Cher Paulhan, Je suis confus de vous proposer encore un poème pour votre revue. Mais depuis trois mois mes amis me prient de vous proposer " offrandes ", et tout récemment, E. Mounier ma très instamment recommandé de vous ladresser. Pour ma part je vous confesse que je suis conscient de la très grande beauté de ce poème et je serais surpris, je lavoue, si cette uvre nétait née que pour loubli. Et pourtant jai peur. Il me semble que vous allez me refuser ce poème. Malgré toutes sortes de prières, jai refusé longtemps de vous lenvoyer, car javais peur Non pas la peur dêtre découragé personnellement : je suis au-dessus du succès ; je lai prouvé et je le prouverai. Mais la peur, en cas de refus, de perdre toutes mes illusions sur le rôle joué par les revues dans lhistoire de lArt et de la Pensée. Souvenez-vous quil y a quelques années encore jétais garçon de ferme et que tout cela me paraissait si beau Veuillez agréer, Monsieur Paulhan, lexpression de mes sentiments respectueux, Armand Robin 24, rue des Fossés Saint-Jacques Paris 5e |
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