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OUEST-FRANCE ETEND ENCORE SON EMPIRE

Par Nicolas de la Casinière, Nantes.


Trois titres de la Socpresse (groupe Hersant) entrent dans le giron du groupe Ouest-France : Le Courrier de l'Ouest (Angers), Le Maine Libre (Le Mans), et Presse-Océan (Nantes), qui représentent au total 230 000 exemplaires par jour. Avec ce regroupement, le groupe rennais étend son hégémonie dans l'Ouest, en particulier dans le Maine-et-Loire et la Sarthe, où sa présence était limitée. Le seul îlot de résistance est désormais constitué par Le Télégramme deBrest diffusé dans le Finistère, et les Cotes d'Armor essentiellement.
Officiellement, Ouest France parle de synergie, d'"une mise en commun de moyens industriels, commerciaux, humains, dans le cadre d'une exploitation commune des différents titres sur cette zone". Imprimerie, diffusion, régie publicitaire seront communes, ainsi qu'une partie des pages rédactionnelles. Le patron d'Ouest-France, François-Régis Hutin, refuse de parler de "rachat", préférant évoquer une "exploitation solidaire" au sein d'une société anonyme, "Loire Océan Communication", dont le capital serait, de source syndicale, d'un million de francs : 53% à Ouest-France, 47% à la Socpresse. Hutin refuse d'évaluer le montant de la reprise du Courrier de l'Ouest et du Maine Libre, tous deux en bonne santé financière, et de Presse-Océan qui accuse un déficit de 20 millions de francs. "Nous voulons rendre pérennes ces journaux, sauver Presse-Océan, développer Le Maine Libre et le Courrier de l'Ouest, et maintenir le pluralisme dans le respect du lecteur", dit François-Régis Hutin.
"C'est une intégration au groupe Ouest-France, un rachat déguisé, grincent les journalistes de Presse-Océan. Et d'autant plus inquiétant si Ouest-France se désinteresse d'une reprise du déficit de Presse-Océan, et donc de notre survie". Selon l'information faite aux salariés de Presse-Océan hier, leurs deux imprimeries seraient abandonnées et 30 à 50 reclassements (personnel technique, administratif, et journalistes), seraient effectués au sein d'Ouest-France. Le calendrier de mise en place de ces fusion de moyens pourrait être bouclé avant l'été. Pour le SNJ (Syndicat national des journalistes) d'Ouest France, "la présence sur douze départements, le rachat il y a quelques années de La Presse de la Manche, un nombre croissant d'hebdos entrant dans la nébuleuse Ouest-France font qu'à l'Ouest d'une ligne La Havre-La Roche-sur-Yon, la très grande majorité des titres relèveraient d'un seul et même groupe".

Copyright Nicolas de La Casinière

Paru dans le quotidien Libération le 18 février 1999, en rubrique "médias"

 
 
 
 
 
 
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