Règles de sécurité       pour la              
Pêche à pied        


SECURITE

La pêche, sous toutes ses formes, surtout pour nous, amateurs dans le sens noble du terme, est et doit rester une partie de plaisirs rares, en communion avec la mer et la nature. Elle ne doit pas se terminer en cauchemar pour le pêcheur ni ses proches. Il faut absolument prendre toutes les précautions qui nous permettront de continuer notre sport favori.

Il est évident que les mesures de sécurité à prendre ne seront pas les mêmes si l'on va gratouiller la coque sur une plage très fréquentée ou chercher des homards dans des chaos rocheux difficilement accessibles à 50 cm d'une mer bouillonnante, si la tempête fait rage ou s'il fait un temps de "curé".

La première précaution à prendre, dans tous les cas, est de donner à son entourage le lieu exact de la pêche et son heure de retour, afin de déclencher les secours, en cas de besoin, le plus rapidement possible. Il est aussi essentiel de prévenir en cas de changement de programme : par exemple, aller fêter une bonne pêche alors que les secours ont été mis en oeuvre.

Il est aussi déconseillé de partir seul dans les endroits où des conditions difficiles. Un téléphone portable (bien protégé de l'humidité et en ordre de marche !) est un atout non négligeable.

Les dangers, en bord de mer sont nombreux, mais sont facilement maîtrisés lorsqu'on les connaît.




L'état de santé.

La pêche en mer, dans des rochers ou sur la plage, surtout lorsque la mer se retire très loin et que c'est là-bas qu'il faut pêcher est éminemment sportive. Après les kilomètres parcourus à l'aller ou en action de pêche, il y aura un retour, où la fatigue commencera à se faire sentir, avec une besace qui se sera alourdie (c'était le but) dans une marche forcée contre la montre ou contre la marée montante. Jamais une marée n'a été en retard par rapport aux prévisions, et c'est à nous de nous adapter à elle.

C'est loin d'être un bagne, mais il est essentiel de ne jamais présumer de ses forces et d'adapter sa pêche à son état physique.




La météo:

Avant de partir, il faut absolument connaître la météo prévue pour les heures à venir. Il vaut mieux rater une partie de pêche que de se trouver dans une situation difficile.

Un orage qui se déclenche alors qu'on est loin de la côte avec les pieds dans l'eau n'est pas une partie de plaisir.

Le brouillard qui tombe soudainement est vraiment très dangereux.

La boussole, même de petite taille est un outil précieux si on a pris la précaution de noter mentalement la direction qu'il faut prendre pour retourner vers la terre, en se méfiant de la manière dont la mer remonte à cet endroit. Il ne faudrait pas être bloqué dans son retour par un bras de mer déjà trop profond pour être franchi.

Avancer dans le sens inverse du bruit de la mer (quand il y en a) est une bonne solution si celle-ci monte d'une manière rectiligne.

On peut aussi se fier aux bruits de la terre qu'on essayera de suivre.

S'il y a des petits rus sur le sable, il faudra aller à contre-courant, car cette eau vient de la terre.

On peut aussi, quand c'est possible et quand on connaît la direction que l'on doit prendre, laisser traîner derrière soi quelque chose qui fera une ligne dans le sable, qu'on essaiera de faire la plus droite possible si la visibilité le permet.


Dans les rochers, si la côte où ils sont est sauvage, le retour sera plus problématique et là, la petite boussole est essentielle. C'est vrai que c'est assez impressionnant de se retrouver sur des rochers glissants, entouré d'un brouillard à couper au couteau.


Si vous connaissez d'autres trucs, N'hésitez pas à nous les communiquer.





Les dangers de la pêche.

Nous avons peu d'animaux vraiment dangereux sur nos côtes. Il en existe néanmoins quelques-uns.

Les vives, qui sont des petits poissons (savoureux) dont la première épine de la nageoire dorsale est venimeuse et dont la piqûre est très douloureuse, et pendant longtemps. Les anciens disaient que c'était une douleur qui revenait à chaque marée. (En cas de piqûre, il faut absolument consulter un médecin.) Il semble que d'approcher très près de la piqûre, le bout incandescent d'une cigarette chauffe le venin et lui enlève une grande partie de sa toxicité, mais je ne l'ai jamais vérifié. Ce poisson a la fâcheuse habitude de s'enfouir sous le sable. Il est donc toujours conseillé de marcher dans l'eau ou dans le sable découvert par la marée (à quelque distance du bord, tout de même) avec de simples sandalettes pouvant protéger d'une éventuelle piqûre. Elles peuvent aussi protéger de coquillages coupants comme des rasoirs comme les coquilles de coques ou de couteau, mais aussi de bouts de verre ou de plastique et de toutes ces saloperies abandonnées par la faune humaine. Nous reviendrons sur l'utilité d'être bien chaussés dans les attributs vestimentaires du pêcheur modèle.


Il faut aussi faire très attention aux oursins dont les piquants peuvent entrer très profondément dans les chairs. Il sera souvent nécessaire de consulter un médecin pour les extraire.

Les anémones de mer et les méduses peuvent aussi déclencher des allergies ou de l'urticaire. Il vaut mieux ne pas trop s'en approcher.

Pour débusquer crabes, étrilles, ormeaux etc. on est parfois obligé de retourner des cailloux plus ou moins importants, plus ou moins lourds, plus ou moins glissants (ATTENTION, C'EST LA REGLE NUMERO UN DU PECHEUR A PIED : TOUJOURS REMETTRE A SA PLACE UN CAILLOU RETOURNE OU DES ALGUES REMUEES SOUS PEINE DE VOIR DISPARAITRE TOUTE LA VIE QUI S'Y DEVELOPPAIT) il arrive que les pieds comme les mains fassent les frais de ce travail de terrassier.
C'est le métier qui rentre !




Toujours dans les rochers, il faut se méfier des glissades sur les algues humides, mais on a tôt fait de s'apercevoir de l'instabilité de la situation. Des bottes ou des chaussures avec de bons crampons peuvent néanmoins améliorer les choses.

Le bout des doigts souffre quand même d'une pêche intensive dans les rochers.



Lorsqu'on pêche à l'aveugle, en introduisant la main voire le bras sous un caillou ou un rocher pour sentir ce qu'il s'y trouve, il faut, instantanément, reconnaître ce que l'on touche. Cela vient vite avec l'expérience. On peut tout rencontrer dans un trou, tourteau, homard, étrille, même des poissons comme le congre, la vieille. Aucun n'a envie de se laisser approcher et le premier réflexe de défense sera de pincer ou de mordre si l'on n'est pas suffisamment rapide.

Pourquoi ne pas utiliser tout de suite les crochets qui permettront, en tout cas c'est le but, de sortir l'animal ? Tout simplement parce que le crochet ne transmet pas les informations comme le fait un contact tactile.

La vieille, qu'on peut rencontrer sous les rochers, n'est pas, à priori, dangereuse sauf que son épine dorsale, non venimeuse est piquante comme une aiguille et que ce n'est pas très agréable comme prise de sang.

Si l'on se fait bien pincer par un tourteau ou un homard, ce n'est pas forcément une bonne idée que de lui casser la pince, car celle-ci peut se contracter encore plus. En plus, il n'est pas vraiment d'accord et le fait savoir par gestes. Très souvent, il suffit de reposer l'animal par terre et il lâchera prise pour s'enfuir. Essayer d'ouvrir la pince avec un couteau ou un autre objet similaire n'est pas, non plus, chose aisée. Décidément, le mieux, c'est de ne pas se faire pincer !!!

Une morsure de congre est toujours très douloureuse et dangereuse, car ces poissons ont une force peu commune dans les mâchoires et sont très peu coopératifs. Il faut s'en méfier comme de la peste.



La pêche aux crevettes.

Toute anodine qu'elle soit, elle peut présenter certains dangers. Je connais un endroit dans la baie de Locquirec où les crevettes grises sont excellentes. On les pêche en suivant le Douron à marée basse, dans trente centimètres à un mètre d'eau. Dans le fond d'un méandre, des rochers font obstruction au courant. Cela provoque en permanence un trou de près de trois mètres de profondeur sur quelques mètres carrés, qu'on ne voit pas, car l'eau est trouble. Très souvent, c'est le bain assuré.




Les sables mouvants.

Il arrive que dans des grandes étendues de sable, dans les estuaires des fleuves où la vase remplace le sable, il y ait des bancs de sables mouvants (comme dans la Baie du Mont Saint Michel) ou de la vase, bien mouvante. Le conseil est de toujours, dans ce cas-là, s'allonger de tout son long de façon à répartir la charge du corps et ramper vers des lieux plus solides.



L'EQUIPEMENT DU PECHEUR A PIED

Celui-ci va bien sûr varier selon le mode de pêche pratiqué et de l'endroit où il est pratiqué.

Il est souhaitable de se vêtir en fonction des conditions climatiques du moment, mais aussi de l'évolution de ces conditions. Se contenter d'un tee shirt alors que la pluie menace, c'est un bon refroidissement assuré.

Sachez néanmoins que les lieux de pêches sont souvent éloignés de votre voiture et qu'un panier plein, au retour de pêche, est lourd à porter.

Très souvent, surtout lorsque la mer remonte et vous talonne, les retours sont l'occasion de suées mémorables.




La manière dont on est chaussé est extrêmement importante.
A part pour de rares exceptions il faut éviter d'être pieds nus : nos cochonneries modernes : tessons de bouteilles, boites en ferraille, morceaux de plastique etc... sont redoutables.

Les coquilles, les petites pierres, certains animaux comme les vives, les oursins (qui eux sont dans leur élément) peuvent aussi provoquer de graves blessures, que le sable et le sel n'arrangeront pas.

Donc, sur le sable, et même pour marcher dans l'eau, de simples sandales en plastique sont suffisantes, même si ce n'est pas très esthétique.




Pour aller sur les rochers, il est souhaitable d'utiliser des bottes, dont les crampons auront bien du mal à vous faire tenir debout sur les algues bien glissantes. Les bottes maintiendront aussi les chevilles qui seront mises à rude épreuve par les imperfections (et le mot est faible) des zones de prospection. Les bottes protégeront ces mêmes chevilles et les cou de pied des éraflures qui pourraient être occasionnées par les rochers couverts de berniques ou d'autres petits animaux tout aussi coupants.

Par curiosité, regardez l'état de vos bottes après une partie de pêche et vous comprendrez les économies d'albuplast que vous venez de faire.




Si l'on désire farfouiller sous les rochers, en aveugle, il est souvent utile de se munir de gants style "MAPA" qui sont suffisamment fins pour bien sentir ce que l'on touche et suffisamment épais pour être une protection assez efficace contre les petites agressions.
Pour se protéger de la pluie et du vent un KWAY offre l'avantage de l'efficacité lorsqu'il est enfilé sur les vêtements et celui de prendre peu de place une fois replié, et être facilement portable autour de la taille (d'autant qu'il peut être utilisé comme une petite banane où l'on peut placer ses cigarettes ou ses clés, sans risque de perte).
Il faut aussi faire attention à la réverbération du soleil sur le sable blanc ou sur l'eau. Gare aux coups de soleil ou de chaleur, et ne pas hésiter à se mouiller copieusement la nuque et la tête ou à utiliser de la crème solaire. Les endroits abrités du soleil sont rares en mer !




Les ustensiles de pêche seront décrits dans la partie traitant des proies recherchées.




CONCLUSION


è La pêche à pied sur les côtes est un exercice physique important, excellent pour la santé et le moral, mais dont il faut être conscient.
è Avant de s'aventurer quelque part, il est toujours indispensable de se renseigner auprès des gens qui connaissent, sur les dangers éventuels du coin (en profiter aussi pour savoir ce qu'il y a de bien à pêcher à cet endroit et avec quels outils).
è Tenir compte des prévisions météo
è Etre habillé de manière confortable et protectrice, en rapport avec les conditions climatiques.