Très cher ami, Peut-être dormirai-je encore parfois Je lespère. En tout cas ceci me donne le temps de penser, entre autres choses, à Ma ; lattitude dE. Triolet me paraît de plus en plus intolérable : je fais don à Ma dune poésie quil ne possédait presque pas. En réalité ces traductions sont une injustice en faveur de Ma ; jai relu les textes russes depuis lundi : vraiment Ma nest pas digne de ce que jai fait pour lui ! De lavis de tous les Polonais que jai rencontrés, la version que jai donnée de larbre inconnu vaut plus que loriginal ; mais Tuwim au moins men a remercié. Je décide donc, purement et simplement, de ne pas publier mes Ma. La seule peine que cela me fasse, me vient à songer que vous auriez tant ailé publier ces textes ; il me semble quils vous appartenaient, tant vous les aimiez ; je pense parfois quun poème appartient à celui qui laime le plus Pour ma part, que ce que je crée soit ou non publié mest devenu entièrement indifférent ; mon ami, jai fait tant de progrès dans la mort depuis quelques mois Je ne suis pas croyant et pourtant je voudrais que quelquun prie pour moi ! Avec toute mon affection. Vous êtes merveilleusement gentil pour moi et vous mavez fait du bien.
PS : Je suis très occupé ces jours-ci, car pour moccuper de M. javais remis beaucoup de leçons et laissé des besognes de côté. |