Cher Paulhan Je suis content cette fois: je vous ai traduit le poème peut-être le plus beau d'Essenine: lisez-le: vous verrez comment on peut transfigurer le terrestre. Maintenant, je dois vous dire que j'étais loin d'être satisfait de la traduction des poèmes que je vous avais montrée l'autre jour; heureusement j'avais pris le soin de vous inscrire le texte russe à côté, de sorte qu'un Russe a pu, je l'espère, vous avertir mieux que moi de l'imperfection de ma traduction. Vous trouverez ici de nouveau cette traduction, corrigée. Je suis content cette fois de ces deux traductions; vous savez que je dis, comme c'est, ce qui me semble être pour ou contre moi et vraiment cette fois-ci je crois pouvoir dire que mes deux traductions sont à peu près irréprochables. Le détail qui m'a donné le plus de peine était de transposer en français les assonances (mêlées parfois de rimes) du texte russe, en gardant les mêmes intervalles et en conquérant le même timbre. Et maintenant je vais travailler. Veuillez croire, Monsieur Paulhan, à mes sentiments très cordiaux et respectueux. Armand Robin, 24 rue des Fossés Saint Jacques 5e P.S. La traduction du plus long poème "la pluie..." est malgré les apparences, entièrement littérale: résultat qui m'a coûté beaucoup de peine. Le petit poème, lui, est traduit selon une méthode qui se rapprocherait beaucoup de celle de Jean Prévost, avec peut-être une interprétation moins constructive. [je suis le dernier poète ?] |