Bien chers amis Jallais vous écrire ce matin quand jai reçu votre mot. Me faut-il renvoyer les 2 épreuves ? Jai vraiment été merveilleusement opéré par ce jeune chirurgien, dont on apprécie dailleurs partout la singulière habileté. Je suis rentré chez moi où je dois encore rester quelques 3 ou 4 jours aussi immobile que possible. Peut-être vais-je partir pour une quinzaine de jours de convalescence dans les Pyrénées aux alentours de Font-Romeu. Sinon jirais en Bretagne dès la semaine prochaine. Il y a de très beaux textes dans ce n° de Mesures : jaime le texte de Léon Paul fargue ; et les poèmes dEluard atteignent cette fois le plus intérieur de nous ; ils chantent parfaitement dans ces zones dinconstante féerie sentimentale que la vie nous altère dinstant en instant plus aisément que tout le reste. Cela ma fait plaisir, car jaime et admire Eluard, mais ne suis jamais sûr que soudain il ne se laisse aller à la plus décevante facilité. Le Mont Coelius devient dune angoisse presque intolérable vers le milieu ; cest vraiment impressionnant. Ce rapprochement de textes autour du " Songe " de Montherlant est étonnant. " Volontés " voudrait que je lui donne quelque chose. Je vous envoie " Prière ", qui est près, je crois, de son état définitif. Je suis bien heureux de songer que vous vivez dans les Pyrénées et quen particulier Mme Paulhan sy repose. Je vous souhaite de magnifiques vacances. Je ne vous laisserai pas longtemps sans nouvelle. Croyez, amis, à mes sentiments de très profonde sympathieet à la présence de ma pensée près de vous. A. Robin P.S. Jai du remords de navoir pas écrit à Fieschi. Vous ai-je montré la photographie de ce village ? La voici. |