Patrimoine : Histoire



Depuis la préhistoire, le sol de notre territoire, et notamment celui de la presqu'île de Crozon, connaît des fortifications (éperons barrés, camps romains, mottes féodales...). C'est en fait la proximité de Brest qui va lui donner toute son importance stratégique.



Dès 1387, Jean IV Duc de Bretagne, l'a compris lorsqu'il tente de récupérer Brest auprès de Anglais. Puis, c'est au tour des Espagnols, en 1594, d'essayer de contrôler le goulet : Brest leur conviendrait comme base de départ pour la conquête de l'Angleterre protestante. Le développement de Brest, sous l'impulsion de Colbert, amène aussi un renforcement de son système défensif selon 3 axes inspirés par Vauban : défenses du goulet, défenses des baies extérieures (Camaret, Morgat, Dinan..) et défenses "externes", de manière à protéger le revers des batteries de côtes (lignes de Quélern). C'est la naissance du Mur de l'Atlantique, amélioré au cours des âges (XVIIIème siècle, Révolution française, Empires, IIIème République) jusqu'à sa version moderne en 1944. Les Anglo-Hollandais se heurtent à ce complexe défensif dès juin 1694 dans l'anse de Camaret : c'est la bataille de Trez-Rouz (la Pointe de la Mort Anglaise en a conservé le souvenir). Notre-Dame de Rocamadour, sur le sillon de Camaret, y perdit la flèche de son clocher.



Le développement de Brest, c'est encore la construction, l'armement des fortifications et des navires.
Poudreries, poudrières : Iles des Morts (Roscanvel), d'Arun (Rosnoën)...
Le port du Faou, en fond de rade de Brest : la proximité de la forêt du Cranou vaut à la cité, déjà relais des postes, une activité économique liée au trfic du bois de construction navale vers Brest.

La fin des grands conflits n'achève pas l'histoire militaire de notre territoire, puisque le sous-marin "Le Redoutable", premier du genre, arrive à l'Ile Longue à l'automne 1970.

L'idée d'un canal sur l'Aulne flottait depuis le XVIIème siècle. Un quadrillage de voies d'eau praticables apparaissait de plus en plus nécessaire en Bretagne. Le conflit naval, vers 1780, entre la France et l'Angleterre, lors de l'indépendance américaine, mettait en évidence l'intérêt militaire de relier Nantes à Brest. Il s'agissait de débloquer le port atlantique par l'arrière pays.

Le 11 janvier 1810, la réalisation du canal fut définitivement adoptée. Les péniches partant de Nantes et gagnant Brest avaient à parcourir 385 Km de canaux et à franchir 238 écluses.

En 1858. 48 ans plus tard, Napoléon III inaugura, en compagnie de l'Impératrice Eugénie, l'écluse maritime de Guilly-Glas à Port-Launay. La réalisation du canal nécessita près d'un demi-siècle de travaux et le labeur de milliers d'hommes.

Militaires et prisonniers se retrouvaient sur le chantier à Port-Launay. Mais la main d'oeuvre locale ne manquait pas, même si le salaire de un franc par jour n'était pas de nature à attirer les bonnes volontés.

Port-Launay était, bien avant la construction du canal, un "port de mer", à la limite de la navigation maritime de l'Aulne. Sur ce site abrité, à 31 Km de la mer, des magasins d'Etat abritèrent, au cours de la Révolution, les denrées et les fourrages réquisitionnés et destinés aux troupes de Brest.






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