Les pêches
dans
les rochers






Si vous ne connaissez pas trop cette pêche, jetez un coup d'oeil aux règles de sécurité.
Il est essentiel de les suivre.


Dans les rochers, lorsqu'il y a quelques endroits sablonneux, généralement du sable assez gros, on pourra espérer trouver des coques, des palourdes, des praires, des amandes de mer etc. comme on l'a vu dans la section consacrée à la pêche à pied dans le sable. Mais il y a bien d'autres choses sur les rochers.
Malgré que la pêche soit libre, il est bon de se renseigner auprès des Affaires Maritimes sur les zones interdites à la pêche et sur les engins dont l'utilisation est interdite.




Généralement, lorsque l'on part à la pêche, c'est dans un but bien précis. On va ici pour trouver telle espèce ou là pour telle autre. Dans cette pêche, le coefficient de la marée est très important car, suivant son importance cela va modifier la hauteur d'eau donc la surface de terres découvertes. En plus, certaines espèces se rencontreront assez haut et disparaîtront à partir d'une certaine hauteur, alors que, pour d'autres il faudra attendre les grandes marées. L'heure et le coefficient de la marée va influer sur un éventuel départ en bateau. Les très grandes marées entraînent un certain absentéisme dans les entreprises littorales, tant elles sont prisées par les pêcheurs à pied.
Dans le cas de la pêche à pied dans les rochers, et à part quelques espèces bien précises, c'est à un ensemble de prises que l'on va s'adresser. Par exemple, lorsque l'on décide de faire une grande marée, assez loin, dans les rochers on va tenter de trouver des ormeaux, coquillage roi des rochers, on trouvera aussi des tourteaux, des araignées, des étrilles, peut-être du homard, du congre, et pourquoi pas quelques poissons pris dans les mares. Leur habitat très voisin permet ces recherches groupées. Il faut donc emporter les outils permettant ces captures.




Les premières espèces découvertes par la marée.

Les berniques, dont la coquille est en forme de chapeau chinois, sont très présentes sur les premiers rochers découverts par la marée descendante. Peu de gens les ramassent, c'est ce qui explique leur nombre. C'est vrai que c'est une bête assez coriace et pourtant, on en fait de très bons (?) ragoûts ! En fait, il faut décoller l'animal du rocher avec un couteau assez fort. Pour l'utiliser en cuisine, il faut retirer la chair de la coquille, ôter les viscères et la tête. Le pied doit être bien battu et haché, puis préparé avec un beurre d'escargot. C'est quand même un très lointain ersatz de l'ormeau.



Les bigorneaux sont des brouteurs d'algues microscopiques. Lorsqu'ils sont là, il y en a beaucoup. On les trouvent surtout sous les pierres (toujours les remettre à leur place, une fois délestées de leurs habitants), ou perdus dans les algues. Ils sont de couleur noire ou grise. Il ne faut pas les confondre avec les "bigorneaux de chien" (?) plus écrasés et dont l'orifice est plus nacrée ou les "bigous", plus allongés. Il doit sûrement y avoir une raison pour ne consommer que les "vrais" bigorneaux, mais je ne la connais pas et je n'ai jamais essayé de manger les autres. Il faut, bien sûr, trier les bigorneaux pour ne conserver que les plus gros. Toujours est-il le bigorneau est très bon et très facile à préparer. Il faut simplement le mettre quelques minutes dans de l'eau bouillante salée. Ils sont parfaitement cuits lorsqu'ils se retirent sans difficulté de leur coquille.

Les bigorneaux sont très communs sur le littoral breton. Ceux qui savent où a été tourné "l'hôtel de la plage", à Locquirec, n'auront aucune difficulté à en remplir un panier.



Autre escargot de mer, le bulot, n'est que très rarement trouvé en pêche à pied, car il est pêché aux casiers, en pleine mer, par les professionnels. C'est d'ailleurs une pêche très lucrative : c'est par tonnes qu'ils sont pêchés. Espérons que les quantités énormes sorties en ce moment n'en altéreront pas le stock de manière irréversible. Le bulot se prépare comme le bigorneau, on le plonge dans de l'eau bouillante salée accompagnée d'un bouquet garni. On éteint le feu 20 à 30 minutes plus tard et on égoutte les bulots lorsque l'eau est tiède. On les déguste froids, avec de la mayonnaise



Les bulots et autres bigorneaux, enfin tous les escargots de mer ont parfois des habitants armés de pinces : les Bernard l'ermite. Ils ressemblent, lorsqu'ils sont hors de la coquille qu'ils squattent, à un homard ou une langoustine dont la queue et le coffre seraient mous. La queue se termine par des crochets pour se maintenir dans leur lieu d'hébergement. La mollesse de leur corps explique la recherche d'une protection extérieure solide. Ce sont de très bons appâts pour la pêche lorsqu'ils ont une taille respectable. Au gré de leur grossissement les Bernard l'ermite recherchent de nouvelles coquilles, plus adaptées à leur nouvelle taille. Quelquefois les Bernard l'ermite ont une anémone de mer posée sur leur coquille avec laquelle se développe une véritable symbiose. Cette symbiose est si bien tolérée que, lors d'un changement de coquille le Bernard l'ermite va aider l'anémone à le suivre sur sa nouvelle habitation. Coté culinaire, seuls les gros exemplaires peuvent être consommés. J'en ai mangé en Afrique qui faisaient plus de 20 cm de longueur.




La pêche suivante est un petit peu spéciale car il faut la pratiquer à plusieurs bons vivants, armés d'un couteau solide, voire d'un burin effilé et d'un marteau (Oui, oui, c'est parfois nécessaire), de pain, de beurre salé (est-il nécessaire de la préciser ?), éventuellement de citron et surtout d'une bonne bouteille de Gros Plant bien frais. A votre avis que peut-on attraper avec tout cela. Tout simplement des huîtres sur les rochers. Tous les rochers du côté de Ré, Oléron, Marennes sont pourris d'huîtres et attirent beaucoup d'estivants. Chez nous, en Bretagne, elles sont moins nombreuses mais peu cherchées et plus grosses.
Les huîtres de parc sont cultivées en sacs de grossissement. Pour se protéger des prédateurs, elles doivent faire du calcaire tout autour d'elles ce qui les fait ressembler à un caillou. Les huîtres qui sont sur les rochers y sont solidement accrochées, leurs coquilles faisant partie intégrante du rocher. En fait, elles ne produiront du calcaire que sur les parties non protégées par le rocher. En essayant de les décoller, dans la quasi totalité des cas, elles seront ouvertes et il ne sera pas possible de les transporter pour les manger plus tard. C'est pour cela qu'il est utile d'apporter son pain et son beurre, pour les déguster sur place. On ne peut pas plus frais et c'est un vrai régal.
Je conseille aux amateurs, de rejoindre la pointe nord de l'île des Hébiens, à Saint Jacut de la Mer, en passant par la droite. Attention, c'est vraiment de l'escalade et quelquefois un peu dangereux pour qui n'y est pas habitué. Je serais étonné que vous ne soyez pas repus en arrivant au bout.
Méfiez-vous tout de même de la marée car on est vite encerclé.



Autre pêche facile, celle des moules. On les rencontre souvent par plaques, les rochers en sont couverts. Evitez quand même de trop marcher dessus car, lorsque leur coquilles est brisée elles sont mangées à la marée suivante. Pour les récolter, plutôt que de prendre tout un paquet, elles sont vraiment toutes attachées les unes aux autres par leur byssus, il vaut mieux sélectionner les plus grosses. On est généralement un peu déçu par la taille de la bête à l'intérieur de la coquille. C'est au moment de leur reproduction qu'elles sont les plus pleines .

Ma préférence va aux moules de la Baie du Mont Saint Michel et plus particulièrement de Cherrueix, pas très loin de la "frontière" Bretagne/Normandie. Celles-là sont cultivées en bouchots et ont un goût incomparable, Je ne veux pas être trop chauvin, mais la moule de Hollande... devrait rester en Hollande.

Un conseil culinaire toutefois, ne laissez pas trop cuire les moules. Cela les racornit. Et ne faites surtout pas comme une amie, qui croyant me faire plaisir, m'a bouilli ces moules dans deux litres d'eau, tout de même salée. Bof ! ce n'est pas terrible et éventuellement à réserver à des Anglais.

La petite moule de chez nous ne se mange que cuite. Elle n'est pas mauvaise, crue, mais elle est petite. La moule d'Espagne, qu'on cultive aussi sur les étang salés de Méditerranée (Thau, Bouzigue...) se dégustent plutôt crues, comme des huîtres. Elles sont excellentes.

Je peux vous donner une recette, toute simple, que ma maman faisait comme une reine. Vous ouvrez des moules d'Espagne et les farcissez de bonne chair à saucisse. Au fur et à mesure vous fermez les moules avec un élastique ou une ficelle alimentaires, pour éviter qu'elles ne s'ouvrent à la cuisson. Parallèlement vous préparez des pâtes à la sauce tomate. Vous faîtes cuire les moules farcies dans un faitout, jusqu'à ce que la chair à saucisse soit cuite. Vous ajoutez les herbes que vous aimez et mélangez le tout. Humm!!

La moule peut, aussi, servir d'appât. Fraîche et découpée en petits morceaux elle intéresse les éperlans et les mulets. J'ai même vu un autochtone utiliser ces moules, avec la coquille, simplement écrasée pour pêcher la vieille. On peut aussi utiliser la moule, ainsi que d'autres coquillages frais, simplement écrasés comme amorce ou comme ingrédient d'une "strouille".



On va continuer par une pêche où vous pourriez emmener les enfants. La pêche à l'anguille. C'est une pêche facile qui les amuse souvent beaucoup. On trouve généralement des anguilles dans les fonds de baie, sablo-vaso-rocheux. Il faut soulever les cailloux et être très rapide pour les attraper et bien les tenir car elles sont très visqueuses. Je rappellerais encore une fois de remettre les cailloux en place pour ne pas condamner la faune qui s'y est réfugiée. On peut aussi, bien sûr les attraper avec des pièges, en osiers. Mais il vaut mieux se renseigner auprès des affaires maritimes pour savoir si l'on peut pêcher de cette manière.



Les enfants, comme les néophytes doivent acquérir les techniques de la pêche à pieds. Coincer et attraper un crabe n'est pas une chose si facile que cela. Faire comprendre qu'un crabe, attrapé par dessus, par une pince, ne peut pas pincer. Les crabes verts et les étrilles sont de bons sujets d'entraînement : l'un comme l'autre sont agiles et rapides.



Les crabes verts (ou rouges) sont assez nombreux et se cantonnent tout près de la côte. Ils disparaissent sitôt qu'on s'éloigne un peu. Depuis quelques temps, ces crabes, que tout le monde dédaignait, font l'objet de pêche au casier car il parait qu'ils entrent dans la composition des saveurs artificielles des surimis. Ils sont généralement cachés sous les algues ou les cailloux. Ils ne deviennent jamais très gros mais pincent quand même très fort. Le meilleur moyen de les attraper à la main est de les immobiliser en appuyant dessus avec l'index. Puis, avec le pouce et le majeur on peut les prendre juste derrière les grosses pinces. Ils ne sont pas si facile que cela à attraper.



Outre le surimi, ces petits crabes peuvent entrer dans la composition de soupes. Les crabes rouges, si on a la patience de les décortiquer ont même un excellent goût. L'intérêt de ces crabes réside surtout dans le fait que ce sont d'excellents appâts pour la pêche, à la vieille par exemple et, s'il sont mous, donc en pleine mue, ils intéressent beaucoup les bars.



On commence à trouver beaucoup, même beaucoup trop de crépidules. La crépidule ressemble un peu à une bernique dont le chapeau serait arrondi. On les trouve souvent empilés les unes sur les autres, c'est ce qui explique entre autre leur fertilité. D'ailleurs leur nom scientifique (crépidula fornicata) laisse peu de doutes quand à leur vie sexuelle débridée. Ce sont des cochonneries qui nous ont été amenées clandestinement par bateau, d'Amérique du nord, avec d'autre coquillages. Comme elles n'ont pas de prédateur sur nos côtes elles nous envahissent en prenant la place des espèces indigènes. Iil semble (je l'ai appris récemment) qu'elles soient un peu pêchées car bonnes à manger (?). Néanmoins, l'industrie a trouvé le moyen de les transformer en nourriture pour animaux. On peut aussi les utiliser comme appât.



On a vu que sur le sable, en poussant un haveneau on pouvait récolter des crevettes grises. Dans les rochers, dans les mares, ce sont des crevettes roses et des bouquets que l'on trouve. On les pêche avec un haveneau différent de celui utilisé pour la crevette grise. Celui-ci est plutôt circulaire ou ovale et il faut le glisser sous les algues immergées en bordure des mares ou le long de l'embouchure des fleuves (cours d'eau se jetant dans la mer - Rivière, cours d'eau se jetant dans un fleuve). Les crevettes roses (qui sont blanches lorsqu'elles sont vivantes) sont assez nombreuses, mais malheureusement assez petites. Les bouquets sont plus gros, marron transparent, mais aussi bien plus rares. La pêche aux bouquets, de nuit, est assez impressionnante (il ne faut la pratiquer que lorsque l'on connaît très bien le terrain) car les yeux des bouquets sont phosphorescents. Il existe aussi des casiers à crevettes que nous évoquerons dans les engins de pêche.




En pêchant la crevette, vous pouvez tomber sur des hippocampes ou des porte-plumes (syngathe). Ils sont devenus si rares qu'il vaut mieux leur laisser la vie sauve. Et puis, un animal dont c'est le mâle qui "accouche" de ses enfants mérite des égards ! La cuisson du bouquet ou de la crevette rose est la même que pour la crevette grise. Il ne faut surtout pas oublier de les saler, au sel fin, juste après la cuisson et lorsque l'eau de cuisson aura été vidée. Le pouillen breton, amorce qui rend fou les éperlans, les mulets et les bars est constitué de minuscules petites crevettes roses et blanches d'eau presque douce. Pour pêcher de la côte, éperlans et mulets, après amorçage, il faut mettre à l'hameçon un petit tronçon de crevette rose. Pour le bar, il vaut mieux utiliser un bouquet vivant qu'on accrochera par la queue.



Si vous le voulez bien, nous allons partir à une partie de pêche à pied dans les rochers.

L'intérêt de cette pêche réside dans la diversité des espèces qui pourront être recherchées et trouvées. Les étrilles, les tourteaux, les araignées, mais encore les homards ou les ormeaux ont presque le même habitat. En recherchant les uns on tombe fatalement aussi sur les autres. Les langoustes, les vraies, les royales bretonnes, pouvaient se trouver de la même manière au début du siècle. Lorsque l'on tombe sur un trou à homard, il est fréquent que dans ce même trou, ou à proximité il y ait un congre attendant la mue du homard.




LE MATERIEL.

Un couteau à lame épaisse et un fort crochet sont les armes suffisantes à cette pêche. Il est préférable que le panier qui servira à mettre les prises puisse être tenu à la main et laisse l'eau s'écouler. Les paniers que l'on porte en bandoulière sont à proscrire car très rapidement l'eau qui s'en écoule mouillera les vêtements rendant la pêche pénible. Sitôt les premières prises effectuées, il ne faut pas oublier de mettre des algues dans le panier. Elles protégeront les prises du soleil et surtout, diminueront les risques de bataille : chaque crabe ou homard prenant son brin d'algue et fichant la paix aux autres.

Il faut savoir que, suivant son ardeur à la pêche, on sera amené à se mouiller, même se tremper. Il faudra en tenir compte pour ses vêtements sous peine d'être obligé de compenser la soupe à la grimace de Madame par un panier particulièrement et richement rempli ! Quoique certaines de ces Dames apprécient à moitié les prises de leur chère moitié qui signifient souvent quelques saletés dans la maison !



LA PECHE.

Pour ce genre de pêche, on choisira un fort coefficient qui verra la mer se retirer au plus loin. Il y a deux grandes marées par moi (une grande et une petite). Il faut faire, bien sûr la grande marée, mais souvent, il est très intéressant de faire les marée de la veille et de l'avant veille, qui se retire un peu moins loin, mais souvent plus fructueuse, car la foule des bassiers n'est pas encore intervenue.


Qu'on rejoigne les lieus de pêche à pied ou en bateau, il faut s'arranger pour arriver au bas de l'eau, une heure et demie à deux heures avant la marée basse. Si l'on se réfère à la règle des marées, cela donne la possibilité de suivre la descente de la mer sur 1/4 (3/12) de son amplitude.



Lorsqu'on pratique cette pêche, on va utiliser tous les moyens pour débusquer nos proies. Il faut retourner les rochers (et surtout les remettre en place), regarder sous ceux que l'on ne peux pas bouger, observer les failles, tâter le fond des trous, à la main ou avec son crochet (un bruit différent, un mouvement peuvent trahir une présence), relever les algues (sans les briser) etc... Très souvent, on sera obligé de se mettre dans l'eau jusqu'à la taille pour explorer, à l'aveugle, ce qui est inaccessible à l'oeil.



Les étrilles sont des crabes très rapides, tant sur le sol que dans l'eau et il n'est pas aisé de les attraper, d'autant qu'elles sont assez agressives et malgré leur relative petite taille, elles pincent assez fort. Le meilleur moyen de les attraper est de mettre son doit sur la carapace pour les immobiliser. Ensuite on peut facilement les attraper derrière les pinces.

Sur le plan culinaire, malgré sa petite taille qui rebute nombre de convives, elle a un goût très fin.




Les ormeaux vont se décrocher au crochet, au couteau ou à la main, s'il sont surpris. N'ayez pas peur, ils ne mordent pas et se sauvent au dixième de la vitesse d'un escargot. Les araignées ne poseront pas de problèmes car elles seront généralement en pleine eau. Par contre, les tourteaux ou les homards s'arc-bouteront dans leur trou s'ils se sentent découverts. De grâce, laissez vivre ceux qui sont trop petits. C'est vrai, qu'en pêche à pied, vous ne trouverez pas de gros modèles, qui se réfugient dans des fonds plus importants, mais il y a des limites, notamment les tailles légales à respecter. Le challenge, lorsqu'on essaye de récupérer un crabe ou un homard est de ne pas se faire pincer. Sachez que si vous les prenez par ces pinces, ils n'ont plus d'arme pour se défendre et vous ne risquez plus rien. Il ne sert à rien d'employer la manière forte. Vous leur casseriez les pattes et ils risquent de s'en aller. Tout en douceur, il faut que l'animal lâche progressivement prise et se laisse prendre, gentiment.


J'ai connu un pêcheur à pied qui ne partait jamais sans quelques morceaux de poissons. Lorsqu'il trouvait un trou à homard, trop profond pour le déloger avec les armes traditionnelles, il mettait, au bout de son crochet, un beau morceau de poisson et généralement le homard ou le tourteau se laissaient tenter. Tranquillement, il les amenait à se découvrir, pour fondre dessus sitôt que c'était possible. On peut aussi penser aux balances, mais je ne pense pas qu'elles soient toujours autorisées.




Dans un trou, vous pouvez tomber sur un congre. Là, pas de question d'y mettre les mains et pas question, non plus, d'utiliser la manière douce. Sortir un congre de 1 m.50 d'un trou est un petit exploit. Le crochet est pratiquement le seul ustensile qui puisse déloger un congre, bien coincé dans son nid.



Les mares doivent être systématiquement fouillées. Outres les prises dont on a parlé plus haut, vous pourriez trouver des poissons, surtout des vieilles, surpris par la marée basse. L'idéal serait d'avoir une épuisette, certains le font, mais cela fait beaucoup de matériel à traîner. Sachez qu'un poisson, même dans une mare, est dans son élément et, à moins qu'il ne soit pas en parfaite santé, ce sont de véritables bolides, quasiment impossible à coincer à la main.



Une petite anecdote : J'étais parti faire ma marée, en compagnie de mon frère, sur le plateau des Minquiers. Dans une grande mare, reliée à la pleine mer par un boyau peu profond, d'une petite dizaine de mètres de long pour une largeur de 50 à 60 cm, il y avait tout un banc de bars, 2 ou 300 bars. Fort content de la configuration du terrain, l'un d'entre nous partit chercher une épuisette pendant que l'autre faisait bonne garde dans le goulet pour éviter que le banc ne s'enfuit. Mon frère voulait se poster à l'entrée du boyau tandis que l'autre effraierait les bars pour les faire sortir par petits groupes et en récupérer un maximum. Tout était en place. J'ai commencé à entrer dans l'eau pour en chasser quelques uns vers la sortie. En fait, c'est tout le banc qui est parti en même temps. L'ensemble avait une telle force que les poissons en ont tordu l'épuisette. Résultat on en a simplement attrapé UN.



On peut trouver aussi des étoiles de mer. Certains pêcheurs professionnels les considèrent comme des saloperies qui font de grands ravages chez les coquillages, notamment les coquilles Saint Jacques. Les grandes étoiles sont vraiment très belles. Attention, elles sont très fragiles. Si vous souhaitez en ramener chez vous pour les faire sécher il faudra les mettre bien à plat pour le transport car elles se cassent comme du verre. Une fois chez vous, il faudra les mettre sur une plaque de bois, à l'abri du soleil et de la pluie. Leur séchage prend plusieurs jours et l'odeur qui s'en dégage est très forte et pas très agréable. Pour diminuer la quantité de matière organique qui va pourrir et donc sentir, on peut gratter, très délicatement, les chairs de la face ventrale avec la pointe d'un couteau. Une fois que l'étoile est bien sèche, il est conseillé de la vernir afin d'éviter au maximum, les odeurs persistantes.



Il se peut que vous trouviez des oursins. Il faut se méfier ... des dates d'ouverture car cette pêche n'est pas totalement libre, et des épines. Ne pas hésiter à consulter si vous vous en êtes plantée une. Les gros oursins de Bretagne sont particulièrement goûteux.

A la fin du printemps, c'est l'époque où les seiches se rapprochent de la côte pour frayer. Vous aurez de grandes chances d'en trouver dans les mares. Bien entendu, il est plus sûr de les attraper au filet ou au casier. La pêche à la turlutte est une pêche au lancer assez agréable. Les seiches sont des céphalopodes excellents, aux recettes multiples et dont on fait de très bons appâts pour la pêche. On débite le blanc de la seiche en lanières qui peuvent être utilisées sur les hameçons de lancer ou sur des lignes de fond. Ces lanières tiennent très bien à l'hameçon et sont très prisées par les poissons. Elles se conservent aussi très bien, salées ou congelées.