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Armand Robin: la correspondance

Lettres à Jean Paulhan 1938

robin_lettres_correspondance Jean Paulhan 1938 etes-vous
  28 août 1938

A. Robin

Chalet Le Pardal

Superbolquère

Par Bolquère

Pyrénées Orientales

Chers amis, êtes-vous encore à Capvern ? Je l’espère. Bonne fin de vacances.

Je suis heureux de vous annoncer ma guérison complète. Je vais même dès maintenant pouvoir reprendre progressivement les travaux interrompus.

" Volontés " publie un de mes poèmes dans son n° d’octobre. Supervielle m’a écrit des lettres d’une merveilleuse amitié ; peu de choses dans ma vie m’ont été aussi douces que ma rencontre avec cet homme. J’ai reçu aussi le n° d’Arts et Métiers graphiques : je n’avais jamais osé espérer que ce poème d’Essénine serait présenté avec cette simplicité magnifique.

Vous allez vous amuser : comme tout travail intellectuel m’a été assez rigoureusement [interdit ?] pendant 15 à 20 jours, j’ai tourné la défense en apprenant ici la musique, dont à mon grand regret j’ignorais tous les éléments. Depuis une semaine je cherche à dompter au piano 4 pages de Liados.

Je n’oublie pas de contempler les montagnes et d’écouter les sapins.

Si vous n’aviez tant à faire, je vous dirais que j’aimerais beaucoup avoir de vos nouvelles.

Dans une dizaine de jours je pars pour la Bretagne.

Avec un souvenir où je découvre peu à peu de l’affection,

Vôtre

Armand Robin

P.S. Sauriez-vous ce que devient Guéhenno ? Je lui ai écrit encore une fois ; en vain. Je crains quelque chose de grave : comme une volonté désespérée de s’écarter de tous.

" Capvern " : j’aurais parié mille contre un que c’était le nom d’une ville bretonne.

 

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