Depuis 2001, notre comité organise des missions de cueillettes des olives en Palestine.

La campagne 2008 est terminée : lire les compte-rendus

 

Les objectifs :

Stratégiques : lutter contre la confiscation des terres palestiniennes par le gouvernement israélien, en permettant aux agriculteurs d'accéder aux terres, situées près des colonies pour y récolter leurs olives. En effet en vertu d’une loi israélienne héritée du mandat britannique, toute terre non cultivée pendant 3 ans devient propriété d’Israël, c’est pourquoi les colons, assistés par l’armée, tentent d’empêcher les agriculteurs palestiniens de travailler ces terres. Cela leur permet d'exproprier ces terres et d'y construire de nouvelles colonies (ou d'étendre celles qui existent).

Economiques : en raison des entraves à la liberté de circulation et à la liberté du travail imposées par les Israéliens après les accords d'Oslo, l’agriculture est redevenue la ressource majeure de l’économie palestinienne (70% des revenus dépendent de l'agriculture, majoritairement de la production d'huile d'olive).

Soutien moral : en créant des liens solidaires entre la population palestinienne soumise au blocus israélien et le peuple français.

 

La préparation d’une mission civile

- Nous constituons des groupes restreints (selon les nécessités l'effectif peut varier entre 8 et 15 personnes) afin de pouvoir circuler plus facilement. Il s'agit d'être suffisamment visibles par l’armée et les colons pour avoir une présence dissuasive, et non de constituer une main d'oeuvre numériquement importante - qui existe de toute manière sur place.

- La cohésion des groupes est très importante : les personnes ont appris à se connaître. Dans des situations tendues, cette cohésion est absolument indispensable : il ne doit pas y avoir de dérapages (les décisions en cas de menaces ou de provocations par l'occupant sont prise exclusivement par les référents palestiniens, et respectées sans discussion par les volontaires).

- Les groupes sont préparés à ce qu’il vont trouver sur place (conditions de vie un peu précaires, relative promiscuité sur les lieux d'hébergement, vexations, injures de la part de l'occupant, sentiment d’impuissance parfois…).

    

À quoi servent ces missions ? Changent-elles quelque chose ?

Oui les missions changent concrètement les choses pour les Palestiniens, même si rien n'est jamais définitivement acquis !.

Ainsi la première mission organisée en 2001 dans la région de Hébron par le comité rennais de l'AFPS, s’est systématiquement heurtée aux colons et aux soldats israéliens. A peine 10% des cueillettes projetées ont pu être réalisées. Après un travail régulier, année après année, en 2004, les trois quarts des oliveraies inscrites au programme de cueillettes ont pu être atteintes et au moins partiellement récoltées. La production 2005 ayant été très mauvaise, les volumes récoltés ont été relativement symboliques, mais l'accès aux oliveraies s'est fait dans des conditions satisfaisantes. C'est pourquoi, l'organisation du travail en 2006 évoluera pour tenir compte des réalités nouvelles : le Comité de Défense de la Terre a gagné plusieurs procès autorisant désormais les paysans à accéder librement à leurs terres. L'action des volontaires sera donc plus de répondre à des appels d'urgence (surtout près du mur en construction). Un programme alternatif près des populations bédouines du sud-est de Hébron occupera les plages « libres » (reconquêtes de terres, construction de murets, plantations...). En 2007, le bilan a été plus mitigé : certaines parcelles n'ont jamais pu être atteintes : celles qui sont "derrière le mur d'annexion" sont de fait, de plus en plus difficiles d'accès : l'armée ouvre quand elle veut... c'est le règne de l'arbitraire !

 

Ces exemples montre qu'il est nécessaire d’être présent dans la continuité, année après année. Pour être efficaces, il faut tisser des liens durables avec les paysans (qui n'ont pas forcément confiance dès la première expérience), faire la démonstration que ça marche !

Pour cela, ces missions sont organisées en relation avec les associations et institutions palestiniennes (Palestinian Farmers Union, UAWC, Comités de Défense de la Terre, Stop The Wall Campaign, Pengon, municipalités, organisations d'étudiants, etc), et lorsque c'est possible en coordination avec d'autres groupes solidaires (israéliens ou internationaux).

Les missions civiles n’existent que parce qu’il n’y a pas d’engagement de la communauté internationale et donc pas de force de protection. Il relève de la responsabilité des volontaires de témoigner au retour, avec l'aide de l'AFPS, auprès de la population française et auprès des élus.


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