Personnel : de 80 à 100 personnes
Calendrier :

février 99 : fin des études de rentabilité et de faisabilité

septembre 99 : emménagement

janvier 2000 ? : première émission

Les réactions... Les réactions... Les réactions... Les réactions... Les réactions...

L?Union Démocratique Bretonne accueille le projet présenté par Patrick Le Lay " avec intérêt et sans préjugés ". L?UDB estime qu?une chaîne bretonne " doit remplir quatre missions spécifiques : valoriser les réalisations bretonnes auprès des Bretons eux-mêmes, les valoriser à l?extérieur, porter un regard breton sur le reste du monde et contribuer activement à la diffusion de la langue bretonne ". A ces conditions elle peut être un moyen de " débloquer la situation tant sur le plan politico-administratif qu?économique ".

Présent à Locarn, Jean-Yves Cozan donnait son impression quelques jours plus tard dans les colonnes de Ouest-France : " Ce projet, non seulement j?y crois, mais je souhaite vivement qu?il réussisse ". Est-ce un bon projet ? " Oui, parce que malheureusement il n?y a pas moyen d?en avoir un autre. Le jacobinisme est tel qu?à droite comme à gauche on ne veut pas d?une vraie décentralisation culturelle. Il est scandaleux que le service public n?ouvre pas davantage sa lucarne (...) Notre rôle (au Conseil Régional, NDLR) n?est pas de nous associer au projet. En revanche, la Région sera à sa place en aidant la production audiovisuelle bretonne ".

Du côté de France 3, on ne semble pas s?affoler. Interrogé lors d?un récent passage à Nantes, Philippe Levrier, le directeur général de la chaîne, l?a jugé " stimulant ". Le directeur de France 3 Ouest, Jimmy Jonquard, a défendu le bilan de son antenne en ces termes, rapportés par Le Monde : "Nous diffusons 20% de nos programmes régionaux en breton. Qui dit mieux ? On peut certes nous accuser de ne pas en faire assez, mais nous sommes une chaîne généraliste et on estime qu?il y a 250 000 personnes seulement parlant breton. Avant de juger que le service public est en retard sur ce terrain, j?attends que Ouest-France ou Le Télégramme de Brest aient des informations et des publicités en breton ".

Enfin, le quotidien catalan Avui consacrait le 14 novembre dernier un article au projet. " Le service public est confronté à une concurrence annoncée sur le terrain des langues minoritaires. Espérons que cela le fera réagir. Les projets bretons obligeront France 3 en Bretagne à faire un peu de " gesticulation " en début d?année prochaine (...) Le problème est celui de sa capacité à répondre à la demande après des années d?indifférence et de non concurrence. Le retard français est une évidence, et les entraves artificielles au développement des télévisions en catalan, breton, basque, corse et autres langues sont ressenties comme des réticences idéologiques et politiques d?une autre époque ".
 
 


Presse et violence


 






En septembre dernier s'est tenu au Centre National d'Etude des Télécommunications de Lannion (CNET) le XVème congrès de l'Association Internationale des Journalistes Professionnelles Féminines (AIJPF). Réunissant une cinquantaine de femmes journalistes venues d'une dizaine de pays (Israël, Canada, Inde, etc.), cette rencontre avait pour thème " la presse face à la violence ". Du 7 au 14 septembre se sont succédés des exposés tels La presse face à la violence ouverte : guerre et délinquance dans les villes, ou La violence cachée : l'oppression et le mépris des droits par les pouvoirs, mais aussi La violence faite à l'esprit : les sectes et la manipulation mentale. Ce dernier sujet était présenté par des spécialistes de la question comme le député Jean-Pierre Brard, le juge Fenech, ou Janine Tavernier (présidente de l'UNADFI). Egalement présent, l'auteur de ces lignes a apporté à l'AIJPF le salut confraternel de notre association. On retiendra des débats ayant suivi les exposés la diversité des approches, inhérentes bien sûr aux diversités culturelles. L'AIJPF, créée en 1964, compte environ 400 membres répartis sur une vingtaine de pays.
 
 
 

R. M.

 
 
 

CARNET

Attristée par la disparition de notre confrère Audran Cellier, journaliste rédacteur de M 6, noyé à Saint-Malo alors qu'il couvrait la Route du Rhum, notre association adresse à sa famille et à ses collègues ses condoléances amicales.

INTERNET

Le syndicat national des journalistes CFDT possède désormais un site internet sur lequel on trouve d'utiles informations professionnelles :

www.usj-cfdt.fr,

Sa boite électronique (e-mail), relevée deux fois par jour :

journalistes.cfdt@wanadoo.fr

LES GRANDES OREILLES

Renaissance de "La Nation"

algérienne

Après deux ans d'interruption, " La Nation ", l?hebdomadaire dirigée par notre amie Salima Ghezali (dont le portrait orne la page de garde du site internet Reporter Breton) a enfin revu le jour le 11 octobre dernier. Simultanément apparaît un titre jumeau en arabe, El-Houria (la liberté), toujours fidèle à la ligne définie par l'équipe rédactionnelle indépendante, démocratie et défense des droits de l'homme, ce qui lui a valu par le passé la hargne des Islamistes extrémistes autant que celle des généraux "éradicateurs".

Delon perd son procès

Le tribunal de Grande Instance de Paris a débouté Alain Delon qui demandait d?interdire au journaliste Bernard Violet de publier une biographie à partir d?un synopsis que l?acteur avait pu se procurer. Considérant que "le principe à valeur constitutionnelle de la liberté d?expression s?oppose à ce que le tribunal (...) interdise la mise en vente d?un ouvrage non encore écrit dont la teneur demeure incertaine, ou détermine à priori les faits qui (...) ne devraient pas être évoqués", a refusé de rendre définitive l?ordonnance en référé qui interdisait à Bernard Violet de poursuivre son projet.

L'Almanach du Marin Breton

centenaire

L'Almanach du Marin Breton, a été créé par un yachtman philanthrope, Jacques de Thézac, également fondateur des Abris du Marin. C'était en 1899, et cette publication célèbre son centenaire de façon somptueuse en ajoutant à son édition anniversaire un CD-rom où l'on retrouve son habituelle sagesse maritime et populaire.

Adresse : Oeuvre du Marin Breton

24, Quai de la Douane, à Brest.

Tél : 02 98 44 06 00.

Grève pour les pigistes

Le quotidien Libération a connu une grève de vingt-quatre heures, début octobre. Les journalistes se sont mobilisés pour leurs collègues en situation précaire. Une solidarité exemplaire qui a porté ses fruits puisqu?ils ont

obtenu l?embauche de 3 CDD et la promesse de revaloriser la rémunération des piges.
 
 


Un récit édifiant...


 






Verra-t-on demain en France des hommes et des femmes se barricader, les armes à la main, en prévision de la fin du monde ?
Aux Etats-Unis, la chose est depuis longtemps habituelle. Plus récemment, l'Hexagone a découvert ces sectes qui se préparent à l'Apocalypse. A l'aube du troisième millénaire, il reste hélas beaucoup à dire...

Ce récit vécu où se mêlent " croisés " des temps modernes et gourous en délire sur fond de miracles, d'apparitions, d'abri antiatomique et de réserve d'armes cachée dans la Bretagne légendaire se lit comme un roman. Il ne s'agit pourtant pas d'une fiction mais du reflet fidèle d'une inquiétante réalité.

Stéphane de Keyser, père de six enfants, raconte son parcours au sein d'une nébuleuse apocalyptique et pseudo-catholique. Sans concession pour ses anciens amis, ni pour le " croyant " qu'il fut lui-même. De la crainte du diable à celle d'un " complot mondial " visant à asservir l'humanité, il explique avec minutie les mécanismes psychologiques qui l'ont amené à croire et ont brisé sa vie. Entre foi et manipulation mentale... Parce que demain un simple " signe " peut persuader ceux qui attendent l'Apocalypse que celle-ci vient de commencer, le témoignage de Stéphane est un avertissement que nul ne peut ignorer.

Voyage au bout de la secte

Renaud Marhic - Stéphane de Keyser

Editions Buchet-Chastel

239 pages - 96 F

Contact presse : Anne de Montmort - 01 44 32 05 60


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29470 Plougastel-Daoulas
Fax : 02 98 07 10 46




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