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Catherine BRECART, fille de François, cède, en 1566, la terre de Bréhat à Sébastien de Luxembourg, vicomte de MARTIGUES et comte de PENTHIEVRE par son mariage. Parmi les rentes de l'île, une « ferm à moullin et tout tel droit quy y comptoit et apartinoit a mon seigneur ». Nous en connaissons la valeur « quil a affermé & alloué chacun an 6 rais 6 boues frt [froment] ». Il est curieux de constater la dévaluation de la ferme qui n'est plus que la moitié de celle de 1539. Désormais, et pour tout l'ancien régime, Bréhat sera un fief de la famille PENTHIEVRE. Les guerres de la Ligue, à la fin du 16ème siècle, auront également des retentissements en Bretagne et même à Bréhat. En effet, le chef breton de la Ligue n'est autre que Sébastien de Luxembourg, duc de MERCOEUR et de PENTHIEVRE. Il est également le beau-frère du roi de France Henri III. A l'assassinat du duc de GUISE, commandité par Henri III, MERCOEUR entre en guerre contre son roi et fait reconstruire le château de Bréhat, détruit par les anglais en 1409. Celui-ci se trouve au nord de la grève de l'église (appelée en breton aod ar saoz : la grève des anglais), au-dessus de la grève qui porte encore son nom : aod ar c'hastel, bien qu'il n'en reste que le mur d'enceinte. Henri III assassiné, les Etats de Bretagne restés fidèles à Henri IV, lui demandent de faire appel à sa cousine, la reine d'Angleterre Elisabeth 1ère. En 1591, 2 400 anglais débarquent à Paimpol où l'on ne peut les loger tous. Il est donc décidé d'en envoyer une partie à Bréhat où les habitants, très attachés à leur seigneur MERCOEUR, sont jugés belliqueux et pillards. L'île est donc une nouvelle fois investie par les anglais. Malgré leur résistance, les défenseurs doivent se rendre et, comme deux siècles plus tôt, quinze d'entre eux seront pendus aux ailes du moulin. Triste acharnement sur ce moulin de Krec'h ar Pot… Les derniers ligueurs demandent leur grâce à Henri IV et MERCOEUR lui même se soumet. Ce sera la fin des guerres de religion avec la signature de l'Edit de Nantes. Durant cette période, un contrat d'affermage daté du 9 mai 1595 et établi pour 4 ans, précise qu'il est « à la charge aux preneurs d'entretenir les château et moulin en état de réparation de couverture ». Ces travaux sont-ils la conséquence des affrontements ? La production de farine est devenue insuffisante sur l'île puisque l'on envisage de construire un nouveau moulin. Dans une lettre sur parchemin, Marie de BEAUQUERE, duchesse de PENTHIEVRE et donc dame de Bréhat, consent, le 22 juillet 1597, à afféager « un emplacement de moulin en l'isle de Bréhat ». L'afféagement est un contrat passé entre le constructeur ou l'exploitant d'un bâtiment et le seigneur propriétaire du lieu sur lequel il est établi. Cet afféagiste sera l'écuyer Pierre DU VIEUX CHATEL, sieur de Prat Collin, qui devra payer au terme du contrat une rente annuelle de 6 livres. Malheureusement, le parchemin est en très mauvais état et l'emplacement de ce moulin n'est pas notifié sur ce qu'il en reste. L'affaire ne se sera probablement pas faite puisqu'une nouvelle requête est adressée au duché de PENTHIEVRE. La permission est donnée, le 5 juillet 1601, par Marie de BEAUQUERE « au sieur d'Orléans capitaine en la dite isle d'y faire batir un moulin à vent a ses depens a condition de le retirer de luy toutes fois & quantes en le remboursant ». L'emplacement choisi est le tertre de « cresterel » (Krec'h Tarec). Un an plus tard, le 16 décembre 1602, le sieur d'Orléans, fermier de la seigneurie, signale que l'autre moulin à vent, celui de Krec'h ar Pot, a été endommagé par la tempête. Sa remise en état prendra un certain temps : en 1611, un mémoire est adressé au duché signalant que les réparations « ont esté faites au moulin du nort », à moins qu'une autre dégradation se soit produite entre-temps.
(à suivre…)
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