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MOSSAD : LES PLOMBIERS VIENNENT DE FRANCE.
Par Roger Faligot
Dernier raté de l'organisation israélienne :
la pose de micros chez un militant du Hezbolah à Londres. Base
des espions
maladroits : Paris.
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La série noire continue pour les espions israéliens du
Mossad. Après la "bavure de Berne", c'est à Londres, cette
fois, qu'une nouvelle opération a lamentablement échoué
et Scotland Yard a bien failli d'arrêter des "plombiers" d'un service
qui est de moins en moins secret. Pour couronner le tout, l'une des
bases parisiennes du Mossad pourrait bien se retrouver en porte-à-faux...En
effet, ce week-end, le correspondant israélien de l'hebdomadaire
anglais Sunday Times a révélé qu'une équipe
israélienne a tenté, le mois dernier, d'installer un système
d'écoute chez un militant londonien du Hezbollah, le mouvement islamiste
libanais pro-iranien. Or, l'équipe a dû prendre
la poudre d'escampette, de peur d'être découverte par la police
anglaise, et se réfugier en France. Ces agents secrets appartenaient
à la même équipe « Keshet » que celle
qui a été interceptée par la police helvétique
le 19 février. «Keshet » qui signifie les Flêches
en hébreu dirige les opérations spéciales dans
le domaine des interceptions de communication. Les cinq agents du
Mossad interpelés à Berne avaient également
pour cible un sympathisant du Hezbollah, Abdullah al-Zein. De nationalité
suisse, il serait responsable d'un centre islamique financé
par les Iraniens. Toutefois, les Israéliens se sont trompés
d'adresse, ils tentaient de placer du matériel d'écoute dans
l'appartement de sa femme, une Suissesse dont il est séparé
depuis des mois.
La même équipe itinérante à travers l'Europe
aurait, en revanche, réussi à sonoriser les appartements
d'autres membres des Hezbollah à Rome, Paris, Athènes, Madrid
et Genève. Et les deux échecs connus seraient dûs à
la
précipitation avec laquelle le Mossad a décidé
d'opérer, de crainte qu'une offensive américaine sur l'Irak
ne provoque une série d'attentats contre les intérêts
israéliens ou les communautés juives en Europe.
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Logistique
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En réalité, de source française, on affirme que
depuis deux ans déjà le Mossad a engagé un programme
de surveillance des milieux hezbollah réorganisés dans nos
pays. Et ceci à la suite d'un attentat raté dans un hôtel
Jérusalem-Est en avril 1996, quand un Libanais, Hussein Mohamed
Hussein Mikdad, avait fait exploser prématurément sa bombe.
Or ce dernier était détenteur d'un passeport britannique
et avait débarqué à Tel-Aviv via la Suisse...
Seulement blessé, Mikdad décrit dans les détails
aux enquêteurs israéliens l'existence d'un commando
pro-iranien en Europe. L'équipée malheureuse de l'unité
israélienne du Mossad est imputée à la crise interne
aux services secrets israéliens.
Le chef des opérations clandestines a donné sa démission
en janvier suite à l'attentat raté contre un dirigeant du
Hamas palestinien en Jordanie.
Cette division est alors restée sans vrai chef. Puis, le patron
du Mossad en personne, David Yatom a jeté l'éponge après
le fiasco suisse. Il est remplacé par l'ancien chef des opérations,
entretemps ambassadeur en Belgique, Ephraïm Halévy.
Bien que la Belgique soit la quartier-général des opérations
européennes du Mossad, dans les affaires qui sont révélées
aujourd'hui, les équipes « Keshet » ont été
envoyées à partir de Paris. Celle de Londres était
même attachée à une station parisienne du Mossad chargée
du renseignement. Celle-là a été réorganisée
et a doublé de taille depuis quatre ans. En fait, traditionnellement,
il y a trois grosses stations du Mossad en France souscouverture diplomatique
: l'une à Marseille et deux à Paris dépendant respectivement
du contrôleur régional de la Direction liaison (avec la DST
et la DGSE) et d'action politique et du Contrôleur régional
de la récolte du renseignement. Ce dernier, est chargé de
la logistique pour des opérations telles que celle de Londres. Comble
d'ironie : avant Noël, ce dernier, accompagnant le commandant Etty
Yevnin, la femme chargée des liaisons de la police israélienne
à Paris, menait une délégation à la foire
Milipol de Paris où s'exposaient le matériel et les mille
et une techniques pour bien poser des écoutes ou espionner
des téléphones portables.
© Roger Faligot.
- Publié dans France-Soir, 15 mars 1998. -
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