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Armand Robin: la correspondance

Lettres à Jean Paulhan 1938

robin_lettres_correspondance Jean Paulhan 1938 j'allais vous écrire
  Mercredi

Bien chers amis

J’allais vous écrire ce matin quand j’ai reçu votre mot. Me faut-il renvoyer les 2 épreuves ?

J’ai vraiment été merveilleusement opéré par ce jeune chirurgien, dont on apprécie d’ailleurs partout la singulière habileté. Je suis rentré chez moi où je dois encore rester quelques 3 ou 4 jours aussi immobile que possible.

Peut-être vais-je partir pour une quinzaine de jours de convalescence dans les Pyrénées aux alentours de Font-Romeu. Sinon j’irais en Bretagne dès la semaine prochaine.

Il y a de très beaux textes dans ce n° de Mesures : j’aime le texte de Léon Paul fargue ; et les poèmes d’Eluard atteignent cette fois le plus intérieur de nous ; ils chantent parfaitement dans ces zones d’inconstante féerie sentimentale que la vie nous altère d’instant en instant plus aisément que tout le reste. Cela m’a fait plaisir, car j’aime et admire Eluard, mais ne suis jamais sûr que soudain il ne se laisse aller à la plus décevante facilité.

Le Mont Coelius devient d’une angoisse presque intolérable vers le milieu ; c’est vraiment impressionnant.

Ce rapprochement de textes autour du " Songe " de Montherlant est étonnant.

" Volontés " voudrait que je lui donne quelque chose.

Je vous envoie " Prière ", qui est près, je crois, de son état définitif.

Je suis bien heureux de songer que vous vivez dans les Pyrénées et qu’en particulier Mme Paulhan s’y repose. Je vous souhaite de magnifiques vacances.

Je ne vous laisserai pas longtemps sans nouvelle.

Croyez, amis, à mes sentiments de très profonde sympathieet à la présence de ma pensée près de vous.

A. Robin

P.S. J’ai du remords de n’avoir pas écrit à Fieschi.

Vous ai-je montré la photographie de ce village ? La voici.

 

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