Très cher ami, Je viens de recevoir votre pneumatique. Cela me fait du mal de vous décevoir ; mais il est absolument impossible que nous arrivions à un accord avec Elsa Triolet, qui nadmettra jamais quon crée lillusion que Ma est un vrai grand poète. Jai fait don à Ma des 8/10e de ce quil paraîtra être au lecteur français. Me demander de revenir sur ce don, cest quelque chose dimpossible. Par ailleurs les poèmes que jai tirés de Ma sont indiscutablement supérieurs au texte russe. Il est même vraisemblable que dans lavenir, lorsquon aura remis M. à son rang en Russie, cest à ces " traductions " françaises quil devra le plus clair de sa renommée. Que lon sen plaigne au nom de M. me semble un douloureux scandale ! (un détail : peut-être évidemment serait-il mieux de signer de noms le grand poème, comme on le fait pour des uvres musicales ; jy ai pensé.) Cher ami, il mest impossible dêtre là demain à 6h10 ; jai du travail. Puis la discussion serait tellement inutile ! Quant aux autres aspects de la question (publication, etc,), jen suis très malheureux pour vous, car jai beaucoup de vraie affection pour vous, vous le savez. Mais pour moi ce sont des choses indifférentes : la seule pensée qui me fasse plaisir cest celle du suicide ; je narrive à mendormir quen y songeant. Alors ! Jai beaucoup travaillé ces jours derniers. Je voudrais un peu de paix avant que narrive cette choses ! Pardonnez-moi. Avec toute mon affection
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