Vingt-quatre foires annuelles

  

La réputation des foires de PONT-CROIX dépasse la Cornouaille.
Y sont conduits porc, mouton, cheval, et la célèbre vache bretonne " pie-noire " si rustique et si appréciée, dont le canton aurait été le berceau.

  

ci-contre le marché aux cornes devant la Maison Noble.

 

Aujourd'hui subsistent 24 foires annuelles, les premiers er troisièmes jeudis de chaque mois. Des documents remontant à 1385 parlent de la " chohuye de Ponte-Croes " ce quasi-marché temporaire, dont le droit était affermé par le seigneur propriétaire de PONT-CROIX, la maison de Tyvarlan.

Quelques indices révèlent qu'on souhaitait une fréquence plus nombreuse des marchés. En 1608, "marché tous les jeudis et 12 foires l'année". En 1665, on signale que Sébastien de Rosmadec "a fait bastir une des plus belles halles de la Province" , à la grande jalousie d'Audierne, qui, en 1630, a perdu des droits de marché au profit de PONT-CROIX.

Une vingtaine de communes sont desservies par la cité : on y vient de dix et même quinze lieues, "le plus fort du commerce étant sur les bleds et les bêtes à cornes". Naturellement, des malandrins sont à l'affût et les routes ne sont pas sûres, si bien que l'autorité réclame des renforts de police. Elle réclame aussi meilleur aménagement de la place du champ de foire. Les mendiants accouraient dans les foires où ils allaient de porte en porte demander la charité.

Le marché ne pouvait commencer qu'au début de l'après-midi à cause des longues distances pour y venir.

Il y eut la foire des îliens en novembre et la foire " an Teut " (= an dud, des gens), Au XIXème siècle, et au début de ce siècle, les fermes avaient un ou plusieurs domestiques. Ces derniers se louaient à la grande foire de Pont-Croix, le 3ème jeudi de décembre. Ils faisaient dépasser un mouchoir blanc de leur poche, et ils se regroupaient dans un coin du champ de foire. Les paysans qui cherchaient un domestique venaient discuter affaires, et quand un accord avait lieu, le domestique venait à la ferme le lendemain de Noël. Si le travail et la maison lui convenaient, il était embauché le 1er janvier.

La " foire Lipig " (foire des gras) se tient le jeudi avant les Cendres : c'est la fête de la viande, la fête des Gras, où l'on ne se prive pas de " lichouseries " (douceurs) avant les privations du Carême.

Vu l'insécurité, on se groupait souvent pour la route. Roger GARGADENNEC raconte l'histoire plaisante du paysan en retard au départ qui se fit attaquer mais, de son pen-baz, (fort bâton) assoma les brigands et trouva sur eux les bourses volées aux deux compagnons qu'il avait manqué. Arrivés à la foire, ceux-ci n'osaient dire pourquoi ils ne pouvaient acquérir les chevaux désirés. Et le troisième de s'amuser un bon moment de leur déconvenue avant de leur remonter le moral en restituant leur bien.

 

 Depuis quelques années, l'association des producteurs du Cap propose tous les 15 août (date du Grand Pardon) un marché de produits du terroir : ainsi, l'on peut déguster miel, pâté de cerf, escargots, cidre, crêpes et galettes....