Pont-Croix ........ une vieille histoire

  

Du I au IIIè siècle, une exploitation rurale romaine se situait sur l'emplacement qui deviendra plus tard Pont-Croix. En effet les romains ont construit une riche propriété agricole à KERVENENNEC en Pont-Croix. Ces exploitations appelées Villae étaient fermées par un mur d'enceinte et comportaient plusieurs bâtiments d'habitation et de service. Ces fermes pouvaient être luxueuses. Les celtes avaient des habitations en bois mais les romains connaissaient toute la technique de la maçonnerie. Ils savaient faire des sols en bétons ou carrelés. Les exploitations rurales comme celle de Pont-Croix étaient dotées de thermes. Des thermes semblables à ceux des rivages méditerranéens avec vestiaires, baignoires, piscines chauffées grâce à une circulation souterraine d'air chaud. La faïence des thermes a été retrouvée lors de fouilles, elle peut être vue au Musée Breton de Quimper.
Ces grandes fermes étaient dirigées par un intendant et la terre travaillée par des ouvriers agricoles et de petits fermiers. La ville de Pont-Croix possédait même des forges capables de fournir les objets de première nécessité.

C'est vraisemblablement vers le Xème ou XIème siècle que la ville de Pont-Croix est fondée, au près d'un gué situé au fond de l'estuaire du GOYEN qui constituait alors un point de passage obligé entre les pays côtiers du Cap Sizun et le Pays Bigouden.

Au passage du gué a succédé le Pont de Kéridreuff. Un moulin à marée, qui est un des plus anciens de BRETAGNE, est bâti sur ce pont.

PONT-CROIX était alors, à l'ouest de Quimper, une petite capitale régionale de Basse-Cornouaille, à vocation agricole et artisanale, dotée d'un port abrité : PORS AL LISTRI (port des vaisseaux situé près du pont actuel), accessible aux navires de haute mer et qui permettait d'importer des marchandises de première nécessité ou d'exporter des produits agricoles ou artisanaux vers les ports voisins ou même vers Bordeaux, St Jean de Luz et l'Espagne. Le port était connu pour ses pêcheries de saumon et ses tanneries.

PONT-CROIX a d'ailleurs gardé de cette lointaine époque des foires réputées. Des documents remontant à 1385 mentionnent la "chohuye de PONT-KROES", prouvant la notoriété et la fréquentation massive (d'où le mot cohue en français) de ces foires et marchés d'alors. Pont-Croix était alors la capitale économique du Cap. On pouvait tout y acheter : chevaux, cochons, vaches, volaille et cuir tanné...

Le nom de PONT-KROES (il existe plusieurs orthographes) dont les premières mentions connues remontent au XIIIème siècle, vient du pont jeté à l'emplacement du gué primitif sur le Goyen, à la croisée des voies qui sillonnaient le Cap Sizun d'est en ouest (une voie romaine allait de VORGIUM (Carhaix) à la pointe du VAN) et du nord au sud , de Beuzec-Cap Sizun vers la Bigoudénie.

Sur une butte artificielle érigée sur la rive droite du Goyen, se dressait un château à motte : une construction en bois, entourée d'un fossé et d'une palissade. C'était la résidence des seigneurs de PONT-CROIX destiné à protéger le passage du Goyen et dont la chapelle était Notre Dame de Roscudon. Le château disparut au XIVème siècle. Mais auparavant autour de lui s'étaient regroupés maisons, commerces et marchés.
Des travaux entrepris en
1893 ont permis de retrouver les douves du château. Une partie des remparts étagés sont encore visibles dans la charmante ruelle des Courtils. Bâti au Moyen-Âge par les Seigneurs de PONT-CROIX, ce château subit, au cours des siècles, beaucoup de vicissitudes, mais demeura constamment leur propriété sous le nom de seigneurie de PONT-CROIX.

Au XIIIème, ce fief appartenait au seigneur de Pont-Croix , vassal du Duc de Bretagne. Le seul et dernier seigneur connu de cette lignée est SINQUIN de PONT-CROIX, il fut d'ailleurs le fondateur de l'église Notre Dame de Roscudon.

Ce SINQUIN avait un fils, décédé assez jeune et deux filles dont l'une PLESOU, héritière du fief, et qui fit entrer PONT-CROIX dans la seigneurie de Landudec par son mariage avec Alain de TYVARLAN.

Jusqu'en 1300, les Seigneurs de PONT-CROIX portent le nom de la ville. Ils prennent pour armes le fameux lion d'argent sur champ d'azur, un lion morné (sans langue, dents, ni griffes). La devise est "naturellement".

 En 1384, Alix de TYVARLAN -PONT-CROIX, héritière à son tour, épousait en 1391 Jean Ier de Rosmadec. Ce dernier appartenait à une famille de Telgruc (Presqu'île de Crozon-Finistère) puissante et connue. Il était le demi-frère de Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper et bâtisseur de la nef de la Cathédrale ST Corentin au XVème siècle. Les Rosmadec devenaient alors Seigneurs de PONT-CROIX et leur lignée régna sur le fief de PONT-CROIX jusqu'au XVIIIème siècle.

PONT-CROIX au cours de son histoire fut successivement :

- Chatellenie possédant cour de basse, moyenne et haute justice. Les " pots" ou gibets patibulaires destinés aux condamnés se dressaient dans le "park an justissou" situé tout en haut du quartier de la Croix.
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marquisat à partir de 1719.
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Chef-lieu de district à la révolution.
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Chef-lieu de canton depuis 1790. Ce canton regroupe 12 communes.