La Collégiale Notre Dame de Roscudon
un chef-d'oeuvre de l'art breton

 


 A l'époque où fut érigée Notre Dame de Roscudon, PONT-CROIX n'était qu'une trève (dépendance) de Beuzec-Cap-Sizun qui avait rang de paroisse. D'où l'appellation d'église " tréviale ". C'était aussi une " collégiale " , ce qui supposait un collège permanent de prêtres ou de chapelains assurant l'office divin et l'assurance de libertés importantes de la part du seigneur du lieu sous forme de prébendes (revenus attachés à un titre ecclésiastique) nécessaires à l'entretien de ce collège.

Construite au milieu du XIIIème siècle, vers 1240-1250, l'église originelle était romane, mais ce roman tardif (le gothique s'épanouissait déjà un peu partout) très élégant et allégé, est en fait une transition vers le gothique.

Un dessin de Stanislas Godec (artiste-sculpteur pontécrucien. Il a créé de magnifiques sculptures) laisse imaginer la simplicité de cette église primitive lors de sa construction.

Elle comprenait la nef actuelle avec ses huits travées et ses bas-côtés simples, un transept aux bras un peu débordants, un choeur de quatre travées avec des bas-côtés doubles se terminant par un mur de chevet droit. (partie de l'église, située à l'est, où se trouve le maître-autel).

Ancienne présentaion de la nef

 La nef (datant du XIIIème siècle) - présentation actuelle

  
Le maître-autel actuel

Cette église primitive n'avait pas de flèche mais une simple tour-lanterne massive et austère surmontée d'un simple toit bas à pans coupés.

Vers 1290, Sinquin de PONT-CROIX, fondateur de l'église, fait modifier la partie haute du pignon ouest, agrandir le choeur de deux travées supplémentaires et édifier sur le côté-sud du choeur une vaste chapelle en équerre aujourd'hui connue sous le vocable de Chapelle du Rosaire. La construction de cette chapelle aurait entraîné d'ailleurs la suppression du deuxième bas-côté sud du choeur. Les piliers ainsi libérés ont peut-être servi à édifier les travées supplémentaires en haut du choeur.

En 1391, Jean 1er de Rosmadec épouse Alix de Tyvarlan, héritière des seigneurs de PONT-CROIX. C'est vraisemblablement en prévision de ce mariage qu'il fit construire sur le côté méridional de la nef le superbe porche monumental, chef-d'oeuvre du gothique rayonnant.


L'imposant porche méridional

Porte du transept sud
Ce Jean 1er de Rosmadec était le demi-frère de Bertrand de Rosmadec évêque de Quimper. Cette parenté explique le fait que, vers 1440-1450, son petit-fils Jean II de Rosmadec, ayant décidé d'ériger une flèche sur la base de la tour carrée initiale, ait pu avoir connaissance et utiliser les plans des flèches de la cathédrale de Quimper.

Jean II de Rosmadec fit également construire la chapelle des fonts baptismaux et modifier la chapelle située à l'est du bras sud.

Le porche méridional du transept date aussi du XVème siècle. 

Entre 1528 et 1544, Alain II de Rosmadec allonge le choeur d'une travée supplémentaire, fait transformer le chevet droit en chevet polygonal (dit à noues multiples) permettant un meilleur éclairage de l'autel et du haut du choeur. Il fait également refaire les remplages (fenestrages) des chapelles méridionales.

Au XVIIIème siècle, la façade ouest fut remaniée et la sacristie reconstruite, adossée à la chapelle du Rosaire.

L' ECOLE DE PONT-CROIX ET SON INFLUENCE

L'église Notre Dame de Roscudon a eu une telle influence sur l'architecture religieuse en Cornouaille que certains auteurs ont admis l'existence d'une école de PONT-CROIX.

Parmi les monuments subsistant, nous mentionnerons Notre Dame de Kérinec en Poullan, Languidou, Beuzec-Cap-Sizun, Notre Dame de Chateaulin, ............

Le maître d'oeuvre de PONT-CROIX demeure inconnu, mais rappelons que sur un chapiteau des ruines de Languidou, chapelle construite par le même atelier vers 1275, une inscription en capitales gothiques indique le maître d'oeuvre : Auffray Le Guiriec. S'il n'est pas l'architecte de Notre Dame de Roscudon, du moins a-t-il certainement collaboré à l'oeuvre de ce monument.

 

Deux années de restauration : 1999 - 2001

Les travaux d'envergure de la collégiale Notre Dame de Roscudon ont commencé, interdisant la visite au public pour plus de deux ans.
Après l'installation des échafaudages et le coffrage du mobilier, pour le protéger, la moitié de l'église est transformée en une forêt de tubes ...
Par paliers successifs et des échelles, on atteint le dessous de la voûte, à près de dix mètres du sol.
Les charpentiers de l'entreprise ART ( Armoricaine Restauration Travaux ) ont commencé à enlever les lambris pour mettre la charpente à nu : l'état de détérioration de la charpente, rapiécée tant bien que mal depuis des siècles a créé une certaine surprise. Les éléments sculptés, la sous-faîtière désarticulée, les sablières, les pendentifs et les blochets étonnent par la qualitée des sculptures. Chaque poutre est souligné par un petit personnage qui relève la tête, à une hauteur telle qu'il était difficile de les voir d'en bas.
Les ouvriers déposent avec attention chaque élément, malgré le mauvais état des bois, tous les détails, moulures, rainures, découpes particulières permettront de reconstituer la charpente. L'examen attentif de l'ossature permettra d'orienter la restauration.
Les premiers travaux concernent la partie est de la collégiale, le choeur d'origine XIIe, l'extension du XIIIe siècle et le chevet du XVIe siècle. La nef sera mise en chantier dans un deuxième temps, en attendant on y entrepose les matériaux.

 

Diaporama des vitraux de la Collégiale

 

Restauration du vitrail

 

 Les trésoirs cachés de la Collégiale :
C'est certainement à la Révolution que le blason des Rosmadec, sculpté dans une maîtresse-poutre, a été martelé. Il ne reste que des lions soutenant l'écusson vide. Des décors d'animaux et de végétaux ornent toute la partie de l'édifice, avec quelques têtes d'hommes et de femmes.
Les parties d'origine, très vermoulues, vont êtres remplacées par des pièces neuves, dans lesquelles les charpentiers vont incruster les parties sculptées. Il faudra un mois de travail pour remettre ces éléments.

Une exposition de photos retraçant la restauration et " les trésors cachés de la collégiale " est visible à l'office du tourisme. Les photos sont d'André Plantec, les commentaires de Frédéric Tanter.

 

  LE GRAND PARDON

Le jour du Grand Pardon, le 15 août, attire une foule immense de pèlerins venue de tous les horizons. Vers 21 h00 une procession aux flambeaux débute à " la Fontaine de la Vierge " puis remonte à travers les rues jusqu'à la Collégiale où une messe est dite. C'est l'occasion pour de nombreux pontécruciens de se retrouver : en effet, les jeunes ayant quitter la commune reviennent dans leurs familles le 15 août. C'est pour nous une date très importante.


Fontaine de la Vierge
 La fontaine vénérée de la Vierge, sise en un vallon ombreux, au Nord-Est de la ville, est connue de temps immémorial. On y accède par la rue de la métairie ou par la rue de la fontaine.
Signalée avant le XVIIè siècle comme étant que "Fontaine de Nostre-Dame" ou "Feunten an itron Maria", elle a été détruite en 1792, afin d'obtenir à peu de frais des matériaux pour élever le bâtiment de la Fontaine de la Croix (dite "la Bonne Fontaine"). En 1857, une pieuse pontécrutienne, Anne-Marie LIRIN obtint de M. HIGNARD, maire, le droit d'effectuer une quête pour le rétablissement de la fontaine de la Vierge. Elle fut inaugurée l'année suivante. Le pardon de la Fontaine a lieu le 8 septembre; mais c'est surtout le 15 août que la procession aux flambeaux revêt le plus grand faste. Des cantiques bretons et français ont été consacrés à cette fontaine de Roscudon et ont pour auteurs l'abbé Kersimon et le Docteur Savina, notamment.
"La collégiale sous tous les angles"