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TOPOGRAPHIE MEDICO HYGIENIQUE du DEPARTEMENT du FINISTERE Docteur Louis CARADEC 1861)
Manuel d'Histoire (extrait d'ouvrage d'Armand REBILLON)
COPYRIGHT Toute l'Histoire de la Bretagne
éditions Skol Vreizh adresse Manufacture, Quai de Léon 29600 MORLAIX
L'implantation massive des Bretons
Elle commence à la fin du IVe siècle et dure jusqu'au Vle siècle inclus.
Originalité
De nombreux peuples ont participé aux migrations de cette époque : Vandales, Burgondes, Goths, Alains... Ils ont tous disparu rapidement en laissant peu de traces. Les Bretons, eux, ont gardé leur identité jusqu'à nos jours. C'est que leur mouvement a eu une ampleur particulière et des caractères distinctifs. Le nombre total de Barbares germaniques installés en Gaule n'a sans doute pas atteint 150 000. Les immigrants bretons, eux, n'ont été ni une élite aristocratique, ni une population massive. Ceci nous amènerait à l'hypothèse de 30 à 50 000 immigrants, ni une majorité, ni une élite donc, avec une répartition géographique très inégale.
L'autre raison de la permanence du fait culturel est que les Bretons ne représentent pas, en Bretagne, un corps étranger. Ils sont plutôt une résurgence du passé pré romain dans un pays où des traces importantes du passè celtique subsistent, vivifièes par les rapports quotidiens avec une Île de Bretagne restèe essentiellement celtophone.
Contrairement aux Barbares, les Bretons sont, comme les Armoricains, des citoyens romains, défenseurs de l'Empire, de la romanité et du monde chrétien. On a vu que, bien avant l'arrivée des Saxons les Bretons ont été amenés à intervenir en Gaule, et singulièrement en Armorique, La conquête romaine n'ayant jamais été complète dans l'île de Bretagne, du fait de la non soumission des Pictes et des Scots, les Romains ont laissé subsister de petits royaumes bretons semi indépendants dans les Hautes Terres du Nord et de l'Ouest.
Par ailleurs, les Romains recrutent nombre de Bretons pour leurs armées, surtout sur le limes des Champs Décumates, entre Rhin et Danube, mais aussi pour les garnisons d'Espagne, de Thébaïde et même d'Armorique. Ces Bretons émigrés s'installent souvent définitivement sur le continent, en particulier le long du littoral de la Manche. En Bretagne, ils résistent fort bien, jusque vers 550, aux invasions germaniques, grâce à leurs traditions guerrières. On a vu que c'est, au contraire, l'armée recrutée en Bretagne qui intervient à plusieurs reprises en Gaule pour sauver l'Empire menacé, notamment avec Maxime ou Constantin. Gerontius, l'un des deux généraux de ce dernier, est, pour ses troupes, un roi breton de Domnonée, royaume breton insulaire.
Vingt ans plus tôt, Maxime, général romain d'origine ibérique, entraîne l'armée de Bretagne sur le continent, persuadé qu'il défendra mieux l'Empire romain que Gratien, l'empereur en place. L'épopée de Maxime et des Bretons, maîtres de Rome en 388, avant la réaction de Théodose, l'empereur d'Orient, fait dans la mémoire collective bretonne une forte impression, d'autant que nombre de combattants bretons meurent ou demeurent en Gaule. L'un des chefs bretons exerçant sous la direction de Maxime a peut être été Conan Mériadec, héros légendaire de l'histoire bretonne. Des céramiques trouvées à Alet et à Pont Croix, datées du IVe siècle, et provenant du sud de l'île de Bretagne, tendent à prouver un passage de troupes bretonnes par l'Armorique et l'existence de premiers établissements bretons.
A la fin du IVe siècle, il faut donc distinguer deux sortes d'établissements bretons en Gaule :
Hors d'Armorique, on a gardé la trace d'une soixantaine d'établissements dispersés, souvent liés, à l'origine, à une garnison. Ils ont nom aujourd'hui: Bretteville, Bretenoux, Bretonneux, Breteuil, Brittenheim.
- En Armorique, deux cités très menacées par les pirates saxons, celles des Osismes et des Vénètes, ont très tôt confié leur défense à des contingents bretons.
- Après le départ des Romains de l'île de Bretagne pour cause d'invasion de l'Empire (410), l'île se défend seule contre les Pictes et les Scots. Une véritable alliance s'établit entre les Bretons et Rome, puissance temporelle en déclin mais qui devient capitale de la papauté et qui gagne, par là, une puissance spirituelle qu'elle n'avait pas.
Certes, en Bretagne insulaire, le "parti ultra" de Vortigern préfère faire appel à des mercenaires saxons. Mais la grande majorité des chefs temporels et spirituels des Bretons est favorable à l'alliance romaine, d'où leur participation à la défense de la Gaule: contre Attila en 45 1, contre Euric et ses Wisigoths en 469, à Bourges, contre les Francs de Childéric (père de Clovis), refoulés de la Loire à la Somme par les Bretons.
Eléments sur la première migration (IVe Ve siècles)
Les Bretons ont toujours été nombreux au bout de la péninsule. Leur nombre s'est encore accru au cours du Ve siècle lorsque les Romains ont confié à des "fédérés" bretons la défense des deux cités médianes, ainsi que celle des Osismes. S'y ajoutent des soldats plus ou moins brigands dans les bandes de Bagaudes. "Des clercs errants ou établis dans les monastères, dans les îles du Trieux ou à Lérins, marchands et marins qui n'ont jamais cessé de courir les mers du Ponant et de l'Orient" (L. Fleuriot, O.B.).
L'importance de l'élément militaire dans cette première migration explique la fréquence des légendes montrant les Bretons en quête de femmes. Au Ve siècle, de nombreux saints bretons sont déjà en Armorique tout comme on trouve des saints armoricains en Grande Bretagne car les clercs, hommes d'action autant que religieux, jouent un rôle essentiel dans l'organisation comme dans la direction du mouvement de migration.
Commencée dans un Empire romain en difficulté puis agonisant, elle s'est poursuivie ensuite. De plus, les raids irlandais suivis d'occupation sur la côte ouest de l'île de Bretagne, nombreux dès le IVe siècle, ont entraîné des mouvements de population vers la zone de refuge normale qu'étaient le nord et l'ouest de l'Armorique. Léon Fleuriot note cette conséquence (O.B., p. 161):
"La coïncidence extraordinaire entre la limite Est des Osismes et des Vénètes et celle de la zone bretonne "pure " révèle, sans aucun doute, l'étendue de la zone confiée le plus anciennement aux Bretons, à une époque où le gaulois y restait bien vivant".
(extrait de l'ouvrage TOPOGRAPHIE MEDICO-HYGIENIQUE du DEPARTEMENT du FINISTERE Docteur Louis CARADEC 1861)
HISTORIQUE.LES TEMPS PRÉHISTORIQUES (extrait d'ouvrage d'Armand REBILLON)