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A l'audience du 29 septembre 1632 au duché de Penthièvre, il est rapporté que le moulin à vent de Krec'h Tarec nécessite des réparations, mais aussi, et cela nous intéresse particulièrement, « que si l'on batissoit un moulin à mer la revenu de la seigneurerie en seroit augmenté ». C'est donc la première évocation d'un moulin à marée à Bréhat. Ce projet verra effectivement le jour : six ans plus tard, un contrat est passé, le 4 août 1638, entre le prince César de Vendôme et la princesse Françoise de Lorraine, duc et duchesse de Vendôme, d'Etampes, de Beaufort, de Mercoeur et de PENTHIEVRE, pairs de France, d'une part, et l'écuyer Jan de TANOUARN et Gilette LENEPVEU sa femme, demeurant en l'île de Bréhat, d'autre part. Le duc et la duchesse ont « baillé et transporté à titre de féage noble » les trois moulins de l'île. Tout d'abord, « le moulin de mer construit de nouveau (comprendre à neuf) en la dite isle par le dit Tanouarn » au terme d'un contrat passé entre lui et l'intendant général du duché le 5 septembre 1633. Celui-ci est « à présent tournans et moulans ». Mais également les deux moulins à vent qui sont, eux aussi, en état de fonctionner. Il aura donc fallu près de cinq années de construction pour que le moulin du Birlot soit en état de marche ! En considérant le volume de pierres et de remblai nécessaire au seul établissement de la digue et les moyens alors employés pour la construction, cela n'est pas si étonnant. Dans un aveu rendu à la seigneurerie de Bréhat en 1679, les héritiers de Jan de Tanouarn reconnaissent détenir le fermage pour « le moulin à mer sittué dans l'isle de Bréhat, le moulin à vent de Crech Tallec, le moulin à vent de crech ar Pot ». La valeur de cette ferme est de 300 livres par an, dont ils doivent payer la moitié à la Saint Jean et l'autre à Noël. Les aveux n'étaient pas seulement une reconnaissance des biens des vassaux faite à leurs suzerains mais aussi des biens de ces derniers faite au roi. C'est ainsi que le duc de Penthièvre déclare, le 26 février 1682, détenir « les moulins vulgairement apellés moulins de Bréhat l'un sur la mer, les deux autres à vent ». Il précise également que ses vassaux ont obligation de « faire les charoi des matériaux nécessaires pour les réparations de ses chateaux chapelles maisons fours moulins métairies chaussées ponts et passages et faire curer les biefs de ses moulins ». Nouvel aveu des héritiers Tanouarn le 7 avril 1690, par lequel ils reconnaissent détenir, sauf rachat de leurs investissements par le propriétaire, « le moulin à mer avec son étang et chaussée et les dits moulins à vent avec pouvoir de contraindre les dits habitants de l'isle de les suivre ». Le droit de suite consiste à l'époque à astreindre les sujets d'un territoire (ou banlieue) à venir moudre leur grain dans tel ou tel moulin. Le moulin sera dit « banal » et les habitants les « mouteaux », « moulans » ou « détraignables ». Il en est de même pour les fours banaux ou à ban. Quelques années plus tard, l'état des moulins du duché de Penthièvre, daté du 15 janvier 1705, mentionne les moulins de Bréhat. Ils sont toujours afféagés pour une rente de 300 livres. Cette somme, peu importante par rapport aux autres moulins du duché, est toujours la même depuis 1638.
(à suivre…)
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