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… et le strakell… babilla…
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C'est fait : la farine s'écoule !
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Le 5 mai 2000 à 16 heures, grâce à un portable, Marion Le Pache a été appelée du moulin et a pu entendre depuis Brest « en direct » la mise en route de la meule et le son du strakell qui rythmait la cadence de la première descente du grain dans l'auget. La meule courante tournait et la mouture remplissait petit à petit la boîte à farine … Gilles MORIO avait su recréer les anciens mouvements du 17ème siècle et les faire démarrer sans faillir : coup d'essai, coup de maître. C'était la consécration de 6 ans d'efforts de notre association. Sans s'être concertés Pierre AUFFRET et Jacques GLON avaient apporté chacun une bouteille de champagne au cas où le jour serait faste. Ils avaient eu raison d'être confiants et l'on trinqua… L'engagement de faire de la farine pour Brest 2000 était tenu, Marion pourrait faire ses « krampouezh » comme elle l'avait annoncé en 1996 ! Bien sûr nous avons raclé les fonds de tiroirs mais cela en valait la peine : il faut se rappeler que sur ses fonds propres l'association a apporté 320 000 F depuis 1994 et généré au total 655 000 F en investissement sur le moulin (cotisations, souscriptions, sponsors, concours…). La trésorerie attend les cotisations de l'année 2000 avec impatience car quelques travaux de remise en place de maçonnerie (tempête de Noël) s'avèrent indispensables. Mais nous sommes confiants dans la persévérance des adhérents. Nous aurons l'occasion de « babiller » à nouveau le 12 août et il y aura du grain à moudre lors de l'assemblée générale. Qu'on se le dise !
J.GLON
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Ce 5 mai a été, pour nous, une journée historique : après 80 longues années de silence, le tic-tac du moulin s'est à nouveau fait entendre. Les meules qui avaient été recerclées par Gilles Morio et ragréées par Pierre Auffret ont pris le chemin du moulin. Après la descente périlleuse du raidillon d'accès à la chaussée, parfaitement maîtrisée par J-F Le Rolland, les meules ont été montées à l'étage du bâtiment. Cette opération a été promptement menée grâce à l'engin de levage de la société Tartault : mises sur chant, ces masses de plus de 800 kg chacune ont été soulevées et engagées par la porte en haut de l'escalier. Précision de rigueur : il n'y avait que quelques centimètres de marge ! Merci à ces deux entreprises qui nous ont rendu un fier service et bénévolement. Une fois les meules montées, il a fallu les déplacer pour les amener à poste au moyen de palans : pas question de les rouler comme un vulgaire cerceau ! De poutre en poutre elles ont fini par aller à leur place sans trop de difficultés. La meule dormante (celle du dessous) reposant sur de grosses poutres est mise d'aplomb au moyen de 3 tiges filetées. La meule courante, elle, ne repose que sur l'axe vertical qui supporte donc les 850 kg. C'est la hauteur de cet axe vertical qui determine le vide laissé entre les deux meules (quelques dixièmes de millimètres) et donc la finesse de la farine. Comment vous exprimer notre bonheur lorsque nous avons ouvert la vanne de travail et que la meule s'est mise à tourner sans à-coups, tout tranquillement alors que nous n'avions pas encore coulé les 4 masselottes de plomb nécessaires pour l'équilibrer ! Il restait cependant à « habiller » les meules : mettre en place les poutres en forme d'hexagone qui enserrent la meule dormante et sur lesquelles vient se poser l'archure (coffre entourant les meules); poser le parquet de travail autour des meules, l'archure, la trémie, l'auget et, comme la cerise sur le gâteau : le strakell ou babillard, cette pièce métallique prolongeant l'axe vertical sur laquelle vient frapper la goulotte de descente du grain et qui produit le tic-tac régulier caractéristique d'un moulin en route. Et tout cela fonctionne à merveille ! Bravo à Gilles Morio qui a recréé le mécanisme de bout en bout et dont c'était la première mise en fonctionnement de meules ! Vous pourrez tous admirer son travail et la précision de l'ajustement de toutes les pièces de bois. Les essais de mouture ont été faits à la suite des travaux. Nous avons tout d'abord moulu quelques kilos d'orge que nous avons trouvés. Mais le saviez-vous ? La mouture du froment est régie par une réglementation très stricte : pas moyen de moudre du blé sans contingent, même quelques poignées ! Heureusement, seule cette céréale panifiable est soumise à ce contrôle. Restait donc à se procurer du blé noir, car sinon, comment faire des crêpes ??? Coup de chance - un de plus - une annonce parue dans la presse le samedi suivant nous a permis de trouver du sarrasin à Pontivy, que Christiane Favreau a eu la gentillesse de nous transporter. C'est ainsi que nous avons pu faire notre première mouture officielle devant les Bréhatins et la presse le samedi 20 mai : la farine s'écoule dans la boîte à farine, balayée par un brin de genêt qui l'y repousse.
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Visite virtuelle du moulin.
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En vue de BREST 2000 (où nous aurons un stand mis à notre disposition grâce à notre 1er prix de 96), nous avons pensé à faire réaliser des images de synthèse du moulin afin que les gens qui ne le connaissent pas puissent comprendre son fonctionnement. En fouillant un peu sur Internet, je suis rentrée en contact avec un jeune prof de technologie passionné d'images 3D, Gérard LEON, originaire de Landerneau (29). Il a accepté de nous réaliser une vidéo de quelques minutes qui sera projetée sur notre stand de Brest. Des centaines d'heures de travail bénévole ! Vous êtes bien accroché ? Alors, on se lance du haut de Saint-Michel, on survole le moulin et l'on observe la roue pendant que la marée descend. Un petit plongeon devant les vannes et l'on s'engouffre dans le coursier : allons-nous nous faire laminer par les pales de la roue ? Non, nous remontons pour observer la roue qui tourne et, miracle, le mur du moulin devient transparent ! Cela nous permet d'observer le mécanisme, que l'on suit jusqu'en haut. Les meules vont-elles nous réduire en farine tel un grain de blé noir ? À suivre... et à voir, bien sûr!
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De la naissance à la renaissance.
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Passage de l'an 2000 : Jacques GLON le disait dans l'éditorial du Strakellig du mois de novembre : le moulin devait passer au travers du bogue. Mieux, même ! Les noctambules qui sont passés devant ont pu observer un drôle de phénomène : le moulin n'ayant pourtant pas l'électricité a été illuminé une bonne partie de la nuit… En effet, Pierre AUFFRET a tenu à marquer cette date charnière en installant lampes et groupe électrogène qui donnaient une allure tout à fait inhabituelle au moulin et un fort bel effet. Le site Internet : Forte croissance de la fréquentation de notre site : environ 750 accès par mois ces derniers temps. Une émission de Radio-France Armorique consacrée au WEB va avoir pour sujet le moulin du Birlot pendant une semaine. Cela devrait faire tourner encore un peu plus les compteurs ! Toujours des demandes de farine : de Taiwan, du Pakistan, du Liban ou encore de l'Equateur… Fête des moulins sur TF1 : Une équipe de TF1 est venue tourner un reportage sur le moulin les 29 et 30 mai derniers. Il sera diffusé au journal de 13h vers le 18 juin, journée nationale des moulins. A vos cassettes !
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L'historique du moulin du Birlot mais aussi des deux moulins à vent de Bréhat sera publié au fil des numéros du Strakellig. Le précédent épisode nous avait laissé au tout début du XVIIIème siècle.
SUITE DE L'ARTICLE
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