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CORÉE DU SUD : ETONNANTE CONNECTION DE KIM DAE-JUNG.
Par Roger Faligot.
Le nouveau président coréen Kim Dae-jung n'a pas fini
de surprendre. Dans
le domaine crucial de la sécurité, il avait toutes les
raisons du monde
pour démanteler la grande agence de renseignement sud-coréenne,
l'Agency
for National Security Planning (ANSP). Après tout, son ancêtre
la KCIA,
l'avait kidnappé en plein Tokyo en 1972. Il avait échappé
de peu à la mort
grâce à la CIA américaine et au Naichô japonais.
Un long séjour en prison
avait renforcé son charisme de défenseur des droits de
l'homme. En pleine
campagne électorale, l'ANSP avait soutenu son adversaire Lee
Hoi-chang,
l'ancien premier ministre, en faisant circuler de faux documents affirmant
que Kim est un agent nord-coréen. Le chef des services secrets,
Kwon
Young-hae, était sûr de la défaite de Kim
: il continuait en novembre à
envoyer des émissaires à l'étranger pour acheter
du matériel afin de mieux
espionner l'opposition. Une mission est venue en France en octobre
pour se
familiariser avec les techniques d'interception de téléphones
GSM. Et fin
novembre, le responsable de la sécurité à l'ambassade
de Paris, Moon
Byung-ryong, faisait ses emplêtes au salon de la Sécurité
Milipol.
Au lendemain de son élection,
le 26 décembre, Kim a demandé au chef
de l'ANSP de lui livrer le dossier de son propre kidnapping.
Il l'a
prévenu du sérieux dégraissage de cette agence
de 10 000 fonctionnaires.
Pourtant, ce champion du pragmatisme a rapidement rassuré la
communauté du
renseignement. D'abord, en choisissant son allié
électoral Kim Jong-pil
comme premier ministre. Or ce Kim-là n'est autre que le fondateur
de la
KCIA en 1961, à l'instigation des américains.
Par ailleurs, son conseiller le plus
proche, Lee Jong-chan, a lui
aussi appartenu aux services. Ancien de l'ANSP, il était
préssenti à la
direction de la nouvelle agence. Mais le président a préféré
garder cette
éminence grise à ses côtés à la Maison
Bleue. Il semble avoir choisi à la
place son conseiller en sécurité depuis 1995, Chun Young-taek,
un député
qui a appartenu au comité renseignement de l'assemblée.
De bonne source à
Séoul, on affirme qu'il a commencé à envisager
la refonte de l'ANSP . Un
signe que le Pays du matin calme va intensifier ses opérations
spéciales à
l'étranger, en espérant qu'elles contribueront au redressement
économique,
la priorité de Kim dae-jung.
Copyright Roger Faligot
Publié dans L'Asie-Magazine, mars 1998
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