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Quelques généralités sur les moulins à mer. Avant l'utilisation des moulins, qu'ils soient à vent ou à eau, la technique de fabrication de la farine était beaucoup plus frustre : elle avait recours uniquement à l'énergie humaine (meules de pierre puis moulins à bras). Ce n'est qu'au moyen-âge qu'apparut la possibilité d'employer d'autres procédés. L'idée d'utiliser l'énergie marémotrice, gratuite, renouvelable et prévisible, revient probablement à nos voisins d'outre-Manche, qui construisirent des moulins à mer dès la fin du XII ème siècle. Nos côtes se prêtant particulièrement bien à cette nouvelle technologie - du fait de fortes amplitudes de marée et du découpage des côtes -, ce fut environ une centaine de moulins à « eau bleue » qui fut bâtie au cours des siècles. Presque la moitié d'entre eux était située dans le golfe du Morbihan et l'estuaire de la Rance, les autres dans les nombreuses rias ou abers de Bretagne. Seuls quelques uns furent construits dans des baies ouvertes sur le large et donc moins protégés des intempéries. Le moulin du Birlot fait partie de ces derniers. L'emplacement choisi, sur le chenal du Kerpont à l'ouest de Bréhat, paraît très judicieux. En effet, une digue d'environ 140 m, prenant appui de part et d'autre sur une grosse masse rocheuse, permet de retenir l'eau d'une anse de 2 ha et demi. De plus, le niveau de la roue par rapport à celui des basses mers permet un travail d'une durée de 6 heures par marée. A Bréhat, le moulin à mer et les moulins à vent ont été très liés puisque ils ont appartenu le plus souvent aux mêmes propriétaires. C'est la raison pour laquelle nous étendons cette étude aux trois moulins de l'île : le moulin à mer du Birlot et les moulins à vent de Krec'h Tarek et de Krec'h ar Pot. L'histoire des moulins de Bréhat La première évocation d'un moulin sur Bréhat est due à un épisode malheureux de l'île : A la fin du XIV ème siècle la Bretagne est encore indépendante et dirigée par les ducs. Les familles Monfort et Penthièvre se disputent le titre ducal. La guerre de succession fait rage à la mort du duc Jean IV de Monfort. Marguerite de Clisson, duchesse de Penthièvre et prétendante au trône, se soulève contre Jean V, fils du duc décédé. Celui-ci fait alors appel aux anglais, ses alliés, afin de le défendre. C'est ainsi que la reine d'Angleterre lui envoie son amiral Edmond de Kent, qui débarque à Bréhat en 1409. Ces Anglais prennent et rasent le château de l'île (alors situé à An Aod ar Hastel, au sud du Gardeno), pillent et incendient les maisons et massacrent les habitants. Les défenseurs de Bréhat sont, eux, pendus aux ailes du moulin (probablement celui de Krec'h ar Pot). L'amiral anglais y laissa la tête et la légende veut qu'il ait été enterré à Lavret, une des îles à l'est de l'archipel. En 1450, le duc de Bretagne François 1er (à ne pas confondre avec son homonyme roi de France), ratifie la donation de l'île de Bréhat que son oncle, Arthur de Bretagne (comte de Richemont, connétable de France et futur duc de Bretagne) fait à sa fille naturelle Jacqueline et au mari de celle-ci, Arthur Brécart. Le premier acte officiel mentionnant un moulin à Bréhat est un aveu (description des biens) de François Brécart, seigneur de l'île, datant de 1539. Il a hérité de son père, Arthur, mort en 1530, des « moulins dudit lieu ». La précision suivante concerne la valeur locative : « qui ont accoutumé destre affermé par communs ans 13 rais froment ». A l'époque, il était très courant de payer le fermage en nature.
(à suivre…)
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